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Convergence Alternative

Les courants et organisations suivantes, membres du Front de Gauche, Convergences et Alternative, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique incluant l’Association des Communistes Unitaires, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, ont engagé un processus de discussion et de vérification d’un possible rapprochement politique.

Ce texte, résultat d’un premier travail collectif entre nos groupes d’animation, est versé au débat.

Le 17 octobre 2012

Rassembler pour une alternative à gauche

(.../...)

 

Voir http://malakoffantilberalunitaire.over-blog.org/article-front-de-gauche-une-contribution-pour-avancer-1-111709444.html

 

Approfondir la stratégie du Front de Gauche

Les fondements politiques du Front de Gauche ont été définis, à la veille des élections, autour de deux documents : « l'Humain d'abord » et un texte « stratégique » qui envisageait les buts qu'il s'assignait pour 2012.

Un nouveau texte doit être mis en discussion, pour permettre de synthétiser les acquis de l'expérience politique commune de ces deux dernières années, et redéfinir les perspectives dans la nouvelle situation.

« L'Humain d'abord » est une base essentielle qui permet de donner une perspective d'ensemble au changement politique qu'envisage le Front de Gauche, et qui fournit les soubassements à une politique alternative à celle suivie par le Parti Socialiste. De nouvelles questions demandent à être intégrées dans le programme du Front (par exemple, les questions de l'appropriation sociale, les nouveaux droits pour les salariés à la reprise de leurs entreprises, ou encore l'approfondissement du débat sur la transition écologique), mais aussi les élaborations des différents « Fronts thématiques » qui ont apporté leur pierre. Tout en conservant la démarche du consensus, laissant en débat ce qui n'est pas encore collectif, il est nécessaire d’engager dans tous les lieux militants du Front de Gauche une démarche d'enrichissement de son programme pour une alternative de gouvernement à gauche.

Pour avancer, l’essentiel est de reconnaître que nous cherchons pour le Front à élaborer un programme basé sur une perspective d’action et de transformation, et non sur des a priori idéologiques, la diversité des cultures politiques servant la dynamique de l’ensemble.

Ce nouveau texte stratégique permettra d'avancer collectivement sur une redéfinition, dans cette nouvelle situation, de nos propositions, de l’issue politique gouvernementale pour sortir de la crise, de nos rapports aux autres forces de la gauche. La perspective doit être celle de la construction d’un véritable Front politique, social et populaire, qui s’appuie sur la mobilisation sociale, seule à même d’assumer la confrontation nécessaire avec les classes dominantes et qui rassemble autour d’un programme de rupture avec l’ordre établi.

Le Front de Gauche, un rassemblement durable, ouvert, et s'élargissant en permanence

Quelles que soient les limites de sa construction initiale et actuelle, le Front de Gauche est aujourd’hui un cadre politique incontournable pour la construction d’une gauche d’alternative rassemblée.

Il s’agit désormais de faire force politique ensemble pour gagner la majorité à gauche, pour cela, l’élargissement du Front doit être recherché en permanence, il est indissociable de l’objectif visant à rendre dominantes dans la société les idées d’une transformation sociale et écologique.

Le processus de rassemblement lui-même ne doit jamais être figé : toutes les forces d'une gauche de transformation ne se trouvent pas encore dans le Front de Gauche, elles existent, ou existeront, au sein d’EELV et du PS, mais aussi parmi de nombreux militants de ces partis, dans les associations, les syndicats, les mouvements des quartiers populaires. Dès aujourd’hui, les courants et organisations qui s’inscrivent dans la gauche de transformation, sans être encore membres du Front de Gauche, doivent pouvoir y prendre place s’ils le souhaitent.

Mais le Front de Gauche doit aller au-delà du rassemblement des seuls militants des partis politiques, et permettre aux nombreux acteurs engagés dans les mouvements sociaux de trouver une place pour traduire leurs combats quotidiens sur le terrain politique. Il doit être aussi un lieu de rassemblement populaire, pour combattre la résignation et le repli sur soi, pour réduire la coupure entre les milieux populaires et les formes actuelles d’action politique. Un de ses objectifs doit être de devenir un lieu de solidarité permettant aux jeunes et aux salariés de s’organiser pour défendre leurs aspirations et reconstituer une conscience et une culture politique.

Gauche anticapitaliste

Le Front de Gauche, rassemblant des partis et organisations, et permettant l’engagement individuel, pour créer une dynamique citoyenne.

