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Lu sur Guerre en Ukraine : « Une phase extrêmement dangereuse » - La chronique de Francis Wurtz - 12 septembre 2026 | L'Humanité : lire, agir

Guerre en Ukraine : « Une phase extrêmement dangereuse »

 le 12 septembre 2026

Après plus de quatre années terriblement meurtrières, la sinistre « opération militaire spéciale » lancée par Vladimir Poutine et les répliques de l’Ukraine avec l’aide de ses alliés occidentaux sont en train d’être prises dans un nouvel engrenage : victimes civiles de plus en plus nombreuses ; utilisation de part et d’autre d’armes de plus en plus sophistiquées et destructrices ; frappes ukrainiennes en profondeur sur les raffineries et les grands sites logistiques russes ; blocage de fait par la Russie des ports ukrainiens de la mer Noire, paralysant les exportations – notamment de céréales – stratégiques pour l’économie ukrainienne ; lourdes menaces de Volodymyr Zelensky contre l’aviation civile dans le ciel russe « infesté de drones » (ukrainiens) et où « les jours sûrs sont révolus » ; frappe russe sans précédent sur le siège des services de sécurité ukrainiens dans le centre de Kiev…

« C’est une phase extrêmement dangereuse », soulignait récemment l’ancien ambassadeur de France à Moscou et fin connaisseur de la Russie Jean de Gliniasty, en évoquant « une escalade un peu sauvage » 1.

Comment expliquer cette inquiétante montée aux extrêmes qui, sans initiative de tiers, ne peut que s’autoalimenter ? Chacun des deux belligérants, faute d’entrevoir une issue militaire victorieuse à la mesure des incommensurables sacrifices consentis par ses soldats et son peuple, ne peut concevoir d’accepter le statu quo. Jusqu’où peut conduire cette fuite en avant ? Nul ne le sait, mais désormais tout paraît possible. Y compris ce qu’aucun des protagonistes ni aucun de leurs soutiens respectifs ne souhaite « a priori ».

Rompre au plus vite cet engrenage fatal

Une seule conclusion responsable s’impose : rompre au plus vite cet engrenage fatal en tentant l’impossible pour créer les conditions de l’ouverture de négociations ! L’initiative, à l’évidence, ne viendra ni du pays agressé ni de l’État agresseur, chacun y mettant des conditions inacceptables par l’autre. Washington a pris une initiative qu’en l’état actuel on ne peut dédaigner par avance. Qu’attendent, pour leur part, les dirigeants européens pour tenter de faire taire les armes : par exemple, en sondant des pays clés comme la Chine, l’Inde, le Brésil, voire la Turquie, qui, à la fois, n’ont aucun intérêt à un prolongement de cette guerre et ont un ascendant sérieux sur le pouvoir russe ?

Certes, il ne faut pas leur demander de cautionner une capitulation de la Russie devant l’Occident ! En revanche, il pourrait s’agir d’entamer un dialogue exploratoire avec chacun des deux belligérants afin d’essayer de leur faire accepter le constat qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit : un grand pas serait déjà franchi ! Ce ne serait pas encore la paix véritable, qui suppose le retour au droit international et la construction d’une nouvelle architecture de sécurité pour l’Europe, mutuellement acceptable. Mais ce ne serait déjà plus la guerre !

 

À noter avec intérêt, à cet égard : trois anciens diplomates – français, allemand et britannique – ont pris l’initiative, cet été, à Vienne, d’entamer une discussion informelle avec d’anciens responsables russes afin d’évaluer les possibles en matière d’éventuelles négociations, à l’avenir2. Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

 

Francis Wurtz
  1. La Marseillaise (17 août 2026) ↩︎
  2. Il s’agit du Français Pierre Vimont, ancien secrétaire général du « quai d’Orsay » européen ; de l’Allemand Markus Ederer, ancien ambassadeur de l’UE à Moscou et du Britannique Timothy Barrow, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Russie (information rapportée par Bloomberg). ↩︎
Tag(s) : #Paix progrès
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