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Lu sur COP26. À Glasgow, des pays tentent d’organiser la fin du pétrole | L'Humanité (humanite.fr)

COP26. À Glasgow, des pays tentent d’organiser la fin du pétrole

Mardi 2 Novembre 2021

Marie-Noëlle Bertrand

Alors que l’accord de Paris ne fixe aucune limite à la production d’hydrocarbures, des coalitions de gouvernements se sont créées en amont de la 26e Conférence des parties sur le climat pour traiter de la question. Avec des approches très variables.

C’est une stratégie, à tout le moins une tradition : à chaque COP se forment des coalitions de pays autour d’objectifs à défendre. Celles qui se sont constituées en amont de la COP26 affichent, pour l’essentiel, une même ambition : la sortie des énergies fossiles, responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales.

Retrouvez ici tous nos articles sur la COP26

C’est une bonne nouvelle, et surtout un impératif pour atteindre la neutralité carbone à la moitié du siècle. L’alpha et l’oméga de l’accord de Paris, cette échéance est elle-même un passage indispensable pour réussir à limiter le réchauffement à un maximum de + 1,5 °C. Mais, paradoxalement, ce même accord de Paris n’impose aucune limite en termes de baisse de la production de charbon, de gaz ou de pétrole.

Une question laissée sous le tapis

« Dans les faits, il ne parle pas de transition énergétique », explique Maxime Combes, économiste et spécialiste des négociations climat. « Alors que les données scientifiques indiquent qu’il faut renoncer à exploiter 80 % des réserves d’hydrocarbures connues, il laisse cette question sous le tapis. » De la même façon que les pays sont maintenus libres de décider de leurs ambitions en termes de réduction de GES, l’accord de Paris les laisse libres de choisir leur niveau de production et/ou de consommation de fossiles.

Ces coalitions résonnent donc comme un signe de bonne volonté de la part des États. Avec, toutefois, quelques modulations de fréquence. Deux coalitions de pays producteurs se font singulièrement remarquer, souligne Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales . « Elles manifestent toutefois deux approches très différentes. »

Le Canada, la Norvège, le Qatar, l’Arabie saoudite et les États-Unis représentent 40 % de la production mondiale de pétrole et de gaz.

Le Net-Zero Producers Forum, ou forum des producteurs à consommation énergétique nette zéro, a ainsi rassemblé le Canada, la Norvège, le Qatar, l’Arabie saoudite et les États-Unis. Pas des poids légers : à eux tous, ils représentent 40 % de la production mondiale de pétrole et de gaz. Tous promettent de coopérer afin de travailler à une trajectoire d’émissions neutres, incluant celles de méthane.

Ils définissent toutefois leur stratégie nette-zéro de « pragmatique ». Plus que sur une baisse de la production de pétrole ou de gaz, celle-ci sera basée sur « la promotion d’une approche circulaire de l’économie du carbone », indiquent-ils. En d’autres termes , « le développement et le déploiement de technologies de captage et de stockage du carbone, la diversification de la dépendance aux revenus des hydrocarbures et d’autres mesures conformes à la situation nationale de chaque pays » constitueront l’essentiel de leurs politiques.

L’alliance entre le Danemark et le Costa-Rica vise à l’élimination de la production pétrolière et gazière.

Le ton est différent et bien plus encourageant du côté de l’alliance, constituée en septembre, entre le Danemark et le Costa Rica. Baptisée Boga, pour Beyond Oil and Gas Alliance – au-delà du pétrole et du gaz – celle-ci vise des objectifs plus concrets en termes de baisse de production d’hydrocarbures, jusqu’à l’élimination progressive de la production pétrolière et gazière.

La Boga plaide pour ne plus délivrer de nouveaux permis d’exploration et d’exploitation. Rien d’impossible, insistent les deux pays. « Il y a près de vingt ans, le Costa Rica a pris la décision courageuse d’interdire l’exploration et l’exploitation pétrolières et gazières », rappelait, devant les Nations unies, Andrea Meza Murillo, ministre de l’Environnement et de l’Énergie du Costa Rica au moment de présenter l’alliance. « Aujourd’hui, avec le Danemark, nous appelons d’autres gouvernements à (nous) rejoindre. »

 

Tag(s) : #Ecologie, #Economie
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