Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ils n’ont pas honte !. Ça truande sur l’emploi dans les start-up
Jeudi 17 Juin 2021

Cédric O, secrétaire d’état au numérique, prétend qu’Uber a plus fait pour l’emploi en banlieue que trente années de politique de la ville.

 

Le salon Vivatech, longue série d’autocongratulations sur scène sponsorisée par les grands groupes français, Publicis et LVMH en tête, a débuté mercredi. À cette occasion Cédric O, secrétaire d’État au Numérique, a tenu un étrange éloge de l’action publique dans les Échos (propriété de LVMH) : « Uber a fait bien plus pour l’emploi dans les banlieues que trente années de politique de la ville. » L’entreprise, qui a licencié en 2020 50 % de ses effectifs mondiaux, n’a pourtant que 149 salariés en France, pour la plupart issus des grandes écoles de commerce privées, qui comptent bien peu d’étudiants venant des quartiers populaires vu le droit d’entrée. Quant aux milliers d’autoentrepreneurs qui travaillent pour Uber – qui se défend d’ailleurs devant chaque tribunal d’être leur employeur –, ils n’ont pas les droits élémentaires (congés, arrêt maladie, chômage…) pour être considérés en emploi, selon la définition du BIT.

Cette ode aux start-up va encore plus loin. Qualifiées de moteur de l’économie française, les 120 principales jeunes pousses représenteraient 163 000 emplois. Mais, dans le détail, elles comptent seulement 26 000 salariés, chacun induirait 5,4 emplois de plus (contre 7 dans l’industrie). Ces quelques milliers de CDI sont certainement les plus subventionnés de France, puisque, sur les 5,4 milliards d’euros récupérés en levées de fonds par ces start-up françaises, 64 % (3,6 milliards) viennent de la Banque publique d’investissement (BPI), devenue de loin le plus gros fonds de capital-­risque du territoire et l’un des plus importants d’Europe. Ainsi, si les start-up françaises se vantent d’avoir créé en 2020 10 000 emplois, rapporté à l’argent public touché, cela revient à 360 000 euros de subvention de la BPI par poste, sans parler des autres aides et crédits d’impôt. On comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron et les membres de son gouvernement sont accueillis comme de véritables mécènes à chaque grand-messe de la French Tech.

Tag(s) : #luttes sociales, #économie
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :