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FDG newTexte stratégique du Front de gauche adopté le 21 janvier par sa coordination nationale et les neuf organisations politiques qui le composent (PCF, Parti de Gauche, Gauche unitaire, FASE, PCOF, République & Socialisme, Convergences & Alternative, Gauche Anticapitaliste, les Alternatifs), et présenté à son Conseil national du 25 janvier où il a fait l’objet d’un accord unanime.

 

  4 – LES RESPONSABILITES DU FRONT DE GAUCHE


Dans cette période, la politique du Front de gauche a été cohérente. Nous nous revendiquons de la majorité populaire qui a permis de chasser Nicolas Sarkozy et une droite qui n’ont eu de cesse de détricoter avec brutalité les acquis sociaux issus de la Libération et des luttes populaires, d’affaiblir la démocratie, de fragmenter avec acharnement la société française.


Partie prenante de cette aspiration de gauche et aile marchante de la volonté de changement qui s’est exprimée, nous avons porté légitimement des exigences fortes. Pour autant, nous avons indiqué dès le départ que nous ne nous retrouvions pas dans la majorité présidentielle et gouvernementale formée autour des 60 engagements du candidat François Hollande, qui ne constituaient pas une réponse à la hauteur de la crise, en France et en Europe.


Jugeant que la politique annoncée était trop différente de celle que nous portions, que la volonté politique affichée de réduire les déficits publics ne pouvait que conduire à l’austérité, nous avons refusé l’entrée dans le gouvernement puis le vote de confiance au gouvernement Ayrault. Dès lors que le gouvernement s’est moulé dans le creuset de l’austérité, nous avons combattu et votécontre le Traité Merkozy, rejeté les orientations de la loi de programmation budgétaire, nos
parlementaires n’ont pas adopté le budget 2013, ont voté cotre la loi sur la santé et la Sécuritésociale (PLFSS), le pacte de compétitivité…


Nous n’attendrons pas 2017. Le Front de Gauche doit être à la hauteur des espoirs placés en lui. Dans la nouvelle période qui s’est ouverte, le Front de gauche veut être actif et réactif. Il doit être capable de s’adresser aux classes populaires pour faire la démonstration qu’une politique alternative à l’austérité est possible à gauche et qu’elle peut être majoritaire. C’est une condition pour faire exister au plus tôt une majorité permettant de mettre en oeuvre des mesuresalternatives.


Le développement de mobilisations sociales d’ampleur, convergentes, sera nécessaire pour inverser le rapport des forces, faire reculer les libéraux, les marchés financiers, et essayer d’imposer au gouvernement toutes les mesures pourtant indispensables qu’il se refuse à prendre. Nous appuyons donc ces mobilisations unitaires sur tous les fronts de lutte (sociale, politique, idéologique), et nous les aidons dans le respect de l’autonomie de chacun.


5 – AGIR POUR DES RASSEMBLEMENTS MAJORITAIRES


Nous voulons que les propositions contenues dans le programme « L’Humain d’abord » et dans lesaspirations politiques exprimées dans les luttes de résistance (sociale, démocratique, écologique),gagnent du poids dans les débats qui parcourent les forces de gauche (gauche du PS, EELV…),qu’elles déterminent d’autres choix, et permettent d’aboutir à des victoires, même partielles. Ceserait un point d’appui précieux pour que nous puissions bousculer la donne.


Voilà la démarche que le Front de gauche entend promouvoir. La politique du gouvernement Ayrault conduit à l’échec. C’est une raison de plus de s’opposer à cette politique. En effet, nous ne nous résignons pas à ce que la droite extrémisée voir l’extrême-droite représentent à terme l’alternative. Pour cela, le Front de Gauche entend, dans les mobilisations et les élections à venir, oeuvrer à des solutions de gauche immédiates face à la crise, et à la construction d’une politiqueet d’une majorité alternatives.


Le Non au TSCG a déjà constitué un premier indicateur de cette majorité potentielle. Nous nous adressons à toutes celles et ceux qui, à gauche, quelles que soient leur préférence et appartenance politique, veulent agir et ne se retrouvent pas dans les choix d’austérité du gouvernement. Noussavons déjà que des convergences sont possibles avec des secteurs, des militant-e-s et desresponsables socialistes et EELV, et plus largement avec l’ensemble de celles et ceux qui aspirent auchangement. Nous nous adressons donc fortement aux militant-e-s associatifs et syndicaux. Nousnous tournons également vers les courants issus de l’écologie radicale et de l’extrême gauche qui
partagent cette démarche. Nous voulons ainsi donner plus de force et de poids encore aux idées antilibérales et anti-productivistes. Nous sommes prêt-e-s à débattre fraternellement, à agirensemble, à mener des campagnes, mêmes sur des points partiels. Nous voulons un Front deGauche capable d’impulser un rassemblement majoritaire et donc ouvert.


