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Lu sur Procès du génocide des Yézidis : Sabri Essid condamné par défaut à la réclusion à perpétuité - L'Humanité

Procès du génocide des Yézidis : Sabri Essid condamné par défaut à la réclusion à perpétuité

Au cinquième et dernier jour du procès du djihadiste français Sabri Essid, l’accusé, jugé par défaut, a été reconnu coupable de tous les crimes qui lui étaient reprochés. Première décision de justice à condamner de tels faits, cette décision marque un tournant dans la reconnaissance du génocide des Yézidis.

le 20 mars 2026

Victor Demare


En préambule de ses réquisitions, Sophie Havard, l’avocate générale, avait averti la cour : « Vous avez été confrontés à un nouveau crime sanglant, le premier génocide du XXIᵉ siècle. Si ce procès est celui d’un homme, c’est aussi un procès qui s’inscrit dans l’histoire. »

En début d’après-midi, la cour d’assises de Paris a rendu son jugement en déclarant le djihadiste toulousain Sabri Essid coupable de génocide, crimes contre l’humanité et complicité de ces crimes. Condamné in absentia à la réclusion à perpétuité, il fait toujours l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Un mouvement international de reconnaissance

Premier procès d’un ressortissant français pour génocide, ce verdict constitue la première reconnaissance par une juridiction française du génocide perpétré par l’État islamique contre la communauté yézidie.

Outre la mise en lumière d’une face cachée des atrocités commises par Daech, cette décision inédite intègre la France à un mouvement plus large. Si la Cour pénale internationale n’a jamais été saisie de ces faits, faute de ratification du statut de Rome par la Syrie et l’Irak, plusieurs juridictions nationales avaient déjà ouvert la voie : l’Allemagne, la Suède, le Kosovo et la Belgique ont chacune condamné d’anciens membres de Daech, hommes ou femmes, pour crimes contre l’humanité ou génocide à l’encontre des Yézidis.

Un plan concerté de destruction des Yézidis

Comme l’a rappelé le président de la cour en exposant les motivations de son jugement, un des objectifs du procès était d’établir « la preuve du plan concerté de l’État islamique pour détruire en totalité ou en partie la communauté yézidie », un élément central de la définition du crime de génocide.

 

Le proto-État qu’était Daesh a en effet organisé l’éradication des Yézidis à tous les niveaux : réduction en esclavage, destruction de leur religion et contrôle administratif. Son département de la justice fournissait des certificats de mariage ou d’émancipation aux esclaves, tandis que son département des « butins de guerre » répartissait les captives entre les combattants. L’extermination des Yézidis faisait partie intégrante du projet idéologique de Daech, connu de tous.

« Un traumatisme pour la conscience collective de l’humanité »

Le président de la cour a également souligné que sa décision tenait compte « du traumatisme durable pour les victimes ainsi que pour la conscience collective de l’humanité ». Il a rappelé « les incommensurables préjudices physiques et psychiques des victimes », ainsi que « la souffrance de la communauté yézidie dans son ensemble ».

Aujourd’hui, près de 2 500 Yézidis restent portés disparus. Victimes inconnues de la guerre ou derniers captifs des réseaux de l’État islamique, ils continuent de subir les atrocités que ce procès à permis de révéler.

 

Tag(s) : #Moyen Orient
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