Après dix ans d’existence, les Jeunes en marche sont incapables de penser l’après-Macron
Le mouvement les Jeunes avec Macron, fondé pour soutenir l’actuel président de la République, a fêté ses 10 ans. S’il a changé de nom et s’appelle désormais les Jeunes en Marche, il se montre toujours réticent à penser à une autre incarnation que le locataire de l’Élysée. Cette organisation ne formule aucune critique face au cap à droite toute depuis 2017.
le 6 juillet 2025
Ils ont fêté leurs 10 ans. Ils ? Les Jeunes avec Macron (JAM), qui se sont réunis ce samedi 5 juillet au cirque d’Hiver, à Paris, pour penser à « l’après-Macron ». Les 1 300 présents, selon les organisateurs, savent que le président ne pourra pas se présenter en 2027.
C’est pourquoi ils ont changé de nom pour devenir les Jeunes en marche (JEM). Mais une page s’est-elle vraiment tournée ? Alors que des « Gabriel président ! » fusent à la suite de la prise de parole de Gabriel Attal, le secrétaire général du parti Renaissance annonçant vouloir « tout faire pour vous conduire dans deux ans sur le chemin de la victoire », voilà qu’Emmanuel Macron fait une arrivée surprise.
Aucune alternative à Emmanuel Macron
« Je suis venu vous dire que ce n’est pas fini, je vais avoir besoin de vous encore, pour les années qui viennent. (…) Pour dans deux ans, pour dans cinq ans, pour dans dix ans », déclare le locataire de l’Élysée. Laissant planer le doute sur ses intentions pour 2032, le chef de l’État a ensuite taclé son ancien premier ministre : « Si dans les deux ans qui viennent, on passe notre temps à parler de 2027, à ne rien faire, à être dans les calculs, à être dans les divisions, ce ne sera aucun d’entre nous. »
Malgré le changement de nom, tout dans l’événement a au final démontré la difficulté des jeunes macronistes à envisager une autre incarnation que celle de l’actuel président. « C’est trop tôt pour se demander », soufflent les militants, toujours enfermés dans une défense pied à pied de leur mouvement. Après huit années au pouvoir, il y aurait pourtant de quoi dire, mais personne ne pipe mot.
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La dissolution ? « Nous étions surpris, mais c’était le plus responsable », affirme Céline, militante. « Je ne sais pas si l’on peut dire que la possibilité de dissoudre l’Assemblée prévue par la Constitution est irresponsable, car ça fait vivre la politique, c’est important », lâche Corentin.
Le macronisme en quête d’une majorité à droite
Quant à l’état du pays, avec des services publics toujours plus sacrifiés sur l’autel de l’austérité, pendant que les cadeaux fiscaux profitent à des milliardaires de plus en plus riches, impossible de récolter autre chose que des sourires crispés.
Ils en redemandent même. Car tous l’affirment : la fin du second quinquennat ne sonnera pas la fin du macronisme. « C’est avant tout un héritage politique, affirme Louis Roquebert, vice-président des JEM. Ce meeting montre que les Jeunes en marche assument leur affiliation idéologique. »
Et assument-ils d’avoir un gouvernement au cap résolument à droite et qui ne tient que grâce au soutien du Rassemblement national ? « L’extrême droite est le meilleur ennemi à avoir, on ne peut pas s’en passer, et c’est malheureux », ose Xavier, adhérent aux JEM depuis un an.
« À l’heure où il n’y a aucune majorité, il faut avoir un esprit de responsabilité », balaye Louis Roquebert au sujet de l’attelage LR-Renaissance au pouvoir. Le militant donne aussitôt un exemple : « Cela permet de faire avancer des projets de loi, comme celui sur la fin de vie. »
LR-Renaissance, l’alliance en faveur de l’austérité
Un exemple bien curieux, sachant que ce texte a également été soutenu par la gauche de l’Assemblée nationale. Ce que permet l’attelage LR-Renaissance, c’est surtout le maintien de la politique économique et sociale en place depuis 2017. Et si Xavier a dans un premier temps « pris une claque » avec l’arrivée de « figures très conservatrices comme Bruno Retailleau », il est finalement resté aux JEM. Des JEM qui avaient fait écrire sur les éventails en papier distribués lors de leur événement, dans un parallèle indigne : « Fais comme le RN et LFI, brasse du vent ! » Ni l’un ni l’autre n’en brassent, puisque ni la haine xénophobe ni le projet des Insoumis ne sont venteux. Mais qu’importe.
Ambroise Méjean, président du mouvement, a en revanché été ovationné quand il s’est époumoné à la tribune que « les bonnes idées ne sont ni de droite ni de gauche ». Comme si le leitmotiv de 2017 de Macron pouvait encore faire illusion.
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