Le Front de Gauche doit franchir une nouvelle étape dans sa construction, en partant de deux constats :

- La volonté de certains partis qui en sont membres de se maintenir comme organisations spécifiques, avec la souveraineté sur leurs décisions ;

- Le constat que beaucoup de citoyen-ne-s engagé-e-s avec le Front de Gauche ne souhaitent pas adhérer à une organisation politique tout en voulant être pleinement acteur/trice de la vie du rassemblement politique en cours.

Il faut maintenant engager et expérimenter des formes de participation citoyenne collectives. Déjà, sous des dénominations diverses, des « assemblées citoyennes » se pérennisent, des « collectifs citoyens » se construisent, des « comités populaires » se développent. Parfois ils se créent en association locale du Front de Gauche, à laquelle on peut adhérer et être partie prenante des discussions et décisions d’action.

C’est la condition essentielle pour que le Front de Gauche se maintienne et se transforme, pour qu’il soit à la hauteur de ses responsabilités. Cela ne signifie ni la dislocation des composantes dans un Front qui serait transformé en nouveau « parti », ni qu’il faille être d’accord sur tout, ni que des initiatives propres à telle ou telle organisation soient impossibles. En sens inverse, aucun des individus ne se reconnaissant dans une organisation particulière ne doit avoir le sentiment qu’il est le jouet de structures par ailleurs bien rodées.

Dès lors, il peut être composé, à égalité de dignité, d’organisations constituées (partis et mouvements) et de structures localisées (assemblées citoyennes ou autres) où des individus ont la possibilité d’adhérer directement. Et c’est en avançant dans ce sens, recherchant au maximum le consensus et non la concurrence, que nous pourrons dépasser positivement, vers plus de démocratie et de transparence, le fonctionnement forcément hybride de cette nouvelle expérience engagée sous la forme d’un Front.

Dès maintenant, les autres lieux collectifs créés lors des campagnes de 2012 doivent être pérennisés et élargis. Le Conseil National et la coordination hebdomadaire doivent être élargis à de nouvelles personnalités issues du mouvement social et non membres de partis, et devenir plus régulièrement des lieux d’échanges et de décisions collectives sur tout ce qui est mis en commun.

Les « Fronts thématiques », qui se sont développés sur différents thèmes de réflexion pour l’action, ont un rôle important à jouer dans cet élargissement. Ils permettent d’intégrer les réflexions et actions des différents secteurs du mouvement social, de développer la mise en commun, et de donner au Front de Gauche les moyens d’intervenir dans tous secteurs de la vie politique et sociale.

En même temps, le Front de Gauche devra développer des moyens de communication collectifs (site internet géré collectivement, publication régulière) en appui aux collectifs locaux.

Pour que les discussions puissent avoir lieu largement, dans les organisations comme dans les espaces militants communs, un processus de réunions nationales régulières, sous la forme de « convention » ou d'«assises » rassemblant des représentants des divers espaces du Front de Gauche (Assemblées Citoyennes, Fronts Thématiques, Conseil et Coordination Nationale...) est nécessaire pour permettre son développement, les échanges entre les militants et les différentes composantes. Un processus d’allers-retours participatifs devrait être enclenché dès maintenant sur un texte de définition d’un projet politique commun et sur des modalités de fonctionnement, en vue d’une nouvelle architecture associant organisations et collectifs d’adhérent-e-s direct-es du Front de Gauche.

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Construire une convergence

Des convergences ...

La réflexion ici poursuivie est menée en commun, à ce stade, par plusieurs organisations engagées dans le Front de Gauche : Convergences et Alternative, la Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique (incluant l'Association des Communistes Unitaires), la Gauche Anticapitaliste, la Gauche Unitaire.

Nous partageons l'idée d'une nécessaire refondation et rénovation de la gauche de transformation sociale, et la conviction qu’aujourd’hui ce travail ne trouvera son sens et des possibilités de mises en pratiques que dans le Front de Gauche, qu'il doit y être poursuivi et approfondi.

Nous voulons, avec ce texte, actualiser nos réflexions et nos convictions, vérifier la possibilité d’un rapprochement. Notre objectif n’est pas de nous inscrire dans une logique de concurrence entre composantes du Front de Gauche, mais au contraire de favoriser le développement et l’élargissement du Front lui-même, sa dynamique politique et citoyenne, l’adhésion du plus grand nombre... C’est le Front de Gauche qui doit être la force politique, dans sa diversité, en mesure d’organiser, de faire agir ensemble, tous ceux et celles qui veulent faire avancer, à gauche et dans la société, la perspective d’une transformation sociale de la société.

