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Les élus Front de gauche à l'offensive

Lu sur http://www.elunet.org/spip.php?article83039

17ème Congrès de l’ANECR - Vitry-sur-Seine

Résolution adoptée par le Congrès le 7 décembre 2014

vendredi 12 décembre 2014

Le Congrès de l’ANECR réuni à Vitry-sur-Seine a permis d’approfondir l’analyse de la situation dans laquelle se trouve notre pays, l’état d’esprit de nos concitoyens et concitoyennes et de définir les pistes d’actions nécessaires pour aider à une nouvelle dynamique de luttes sociales, démocratiques et politiques.

La crise sociale, le mal vivre s’exprime de toute part, les espoirs de changements se sont transformés en désillusions. Une crise de la politique nourrie d’une crise de la représentation politique, jusqu’au niveau local, s’approfondit. Face à cette réalité, le gouvernement Valls opère un tournant. Il va au-devant des exigences de rentabilité et de compétitivité du capital au plan international et aux prétentions du Medef en France.

C’est l’austérité généralisée pour le peuple et la restauration des profits, la compétitivité des grands groupes financiers qui en sont les leviers. Ce choix assumé du pouvoir et de la direction du Parti socialiste cherche à exclure toute perspective progressiste du débat. C’est un choix dangereux, socialement, démocratiquement et politiquement. Ils veulent restreindre le débat politique entre une force social- libérale, une droite radicalisée et une extrême droite en embuscade. Ils enferment l’avenir dans un piège ou les seules questions seraient, la dose d’austérité à appliquer et le niveau de restriction de la démocratie pour faire passer ces choix.

Face à ces prétentions, nous misons sur la capacité de notre peuple à rebondir !

Nous sommes devant une contradiction que nous décidons d’affronter. Les difficultés, les souffrances de nos concitoyens et concitoyennes augmentent et provoquent une montée de la désespérance, un retrait de la vie démocratique, une abstention massive. Les divisions au sein de la société poussent au repli sur soi et mettent à mal les idées de solidarité. L’action publique y compris au plan local est discréditée par des campagnes médiatiques du patronat et du gouvernement.

En même temps, les attentes d’une vie meilleure, l’envie de compter pour soi et ses enfants sur un avenir de progrès sont toujours présents. Des hommes et des femmes agissent, se révoltent, se rassemblent pour écrire un autre avenir. Des résistances, des recherches de convergences, des propositions communes sont en construction.

Contribuer à leur amplification, redonner espoir et force à une alternative sociale et populaire, à une gauche digne de ce nom. Des forces sociales, des élus, des militants politiques, syndicaux, associatifs sont disponibles. Les manifestations contre l’austérité, pour l’environnement, les mobilisations d’élus notamment au congrès des maires, les prises de positions critiques dans les rangs du Parti socialiste ou d’Europe écologie les verts en montre le potentiel.

L’heure est à l’initiative, à la construction d’une riposte face à l’austérité sur tous les terrains et d’une alternative portée par un mouvement large de toutes ces forces dans le pays.

Les élu-es communistes et républicains sont dans les luttes, dans les rassemblements partout dans le pays.

C’est de cette proximité avec les souffrances et les révoltes, de l’existence d’un mouvement émancipateur qui se cherche, que nous pouvons jouer un rôle actif dans la riposte populaire et dans la construction d’une alternative. Même si nous avons perdu des positions, nous sommes une force ancrée localement, utile et efficace nationalement. Ce potentiel nous le mettons au service de l’action pour desserrer l’étreinte de l’austérité, reconquérir des capacités nouvelles pour les services publics et les politiques de solidarité, pour inventer ensemble des pratiques démocratiques et politiques qui donne le pouvoir au peuple et lui redonne espoir.

Deux axes d’affrontement structurent l’avenir dans tous les domaines de la vie des populations :

Le transfert massif de l’argent des dépenses sociales et publiques utiles vers les profits et les dividendes des actionnaires des grands groupes.

La réforme des institutions avec l’ambition de faire jouer aux collectivités un triple rôle, soutenir la compétitivité, réduire la dépense publique, éloigner les citoyens et citoyennes des lieux de décisions.

Nous relevons le défi sur ces deux terrains !

En engageant avec toutes les forces disponibles un combat idéologique, politique et concret pour démontrer qu’une autre politique est possible.

L’argent est là mais il est détourné:299 milliards de dividendes et frais financiers pour 158 milliards de cotisations sociales ; 200 milliards d’exonérations fiscales et sociales ; 40 milliards pour" le pacte de responsabilité", 20 milliards pour le CICE, les actionnaires sont gavés.

Le coût du capital est concret : 550 milliards d’euros par an de ponctions sur les richesses produites, près d’un quart de la richesse produite en France. La ponction opérée sur les collectivités territoriales est catastrophique. Elles vont être confrontées sur les trois prochaines années à une baisse massive des concours de l’Etat : 28 milliards.

