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 Ils sont marrants ces députés « En marche », tellement ils ressemblent à leur caricature.

Voilà qu’on découvre qu’un ancien gros bras du PS passé en Macronnerie a cherché à créer une sorte de start- up sécuritaire (barbouzière?) au sein de l’Elysée, sans doute avec l’approbation au moins tacite de notre jupitérien Président. Pire, le sus désigné Benalla est passé à l’acte sur le terrain des manifestations du 1er mai, sans doute afin de tester la pertinence de son business model…

Quelque chose d’agile, de rapide, avec une petite équipe au statut indéterminé (donc relativement précaire) qui ne s’encombre pas des lourdeurs du « vieux monde » policier dont toutes les règles de fonctionnement, visant à la fois à garantir la sûreté des citoyens et au professionnalisme des policiers, sont balancées allégrement par-dessus bord. En "globish", leur langue préférée, on dit "shortcuter les process".

Avec les conséquences que l’on connait aujourd’hui… Jupiter, comme la plupart des politiques en difficulté, minimise et se défausse, encore un réflexe du vieux monde. Bravache, il assume mais sait très bien qu’en Cinquième République, il est juridiquement intouchable. L’hypocrisie du propos n’a ici pas de limite.

Tout cela dit beaucoup sur une tentative d’exercer le pouvoir démocratique de manière nouvelle, autoritaire, inspirée de la culture managériale répandue dans les entreprises et désormais dans les services publics.

Là où les députés majoritaires sont marrants, c’est qu’ils en rajoutent. Au- delà du « y’a pas de sujet », martelé par tous les macronniens et par les médias connivents, ils nous expliquent que tout ce bazar Benalla est non seulement inutile, mais aussi très nuisible à l’avancée des « réformes ». Ils ont en effet autre chose à faire, et là on (re)découvre comment ils conçoivent leur rôle de député.

L’expression- clé est : nous sommes là pour voter des lois, pas pour faire de la politique…

Autrement dit, nous sommes là avant tout pour faire passer et mettre en œuvre les orientations décidées par l’exécutif, c’est- à- dire le couple Macron- Philippe et leurs proches collaborateurs. Et là on retrouve une conception managériale de la politique : dit autrement, le patron décide, et nous on applique au mieux, à l’image des hiérarchies d’entreprise ou d’administration…

Dans ce modèle de fonctionnement, la politique est réservée au sommet et évacuée (pendant cinq ans) aux autres niveaux. D’où cette conception pour le moins rabougrie du rôle d’un parlementaire…

Faut- il rappeler que les députés sont des élus nationaux, l’Assemblée Nationale réunie incarnant la souveraineté populaire autant que le Président ?

Faut- il rappeler que le rôle d’un député n’est pas seulement de faire la loi mais aussi de voter le budget via les lois de finances, et surtout, en l’espèce de contrôler le gouvernement. De ce point de vue, la création de deux commissions d’enquête parlementaires, parallèlement aux instructions judiciaire et administrative menées par ailleurs, nous a donné un aperçu , que j'ai trouvé très rafraichissant sur le plan démocratique, de ce que pourrait être un Parlement libéré de la tutelle de la monarchie présidentielle inhérente au fonctionnement pratique de notre constitution.

Il n’est pas étonnant que la commission de l’Assemblée ait volé en éclat. Insupportable, en effet, ce type de fonctionnement, vue la culture parlementaire moyenne du député En Marche, telle que nous l’avons décrite plus haut !

 J. ALLAIN

le 02/08/2018

Tag(s) : #Macronneries
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