La chroniqueuse de France Inter prend la défense, contre les salariés du service public, du directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles, qui arrive sur la station le dimanche matin.
le 9 septembre 2026
Sophia Aram est comme ces dentistes malaisants : même si son billet de la matinale de France Inter commence par « on se détend, ça va bien se passer », l’auditeur sait d’emblée que ça va faire mal. Mardi 8 septembre, tout en faisant mine de calmer le jeu, la chroniqueuse a mis un coup de roulette en traître aux salariés de Radio France, inquiets de l’arrivée à l’antenne du directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, Charles Sapin.
Le même qui se bat pour qu’on n’accole plus « extrême droite » au Rassemblement national, qui s’aligne sur l’OAS pour évoquer les « événements d’Algérie » et qui, dans sa nécrologie de Jean-Marie Le Pen pour le Figaro, s’étonnait qu’il ait été « perçu comme raciste, xénophobe ou antisémite par ses détracteurs », balance le syndicat CGT de la radio de service public dans un communiqué.
La chroniqueuse veut relativiser
En voilà, une opinion « un peu différente » de celle des salariés de la Maison ronde, dont les syndicats ont déposé un préavis de grève les 13 et 14 septembre. Sophia Aram relativise, estimant que, sur cette chaîne « inclusive », un journaliste d’extrême droite « peut discuter à la machine à café avec Salomé Sacqué ou Paloma Moritz du média d’extrême gauche Blast », voyant là un « équilibre des opinions ». « L’objectivité, c’est cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler », ironisait Jean-Luc Godard pour mieux invalider le concept.
Car est-ce vraiment rendre service au public de se faire porte-voix de ceux qui déversent déjà à grands seaux leurs immondices dans le privé ? La réponse est dans la question, mais la direction de Radio France fait toujours la sourde oreille.
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