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Lu sur http://www.atterres.org/article/budget-2019-limpasse 

Lundi 29 Octobre 2018

Le budget 2019  maintient les lignes directrices du budget de l’année précédente. Dans de nombreux domaines, il n’est que la suite des choix de l’automne 2018. La fiscalité sur les plus riches a déjà été réduite, bien que l’acceptation des contraintes européennes impose de réduire progressivement le déficit public. La hausse de la taxation écologique et les mesures amenuisant la protection sociale financent la baisse de la taxe d’habitation et celle des cotisations salariés. La réduction des dépenses publiques se heurte à des contraintes économiques et sociales, il reste peu de marges de manœuvre pour réduire la fiscalité des entreprises. Le budget déçoit donc un peu les patronats et les libéraux. Pour nous, il est lourd de menace pour le modèle social français. Le budget 2018 était clairement "un budget de classe". Celui présenté pour 2019 l’est malheureusement tout autant.

Pour lire la note dans son intégralité, voir le lien ci-dessus

Extrait de la note des économistes atterrés:

"La situation des finances publiques n’impose en rien l’austérité   

En 2017, la France a eu un déficit public de 2,7 points de PIB. Selon le discours ambiant, là aussi, un déficit est un péché. Les finances publiques devraient être en équilibre ou même en excédent. Mais, en 2017, la France n’était certainement pas en surchauffe. Le taux d’inflation sous-jacent (hors énergie et produis alimentaires saisonniers) a été de l’ordre de 1 % ; la hausse du pouvoir d’achat des salaires a été de 0,5 %, en dessous des gains tendanciels de productivité. Le taux de chômage de 9,6 % est nettement supérieur au taux de 6,8 % de début 2008, taux qui ne s’était pas traduit par de l’inflation salariale. Il manque environ 5,4 % d’emplois en France pour retrouver ce taux (et 8 % pour un taux de 5 %).     Les charges nettes d’intérêt représentent 40 milliards (soit 1,8 point du PIB, soit un taux d’intérêt moyen effectif de 2 %). L’État français s’endette à des taux d’intérêt très faibles, 0,7 % à 10 ans, en septembre 2018, puisque sa dette, considérée comme sans risque, est très demandée par les institutions financières. Le solde primaire (hors charges d’intérêt) présente un déficit de 0,9 % du PIB. Revenir à un taux de chômage de 7,2 %, avec 4 % d’emplois supplémentaires, procurerait des recettes fiscales (et des économies de prestations chômage) de l’ordre de 2 points de PIB, ce qui ramènerait le déficit à 0,7 % du PIB, avec un solde structurel primaire excédentaire de 1,1 % du PIB.     Supposons que la France se donne comme objectif de stabiliser sa dette à 80 % du PIB avec une croissance tendancielle en valeur de 3 % (par exemple, 1,6 % en volume, 1,4 % en prix). La stabilité de la dette est compatible avec un déficit structurel permanent de 2,6 % du PIB (80*3,2). Soit une marge de 1,9 % par rapport au niveau actuel de 0,7 %.    Certes, les taux d’intérêt pourraient augmenter. Mais, il y a une marge importante entre le niveau des taux actuels et celui de 3 %, où il deviendrait supérieur au taux de croissance. Ce taux de 3 % ne serait atteint que dans une situation de forte croissance/inflation dans la zone euro ; dans ce cas, les rentrées fiscales seraient importantes et la question du déficit ne se poserait plus. Même si la croissance et les taux d’intérêt montaient jusqu’à 3 %, la stabilité de la dette ne demanderait qu’un excédent primaire équilibré, ce qui laisse une marge de manœuvre de 1,1 % par rapport au niveau actuel.     De point de vue de la stabilité des finances publiques, il n’est pas nécessaire de faire des efforts supplémentaires ; les dépenses peuvent continuer à augmenter à 1,6 % l’an en volume. La seule question qui vaille est de récupérer rapidement 5 % d’emplois supplémentaires. "

Tag(s) : #Austérité
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