Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lu sur « On ressort les vieilles recettes de Sarkozy », les syndicats de fonctionnaires vent debout contre les suppressions de postes annoncées par Barnier - L'Humanité (humanite.fr)

« On ressort les vieilles recettes de Sarkozy », les syndicats de fonctionnaires vent debout contre les suppressions de postes annoncées par Barnier

L’annonce par Michel Barnier de suppressions de postes d’agents qui ne sont pas en contact du public et de fusion de services publics, le 3 octobre, a suscité la colère unanime des syndicats de fonctionnaires. Ils dénoncent le recyclage de vieilles recettes de droite et des mesures populistes, méprisantes pour les agents publics, dont le travail dans l’ombre n’en reste pas moins essentiel pour faire tourner la machine.

le 4 octobre 2024

Hayet Kechit

La menace couvait depuis la nomination de Guillaume Kasbarian, sur fond d’annonces austéritaires. Elle se précise pour les fonctionnaires, après les propos tenus jeudi soir par Michel Barnier, dans une interview à France 2. La « simplification à tous les étages » et « la débureaucratisation » annoncées il y a dix jours par le nouveau ministre de la Fonction publique en guise de feuille de route se traduiront donc bel et bien par « une fusion de services publics » et « sans doute des non-remplacements de fonctionnaires partant à la retraite », « ceux qui ne sont pas en contact avec les citoyens », précise le chef du gouvernement.

Il confirme ainsi aux 5,7 millions d’agents qu’ils paieront le prix fort de cette purge inédite, visant à économiser coûte que coûte 45 milliards d’euros.

« On ressort les vieilles recettes de Nicolas Sarkozy, qui voulait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux », assène Christian Grolier, secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires à Force ouvrière (FO). Et le syndicaliste de citer les précédents législatifs : fusions dans la fonction publique territoriale avec la loi NOTRe, la loi Maptam, les fusions des régions, ou encore celles imposées dans les groupements hospitaliers de territoires.

Autant de mesures qui « n’ont pas fait leurs preuves », pointe le syndicaliste, qui dénonce également l’idée de « débureaucratisation ». Elle renverrait, à ses yeux, l’image d’une fonction publique composée uniquement de « bureaucrates », tout en masquant le fait « qu’il manque énormément de personnels dans tous les services publics, des soignants au ministère de la Santé, des surveillants au ministère de la Justice, sans compter les enseignants dans les écoles… »

Des propos démagogiques

Pour Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, « c’est aujourd’hui plus compliqué politiquement d’annoncer qu’on va s’en prendre à des professeurs, à des infirmières ou à des policiers. Mais tous ces métiers ne sont rien sans les missions supports exercés par les agents dans les bureaux. »

Le sous-entendu véhiculé par les propositions du Premier ministre visant à sabrer des postes parmi les agents invisibles du public fait bondir le syndicaliste, qui s’insurge contre « des propos très démagogiques et d’un mépris total pour ces fonctionnaires dont le travail reste essentiel ».

Paie des enseignants, réservation de salles d’examen, inscription des élèves… égrène le syndicaliste : « Ces petites mains de l’Education nationale, comme celles de tous les ministères, ce sont des agents sans qui le système ne tournerait pas. »

Natacha Pommet, secrétaire fédérale CGT de la fonction publique, partage le même constat. « Ces déclarations sont tout simplement populistes », pointe la syndicaliste. « On attend de voir avec une grande inquiétude comment ces coupes sèches pourront se traduire. Y aura-t-il des retards dans les paies des agents ? Y aura-t-il demain des carences dans l’exercice de leurs missions parce qu’ils n’ont pas derrière leurs collègues qui assurent le back-office ? » interroge-t-elle.

Dégradation du service public

Pour Christian Grolier, les conséquences, de plusieurs ordres, sont très prévisibles : « Fusion de services et suppressions de postes impliqueront forcément une surcharge de travail qui sera basculée sur ceux qui restent. Cela va forcément entraîner des conditions de travail dégradées, des burn-out, et évidemment des démissions. »

 

Avec, selon lui, comme conséquence directe : une dégradation de la qualité du service rendu à l’usager. « Qui dit moins de fonctionnaires, dit plus de temps pour accomplir les tâches et donc un service qui est rendu plus tard, parfois de manière dégradée. On va renvoyer l’usager vers l’ordinateur en lui demandant de trouver une réponse avec l’IA. »

Un résultat obtenu « à la hache », qui va à l’encontre des aspirations de la population, selon Natacha Pommet. « Les gens ont besoin de services publics. C’est une demande qui a été formulée au cours des dernières élections législatives et que le gouvernement s’apprête à trahir, sous couvert d’économies budgétaires », pointe la représentante syndicale, qui n’en reste pas moins, comme ses collègues de la FSU et de FO, déterminée à mener le combat, « pied à pied » et « poste par poste » face aux mesures gouvernementales. E

t de conclure, en guise d’avertissement à Guillaume Kasbarian : « Stanislas Guerini a terminé son mandat en réunissant l’intégralité de l’intersyndicale contre lui, je pense que le nouveau ministre de la Fonction publique risque de commencer son mandat de la même façon. »

 

Tag(s) : #Finances publiques
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :