le 6 janvier 2026
Qu’importent les bombardements, l’enlèvement et la séquestration à New York du président Nicolás Maduro, le pétrole vénézuélien est une obsession. Jamais Washington n’a digéré la perte de ce butin qu’il considère comme sien au nom d’une doctrine inique, illégale et dangereuse. Le locataire de la Maison-Blanche et la voix de son maître, Marco Rubio, chargé du nettoyage idéologique de l’hémisphère occidental, sont très clairs : ils se moquent de la démocratie, des droits et de la légitimité ou non du pouvoir.
Les chancelleries européennes prêchent pour une transition politique que, pour l’heure, n’envisage pas l’administration américaine. Avec le putsch du 3 janvier, elle veut faire main basse sur les plus importantes réserves pétrolières mondiales, mais aussi briser l’émergence d’une architecture monétaire alternative qui fragilise le pétrodollar. En fait, la ploutocratie fascisante joue la survie de son empire.
Les sanctions économiques avaient pour objectif de « faire hurler l’économie » vénézuélienne, selon le même schéma déployé par Kissinger au Chili en 1973 pour asphyxier le socialisme de l’Unité populaire d’Allende. Les conséquences de cette guerre économique ont été effroyables. Elles ont aussi accéléré les accords entre Caracas et Pékin. L’an dernier, plus de 80 % des exportations pétrolières sont parties en Chine.
Sur le même thème
Comble pour Washington : ces échanges commerciaux ont banni le roi dollar au profit du yuan et de la cryptomonnaie. Le pays de Bolivar a ainsi contourné les mesures de rétorsion, s’est rapproché des Brics, et a contribué à fissurer une hégémonie en privant le système financier états-unien d’importantes devises.
L’agression contre Caracas viole la souveraineté d’un pays et piétine la Charte des Nations unies. Elle est aussi un aveu de faiblesse du capitalisme en crise qui cherche, par tous les moyens, à sauver sa peau. Le problème avec le Venezuela, c’est que Donald Trump se heurte à un État – critiquable, certes –, mais dont les pouvoirs et les institutions fonctionnent.
Cathy Dos Santos
Sans relais sérieux dans l’opposition, le milliardaire a lâché en rase campagne les Machado, Guaido, et autres Gonzalez. Une question brûle les lèvres : comment compte-t-il administrer à distance une nation indocile, organisée populairement, qui jouit de partenaires puissants tels que la Chine et la Russie ?
/image%2F0556177%2F201304%2Fob_439f69615beac750bbcd0ab255c77987_cerises2.jpg)
