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Énergie éolienne. L’hélice citoyenne, l’autre piste de développement
Jeudi 7 Octobre 2021

En 2014, un premier parc éolien d’un autre genre voyait le jour dans le Morbihan. On en compte aujourd’hui 15 en France, qui tous ont pour vocation la reprise en main de la production.

 

Reprendre la main sur l’éolien pour l’extirper des pales du secteur privé : c’est la démarche qu’ont entreprise, voilà vingt ans, plusieurs associations et coopératives locales. Née en 2002, l’idée était de court-circuiter les multinationales, premières à s’aligner sur ce marché naissant. « À l’époque, il était porté par des compagnies type Total » , se souvient Michel Leclercq, co-initiateur des premiers parcs citoyens en France et administrateur d’Énergie citoyenne en Pays de Vilaine (EPV). « En Allemagne ou au Danemark, des coopératives citoyennes lançaient leurs propres parcs éoliens », poursuit Michel Leclercq. La vocation était semée : douze ans plus tard, en 2014, germait Bégawatt, premier parc citoyen de France, installé à Béganne, dans le Morbihan.

Avec ses quatre éoliennes, il peut alimenter en électricité l’équivalent de 6 000 à 7 000 personnes. Le coût d’investissement – 14 millions d’euros – a été pris en charge par une coopérative de plusieurs acteurs territoriaux. La région Bretagne et quatre coopératives locales y participent. Le fonds d’investissement citoyen Énergie partagée, ainsi que 800 particuliers en sont les actionnaires majoritaires.

Depuis, 34 projets du même type ont été validés France, dont 15 sont déjà en fonctionnement (1). Toujours, le principe est le même : embarquer citoyens et collectivités locales dans la gestion de la production d’électricité éolienne, afin que son développement ne nuise pas au territoire et, mieux encore, lui profite. « Comme toute source d’énergie, l’éolienne a un impact sur son environnement », reprend Michel Leclercq. L’implantation d’engins de 150 mètres de haut, le bruit qu’ils génèrent ou la rotation des pales provoquent des nuisances pour les riverains ou la faune. « Un pilotage par les citoyens permet de mieux réfléchir aux lieux d’implantation et de réguler le fonctionnement du parc », assure l’administrateur d’EPV. « Partager les enjeux climatiques avec les riverains permet de la même manière de rendre l’éolien plus acceptable », note-t-il. La redistribution au territoire, plutôt qu’à une multinationale, des dividendes générés par la revente d’électricité finit de remporter la mise, conclut Michel Leclercq.

Les trois parcs que compte aujourd’hui EPV génèrent 800 000 euros de revenus et se sont accompagnés de la création de 17 emplois. Reste cette ombre au tableau : au vu des politiques actuelles des tarifs de rachat de l’électricité par EDF, ces opérations contribuent à creuser la dette de l’opérateur public.

(1) Source : Énergie partagée.
Tag(s) : #Ecologie
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