Sur les plages privées et dans les boîtes de nuit de la côte méditerranéenne, le testing de SOS Racisme révèle des discriminations en série
Refus d’entrée, application de tarifs différents ou propos stigmatisants… SOS Racisme dévoile une enquête menée dans les plages privées et les établissements de nuit sur la côte méditerranéenne. Pour les établissements de nuit, près d’un testing probant sur trois révèle une discrimination. L’association a décidé de porter plainte.
le 28 juillet 2026
Les préjugés racistes ont la vie dure, comme le montrent, une fois encore, les résultats d’une vaste opération de testing consacrée aux discriminations raciales dans l’accès aux loisirs, réalisée par SOS Racisme. L’enquête rendue publique par l’association antiraciste ce 28 juillet, menée à Montpellier, Palavas-les-Flots, La Grande-Motte, Marseille, Aix-en-Provence, Nice et Antibes, met en évidence la persistance de pratiques discriminatoires.
Pour les plages privées, plus d’un testing probant sur six révèle une discrimination. « Sur une plage de La Grande-Motte, les groupes perçus comme noir et blanc ont pu obtenir des transats situés au premier rang, tandis que le groupe perçu comme arabe s’est vu refuser cet emplacement et proposer des transats au troisième rang », relate l’association.
Dans un club similaire à Antibes, les groupes perçus comme noir et arabe ont été refusés, tandis que le groupe perçu comme blanc a été accepté. SOS Racisme précise toutefois que les comportements discriminatoires « ne sont pas nécessairement systématiques », notamment sur les plages privées de Nice et d’Antibes où l’accueil des groupes n’a pas été le même d’un jour à l’autre.
Des comportements discriminatoires minimisés par la police
Dans ce même périmètre d’étude, l’association a également testé certains établissements de nuit. L’un d’eux, situé à Montpellier, a joué la carte du « complet » pour refuser un groupe perçu comme noir, alors qu’un groupe perçu comme arabe ou blanc avait été accepté quelques minutes plus tard.
Dans le cadre des poursuites judiciaires entamées à la suite de cet événement, SOS Racisme rapporte que l’enregistrement audio, réalisé lors du dépôt de plainte, dévoile « une minimisation des faits rapportés, l’affirmation selon laquelle ceux-ci ne seraient pas racistes (…) ainsi que des soupirs, des réactions ironiques et une attitude générale inadaptée ». Cet élément de l’enquête pointe directement la responsabilité des institutions dans l’impunité des comportements racistes, via des actes de découragements lors des dépôts de plainte.
« Pas de bagarre ce soir »
À Nice, un groupe perçu comme noir s’est vu annoncer un tarif de 200 euros pour rentrer dans une boîte de nuit, tandis que le groupe perçu comme blanc s’est vu proposer une entrée à 15 euros, incluant une consommation. L’enquête révèle également que dans un autre établissement de la ville, le groupe perçu comme arabe a été accueilli par la remarque suivante : « Pas de bagarre ce soir. » L’association précise que ce fait n’a pas été comptabilisé parmi les discriminations, mais qu’il « témoigne néanmoins d’un accueil différencié manifestement fondé sur des préjugés racistes ».
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