La Constitution empêche Emmanuel Macron de se représenter pour un troisième mandat présidentiel en 2027. Et le chef de l’Etat le regrette. « Ça a été une funeste connerie de limiter les mandats présidentiels », a-t-il déclaré selon BFM TV lors des rencontres de Saint-Denis, devant les dirigeants des principaux partis politiques du pays. « Si tu ne peux pas te représenter, tu perds ton pouvoir dès le premier jour », aurait ajouté Macron. Cette déclaration fait suite à celle de son ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui en juin affirmait (à tort) que « tout le monde est d’accord pour une troisième candidature de Macron ». Richard Ferrand avait lui aussi joué les poissons pilotes quelques jours plus tôt, l’ancien président de l’Assemblée nationale déplorant la « limitation du mandat présidentiel » qui « corsète notre vie publique ». « Changeons tout cela », avait-il ajouté, au motif que cela « bride la libre expression de la souveraineté populaire ». Sauf que la règle du non-cumul n’est pas antidémocratique, bien au contraire : elle vise à ce que le président en poste soit au service du pays, et pas au service de son maintien au pouvoir. En prétendant l’inverse, les macronistes se comportent comme si Emmanuel Macron était irremplaçable, comme s’il fallait tailler les institutions pour lui, ce qui rappelle des dirigeants bien peu démocratiques. Du reste, Emmanuel Macron a tenu ses propos dans une salle ornée de portraits de Napoléon. Leur cohérence, de fait, est plus à chercher du côté de l’empire que de celui de la République.