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Lu sur https://www.bastamag.net/Reforme-des-retraites-regimes-speciaux-baisse-des-pensions-marches-financiers-speculation
Fonds de pension : l’avenir de nos retraites se jouera-t-il bientôt sur les marchés boursiers ? 

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La future réforme des retraites incitera ceux qui le peuvent à miser sur des retraites complémentaires par capitalisation. Ils alimenteront ainsi des fonds de pension qui s’enrichissent grâce à la spéculation immobilière, aux privatisations ou... à la réduction des coûts dans les maisons de retraite.

Les deux grands groupes privés de maisons de retraites français, Orpea et Korian, font régulièrement la une des médias pour les conditions de prise en charge des retraités et de travail de leurs salariés. Voire pour des scandales de maltraitance, de rationnement des aliments, ou encore d’intoxications alimentaires mortelles [1]. Les deux groupes, cotés en bourse, ont aussi en commun d’avoir au sein de leur capital des fonds de pensions canadiens. Le Canada Pension Plan Investment Board (CPPIB) détient plus de 14% d’Orpea. Et le fonds Investissements PSP, lui aussi destiné à administrer les épargnes-retraites de Canadiens, possède plus de 13% de Korian.

Pourquoi des caisses de retraites canadiennes investissent-elles dans les maisons de retraites françaises ? Parce que le secteur représente un placement rentable et un marché en expansion. Les bénéfices dégagés par Orpea et Korian grâce notamment à la limitation des « coûts » de gestion de leurs maisons de retraite, et les dividendes qu’ils reverseront à leurs actionnaires, profitent directement à ces fonds. Et, au final, aux capitaux qui y sont placés.

En résumé, moins il y a d’argent investi pour améliorer les conditions de vie des résidents français âgés, meilleur est le taux de rentabilité de ces fonds de pension canadiens... Telle est la logique d’un système de retraite par capitalisation. Là où cette logique est à l’œuvre, des fonds d’investissement placent l’argent de leurs retraités sur les marchés financiers, au sein d’entreprises, dans l’immobilier, dans des infrastructures privatisées.

Vers des fonds de pension français ?

En France, le système de retraite repose encore largement sur un système par répartition : ce sont les cotisations actuelles des actifs qui financent les pensions des retraités. Il existe quelques petits fonds de pension français, pour des retraites complémentaires, mais cela reste très marginal [2]. En toute logique, les fonds de pension sont plus implantés et plus puissants dans les pays où le système de retraites repose essentiellement sur la capitalisation, et sont moins présents là où les retraites se basent en grande partie sur un système par répartition. En France, le volume financier des fonds de pension hexagonaux ne pèse aujourd’hui qu’un petit 0,7% du PIB. Aux États-Unis, c’est 76% du PIB, 85% au Canada, 104% au Royaume-Uni, 120% en Suisse, 170% aux Pays-Bas ! [3].

Les fonds de pension français risquent cependant de monter en puissance si la nouvelle réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron est adoptée. Le projet dévoilé cet été prévoit d’abaisser le seuil à partir duquel les salariés les mieux payés sortiront du régime général – pour la part de leur salaire au-delà de 10 000 euros par mois, selon le projet actuel. Ces salariés très aisés seront incités à souscrire des plans de retraites par capitalisation, qui alimenteront de futurs fonds de pensions.

En plus, le système envisagé dans la réforme risque d’entrainer une baisse générale des pensions de base. Tous les salariés qui le peuvent financièrement seront donc poussés à compléter par une épargne-retraite par capitalisation.

Lire à ce sujet nos articles :
- Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des retraites
Tag(s) : #Economie
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