C’est du jamais vu. Cela représente une réduction de 12% de la dépense totale des collectivités. L’opposition des élus est massive : 13 000 Conseils municipaux ont voté la motion de l’AMF dénonçant cette situation.

Si elle va à son terme, cette politique d’austérité « par en bas », comme principe de fond accompagnant la réforme territoriale, sera un coup très dur porté à la qualité du service public, à l’égalité, à l’investissement public, à l’emploi public et privé, aux capacités du pays à se relancer.

Intensifions la bataille pour les moyens financiers, pour des budgets digne de ce nom des collectivités, pour une réforme fiscale d’ampleur reposant sur la justice.

Oui l’argent pour l’emploi, les services publics, les politiques sociales, pour le logement, la santé, les transports, les droits des femmes, la formation existe. Faisons exprimer les besoins pour exiger leur financement. Les patrons, les services de l’Etat, les banques nous doivent des comptes sur les gâchis financiers. Partout avec les élus, les associations, les syndicats demandons leur ces comptes. Organisons partout les débats, rassemblements, actions pour réorienter son utilisation au profit des populations.

Une première action nationale aura lieu le 22 janvier 2015. Elle pourra prendre diverses formes comme des « mairies fermées » et associera largement les personnels territoriaux.

En poursuivant notre mobilisation contre la réforme libérale des institutions, pour un grand débat public, un référendum et une alternative démocratique. Depuis 2013, avec la loi sur l’affirmation des métropoles, l’opération « démolition/reconstruction » des collectivités est engagée au pas de charge, sans débat ni concertation.

Elle se poursuit avec les lois en cours ou sur le point d’être examinés au Parlement sur le redécoupage des régions et les compétences des collectivités.

C’est la République et ses fondements qui sont visés. « Super régions » et métropoles intégrées, départements vidés de leur substance, intercommunalités géantes sans projet de territoires… et la volonté de faire passer avant 2025 la réduction à 2000 collectivités en « communes nouvelles ».

La réforme proposée, véritable machine à réduire l’action publique, s’inscrit dans l’organisation mondiale et européenne du capital avec une concurrence généralisé entre les territoires et les populations autour de la construction de métropoles soutenues par des régions drainant les richesses disponibles an direction des grands groupes industriels et financiers.

C’est aussi le passage de la démocratie à une gouvernance technocratique « décentralisée », à la recentralisation étatique, privant élus et citoyens des moyens d’intervention dans les politiques publiques.

Malgré l’acharnement du gouvernement, de nombreuses voix s’élèvent contre ce projet, des mobilisations ont lieu.

Travaillons à leur élargissement avec les milieux associatifs, les syndicats professionnels et les agents territoriaux. Mettons en avant une autre conception d’une véritable réforme. Développement des capacités humaines et réponse aux besoins populaires en sont le coeur.

Solidarité, partage, coopération, dynamiques territoriales en sont les moyens. Une extension à tous les niveaux de la démocratie, pas seulement représentative, qui implique et sollicite les citoyens et citoyennes, qui en fait des décideurs réels, des acteurs des mises en oeuvre et du contrôle des politiques décidées en commun doit s’y réinventer.

Les pratiques démocratiques sont des acquis fort des élus communistes et républicains. Cependant dans cette période de mutation et de crise c’est à un effort d’invention auquel nous sommes appelés. Co-construire les politiques publiques, partager les pouvoirs, contrôler collectivement la mise en oeuvre des décisions et des engagements nécessite un nouvel essor des pratiques démocratiques, un nouveau lien ente élus et populations. Nous voulons avancer sur ce terrain.

La situation internationale nous préoccupe. Nous continuerons à agir en Europe et dans le monde contre les politiques militaristes de l’OTAN, pour des solutions politiques et pacifiques et un rôle nouveau de l’ONU, pour que prévale partout le soutien à la dignité humaine.

Nous sommes solidaires de toutes les forces qui agissent dans ce sens et pour faire reculer la main mise des puissances financières et obscurantistes sur la liberté des peuples. En particulier nous agissons pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine et exprimons toutes notre solidarité au peuple Kurde.

L’association est la maison commune, ouverte au dialogue, à la réflexion et à l’action de tous et toutes les élu-es communistes, membres d’organisations de Front de gauche, républicains, progressistes qu’ils soient ou non membres d’un parti, partageant les valeurs de progrès social et démocratiques.

Ensemble nous sommes des dizaines de milliers dans le pays à partager cet engagement démocratique au service du bien public et du bien commun.

Nous pensons qu’une alternative aux choix d’austérité est possible. Une alternative qui place comme priorité la réponse aux besoins et une démocratie véritable. Notre pays est riche et les moyens existent. Les forces aussi, au plan local et au plan national.

Elus communistes et Républicains, nous mettrons notre énergie avec nos concitoyens, avec toutes les forces disponibles, pour construire un avenir de progrès humain et démocratique pour nos collectivités, pour notre pays et pour bâtir un monde de paix et de justice.

Tag(s) : #Austérité
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