À moins de huit mois de la présidentielle, l’Union sociale pour l’habitat veut replacer la question de l’habitat au cœur du débat. Ce lundi 14 septembre, sa présidente, Emmanuelle Cosse, a vivement critiqué les propositions de Marine Le Pen, jugées « à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels ».
le 14 septembre 2026
Plus de 2,9 millions de ménages sont toujours en attente d’un logement social, maintenant ainsi la demande à un niveau record, selon les chiffres présentés lundi 14 septembre par l’Union sociale pour l’habitat (USH), à une semaine de son 86e congrès, organisé du 22 au 24 septembre à Bordeaux. En cause ? Les difficultés d’accès au parc privé, qui poussent toujours davantage de ménages vers le logement social, selon l’organisation.
À huit mois de l’élection présidentielle, l’USH entend donc profiter de son congrès pour imposer le logement dans la campagne. Intitulé « Habiter 2032. Pour un quinquennat utile », celui-ci doit permettre de mettre en débat les transformations à engager au cours des cinq prochaines années pour répondre à la crise.
« Les étrangers ne sont pas favorisés »
Une ambition qui suppose, pour l’USH, de ne pas réduire la crise du logement à la désignation de boucs émissaires. Au lendemain du discours de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Emmanuelle Cosse, présidente de l’USH, déplore un programme qui, sous couvert de répondre aux difficultés d’accès au logement, désigne avant tout les étrangers comme responsables de la pénurie. « Marine Le Pen a annoncé vouloir parler du logement, mais elle a surtout présenté un programme qui fait des étrangers les boucs émissaires des difficultés d’accès au logement », tranche-t-elle.
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La présidente de l’USH récuse d’abord le vocabulaire employé par la candidate du Rassemblement national (RN). La « priorité nationale » revendiquée pour l’attribution des HLM est, selon elle, une « préférence nationale, tout simplement », qui « nourrit une lubie xénophobe ». « Les étrangers ne sont pas favorisés dans l’entrée dans le logement social, il n’y a aucun favoritisme. Leur accès est même inférieur par rapport aux ménages français », assure-t-elle.
Autre contradiction pointée par Emmanuelle Cosse : Marine Le Pen promet de réserver davantage de logements sociaux aux Français tout en souhaitant supprimer la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), qui impose à certaines communes une part minimale de logements sociaux. Un programme « à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels », juge la présidente de l’USH. Pour Emmanuelle Cosse, le RN utilise ainsi la crise pour désigner « un bouc émissaire, les immigrés ».
Adapter les HLM au changement climatique
À cette lecture de la crise, l’USH oppose des réponses directement liées aux conditions de logement. Outre la construction et la rénovation du parc social, l’organisation met cette année sur la table un nouveau chantier : son adaptation aux fortes chaleurs. Les canicules successives ont notamment révélé que des logements, y compris récents, pouvaient devenir difficilement habitables en été.
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L’USH propose donc de généraliser progressivement l’installation de volets et de brasseurs d’air, capables selon elle de réduire d’au moins 5 °C la température ressentie, en commençant par les territoires les plus exposés. Coût estimé : 2,5 milliards d’euros pour ces zones prioritaires et 8,6 milliards pour équiper l’ensemble du parc social.
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