La convergence, au sein du Front de Gauche, d'histoires et de cultures politiques différentes est ce qui lui permet d'exister, la garantie de sa vitalité. Si, pour ce qui nous concerne, nous pensons que la perspective doit être l'affirmation progressive dans et par le Front de Gauche d'une force politique nouvelle, apte à relever les défis du temps, nous sommes également convaincus que ce mouvement ne signifie pas gommer l'existence des courants et partis le composant, qui ont toute légitimité à défendre les acquis de leur histoire et leurs propres cheminements politiques. Il est même de leur devoir d'assurer la transmission, la formation, l'élaboration à partir de leurs propres références et cultures politiques. La possibilité de le faire dans un cadre commun, pluraliste, ne pouvant représenter qu'un enrichissement de ce travail.

Des convictions ...

Nous nous référons à divers documents produits d’expériences politiques différentes auxquels nous avons participé les uns et les autres, que nous versons comme contributions au débat partagé avec toutes les forces du Front de Gauche. Nous voulons également travailler à partir des contributions issues du mouvement social, syndical, altermondialiste, afin d’ élaborer un projet d’émancipation sociale adapté aux coordonnées de la période.

De ces documents, nous tirons les principes politiques suivants au regard de ce que doit être la politique et les perspectives d'une gauche de transformation sociale et écologique.

° Pour la lutte de classe, l’égalité et la solidarité !

- L’indépendance par rapport à la bourgeoisie, le refus d’alliances avec les droites et les forces conservatrices, une inscription permanente dans la lutte des classes sous toutes ses formes.

- L’exigence de reconstruction d’une perspective émancipatrice contre toutes les oppressions, l’ancrage dans tous les mouvements pour l’égalité, contre toutes les formes de racisme, de xénophobie, de discrimination sur la base des origines, du genre, de l’orientation sexuelle, des croyances, et le respect des libertés individuelles et de la laïcité.

- Une dimension internationaliste permanente ; ici même, dans la solidarité avec les immigrés, dans l’extension des droits civiques sur la base d’une citoyenneté de résidence. Dans l'Union européenne, pour une Europe sociale et démocratique, une alternative de gauche assumant une rupture avec la construction libérale de l’Union européenne sans accepter les replis nationalistes. A l’échelle du monde, pour une politique solidaire sans frontières, sans céder aux « raisons d'États » et aux politiques de grande puissance, y compris celles de l'État français. Une politique solidaire basée sur le droit à l’autodétermination des peuples victimes d’oppressions néo coloniales, d’exploitation impérialiste, de destruction de l’environnement par le pillage des ressources naturelles. Une politique de paix et de désarmement, notamment le désarmement nucléaire, contre les guerres.

- Une lutte antifasciste intransigeante, qui doit être menée dans l’unité du mouvement ouvrier et démocratique, et s’exprimer sur le plan idéologique contre toute banalisation du FN et de l’extrême-droite

- L’exigence féministe, la lutte contre la domination masculine et le patriarcat, partie prenante de tout projet progressiste et de l’exigence démocratique d’égalité en droits entre homme et femme, et ses implications dans la remise en cause du capitalisme de par la place qu’il réserve aux femmes au travail et dans la société.

° L’impératif de la démocratie

Il impose la défense de toutes les libertés démocratiques, il suppose une pratique respectueuse des formes d’organisation que se donne le mouvement populaire, il est au coeur de notre projet, qui promeut la défense et l’extension du suffrage universel, la démocratie la plus large possible, les pratiques d’autoorganisation et d’autogestion. Un impératif qui impose de dépasser la césure entre mouvement social et politique institutionnelle, qui se prépare dans une pratique de nos élus en lien avec les mouvements sociaux et le développement de toutes les formes possibles de démocratie participative et de contrôle, pour contrecarrer les logiques d’intégration et d’institutionnalisation du système. Une démocratie qui suppose une refonte de tout le système médiatique et développe l’esprit critique des citoyens.

Un impératif qui pousse à une vigilance antibureaucratique dans le fonctionnement des partis et des forces politiques, dans les garanties données au pluralisme des débats et au rejet des pratiques autoritaires et manipulatrices, dans le refus d’établir des rapports de subordination vis-à-vis du mouvement syndical et social.

