Lu sur Course à l'armement : Les États-Unis ont déployé des armes en orbite - L'Humanité
Le secrétaire à l’armée de l’air a levé un tabou. Les États-Unis ont déployé des armes en orbite. Cette course à l’armement serait justifiée par les menaces russes et chinoises. Pékin dénonce une telle escalade.
le 15 septembre 2026
L’espace est un terrain militaire comme un autre pour Washington. Le secrétaire à l’armée de l’air, Troy E. Meink, a reconnu, lundi, que les États-Unis ont déployé des armes en orbite terrestre. « Nous renforçons notre état de préparation face aux menaces existantes, et les États-Unis disposent d’armes de contrôle spatial en orbite, capables de défendre les forces interarmées contre les actions hostiles d’adversaires », a-t-il avoué lors d’un congrès dans le Maryland portant sur la sécurité aérienne, spatiale et cyber, actant une première reconnaissance publique.
La branche spatiale de l’armée états-unienne, l’US Space Force, a justifié lundi 14 septembre ce déploiement par la présence de ses deux principales rivales géopolitiques. Depuis plusieurs années, le Pentagone se prépare à un éventuel conflit spatial avec la Russie ou la Chine.
Moins d’un après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a signé, en décembre 2025, un décret intitulé « Ensuring American space superiority » (assurer la supériorité spatiale américaine). Les objectifs sont variés : retour sur la Lune en 2028, une base permanente en 2030 et le renforcement des défenses aériennes par le développement et le déploiement d’« intercepteurs spatiaux ».
Une condamnation de Pékin
Ce décret intégrait le système de défense antimissile Dôme d’or (Golden Dome), annoncé dans le bureau Ovale en mai 2025, qui dispose d’une composante spatiale avec une architecture satellitaire.
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En août 2025, Stéphane Delory maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique, expliquait que le « Golden Dome devrait donc favoriser le développement des systèmes non cinétiques, dont l’utilité dépasse évidemment la simple interception et s’applique à la destruction d’autres engins spatiaux. Il devrait permettre aux États-Unis d’accélérer rapidement le développement de moyens de restaurer une certaine domination stratégique ».
Lors d’un point presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a réagi, mardi, en déclarant que Pékin s’opposait à une « course aux armements dans l’espace », avant d’exhorter « la partie américaine à cesser de renforcer ses capacités militaires et de se préparer à la guerre dans l’espace ». En 1967, les principales puissances avaient signé un traité sous l’égide de l’ONU sur l’espace extra-atmosphérique, qui interdit le déploiement d’armes de destruction massive en orbite.
L’accélération de la course à l’armement spatial
Ces dernières décennies, la course à l’armement spatial s’est accélérée entre les États-Unis, la Russie et la Chine, avec des satellites capables désormais de percuter un satellite ennemi, de le saisir ou de le détruire. Washington travaille surtout sur des armes capables de les abattre, sans laisser de champs de débris destructeurs en orbite.
« L’armée de l’air a commencé à développer des « armes générant peu de débris », capables de perturber ou de neutraliser les satellites ennemis », avait confirmé Frank Kendall, qui a occupé le poste de secrétaire de l’armée à l’air sous la présidence de Joe Biden, au New York Times en 2024. Certains évoquent des lasers ou des systèmes à micro-ondes de forte puissance.
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