Une démocratie autogestionnaire, dans et hors des entreprises, qui, à partir du combat pour l’extension des droits des salariés, pose la question de la propriété, de l’appropriation sociale des principaux secteurs économiques et non d’un « étatisme dirigiste », d’un contrôle collectif sur ce qui se produit et comment, de la possibilité d’autogestion des salariés dans de nombreux secteurs.

° Assumer la perspective de la rupture.

Le processus d’une transformation de la société ne peut se limiter à un changement de majorité parlementaire, mais nécessite la mise en mouvement d’un puissant mouvement social contre les puissances dominantes du système capitaliste. Il doit articuler mobilisations et élections, dynamiques populaires et victoires électorales, rapports de force conquis par les luttes, les grèves, l’auto-organisation, et le contrôle démocratique via le suffrage universel, permettant l’avènement de gouvernements rompant avec la logique capitaliste et engageant une transformation profonde des rapports sociaux. Une rupture avec les logiques productivistes qui ont abouti à la crise de l’écosystème humain et risquent d’entraîner une régression majeure pour l’humanité. Une révolution citoyenne, sociale et démocratique, qui passe par l’instauration de nouvelles institutions par le biais d’une Assemblée Constituante et de la fondation d’une VIème République démocratique et sociale. Socialiser les grands moyens de production et d’échange, décider quoi et comment produire, défendre les biens publics et engager une transition écologique, cela ne peut se faire sans une rupture avec les institutions et les logiques marchandes, par une extension maximale d’une démocratie à tous les niveaux refondant un nouveau mode de gestion de la société et de pouvoir.

Fase 2011

° Fixer un cap vers une société alternative au système capitaliste et au productivisme.

Malgré les blessures que portent les mots hérités du passé, nous avons besoin de refonder un nouveau projet émancipateur, pour une société démocratique, socialiste, communiste, écologiste.

Ce projet assumera les défis écologiques, développera une conscience éco-socialiste pour la réorganisation de la société à des fins de productions socialement utiles et écologiquement responsables, planifiera la sortie du nucléaire et des énergies carbonées.

Il devra revenir sur le bilan et les échecs des expériences passées, tant du stalinisme que de la socialdémocratie, et des dégâts qu’ils ont provoqués.

À partir des résistances contre l’exploitation et l’oppression, jusqu’à la lutte pour des gouvernements de rupture engageant la transformation sociale et écologique, est posée la nécessité de penser en positif un projet de société alternatif au capitalisme. Un projet pour libérer toutes les potentialités de l’auto-émancipation et des aspirations à l’égalité, pour engager une appropriation sociale des moyens de production et d’échange, pour une autogestion la plus étendue et un contrôle sur l’outil de travail et sur le travail lui-même.

Nous considérons, ensemble, qu’il y a urgence à refonder un tel projet. Cette élaboration stratégique devra être le fait d’un travail mené avec d’autres courants que les nôtres et qui sont engagés, avec nous, dans la construction d’une alternative à gauche. Commençons sans attendre, cela fait partie de la reconstitution d’une culture politique d’émancipation indispensable à la vie d’un mouvement politique qui, pour donner confiance dans son projet politique immédiat, a besoin d’éclairer l’espoir qu’ « un autre monde est possible ».

Un rapprochement ...

Notre préoccupation est de travailler à surmonter la dispersion de nos forces, et contribuer ainsi à renforcer la dynamique de l’ensemble du Front de Gauche. Cela nous paraît possible en fonction des convergences existantes et des convictions qui nous sont communes, dans la mesure où nous sommes les uns et les autres issus d'expériences à la fois différentes et proches. Notre proximité sur les quelques « fondamentaux» résumés dans ce texte a contribué au dépassement de désaccords politiques secondaires.

Les propositions faites ici sont l’expression de trois éléments inséparables : - la convergence de nos options politiques - une conscience partagée des enjeux de la situation politique - notre appréciation du Front de Gauche. Sur cette base, constatant un accord politique important entre nos formations, nous engageons un processus de rapprochement permettant de faire vivre, au sein du Front de Gauche, un courant d’idées en commun. Un courant qui sera animé d’une conviction forte : l’objectif est, plus que jamais, de favoriser le développement, l’élargissement et la transformation du Front de Gauche en une force pluraliste enracinée dans le mouvement populaire, à même de changer les rapports de forces à gauche en faveur d’une politique de transformation sociale.

FTgauche

Convergences et Alternative, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique incluant l’Association des Communistes Unitaires, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire

Le 17 octobre 2012

Tag(s) : #Débats
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