C’est la condition pour qu’un véritable gouvernement au service du peuple et de ses besoins sociaux et environnementaux puisse être constitué en France. Un gouvernement qui inverse enfin le cours mortifère des politiques d’austérité qui enfoncent toute l’Europe dans la récession et dans la pauvreté. Un gouvernement qui mène une politique internationale au service de la paix et de solidarité entre les peuples, à l’inverse des politiques d’agressions et de domination.


6 – DEVELOPPER, RENFORCER LE FRONT DE GAUCHE


Nous avons vocation à élargir le Front de Gauche et continuer à cheminer dans la diversité de ceque nous sommes. Nous voulons enraciner notre force et accroître son rayonnement en favorisantla mise en mouvement de toutes celles et ceux qui veulent en être partie prenante.


Nous ambitionnons un « Front du peuple » qui s’adresse et rassemble toutes celles et tous ceuxqui, dans les classes populaires, parmi les salarié-e-s, la jeunesse, se sont rapproché-e-s de nouspendant la campagne, qui s’en rapprocheront, veulent reprendre la parole avec le Front deGauche. Un Front du peuple qui s’adresse plus largement à tous ceux et toutes celles qui,quelqu’ait été leur vote en mai et juin dernier, veulent continuer le combat pour une véritablealternative à la logique du système capitaliste.


A toutes celles et ceux-là, dès maintenant, nous donnons rendez-vous.
- Pour renforcer les différentes batailles unitaires comme pour l’audit citoyen de dette, la défense des services publics, la mobilisation en faveur du mariage pour tou-te-s, la campagne pour le droit de votes des résident-e-s étranger-e-s, la régularisation des travailleuses et travailleurs sanspapiers, des combats écologiques à venir et pour l’égalité entre femmes et hommes.
- Dans la campagne « l’alternative à l’austérité c’est possible » qu’engage le Front de Gauche, au sein des meetings, réunions publiques, marches départementales et autres assemblées citoyennes qui vont l’accompagner à l’échelle des territoires, des initiatives en entreprise.
- Dans les batailles parlementaires : en mars le gouvernement soumettra un projet de loi suite à l’accord sur l’emploi qui marque un recul social sans précédent. Largement inspiré par le MEDEF, il est rejeté par les syndicats qui, ensemble, représentent la majorité des salarié-e-s. Ces derniers vont interpeller les parlementaires, notamment PS et EELV à elles et eux-seul-e-s majoritaires à l’Assemblée nationale, pour qu’elles et ils ne transcrivent pas ce texte en loi. Nous sommes en phase avec eux. Dans le même objectif, nous allons nous adresser localement et nationalement àces mêmes parlementaires. Il est temps pour elles et eux de choisir entre une ligne social-libérale qui divise la gauche à force d’épouser les attentes du MEDEF et une ligne de rupture franche avecla droite et le patronat.
- Dans les différentes rencontres nationales qui jalonneront la vie du Front de Gauche tout au long de l’année 2013 et lui permettront de se déployer : forums et conventions nationaux, Estivales citoyennes...)
- Dans la préparation collective des échéances électorales : municipales et européennes notamment dans l’élaboration du contenu des politiques que nous voulons voir mener descommunes au niveau européen.


7 – LES ELECTIONS MUNICIPALES ET EUROPEENNES


Ces élections municipales et européennes feront l’objet d’un débat spécifique entre nos organisations mais nous en traçons quelques traits.


Il est en effet probable, si rien n’est venu bouleverser la situation, que l’année 2014 pose encore plus l’urgence de rompre avec les politiques d’austérité pour répondre aux exigences populaires.


Cette urgence traversera les municipales. Elles constitueront la première échéance électorale post présidentielle et législatives. Lors de ce scrutin, le Front de Gauche sera à l’offensive et souhaite faire élire un maximum d’élu-e-s défendant les positions du Front de gauche.


Nous voulons infliger une nouvelle défaite à la droite et faire reculer l’extrême-droite. Nous voulons faire de cette élection et des prochaines municipalités des points d’appui pour refuser la logique d’austérité du gouvernement, l’asphyxie des collectivités. Nous voulons mettre en oeuvre des politiques communales pour le développement du service public et de toutes les personnes les plus touchées par la crise, impulser des radicalités concrètes, favoriser un nouveau développement de la démocratie active, mettre en place des politiques écologiques audacieuses dans les villescomme à la campagne.


Les formes concrètes des rassemblements permettant de réaliser ces objectifs sont à définir et préciser. Cette discussion entre les forces du Front de Gauche va s’engager sans tarder. Nous prévoyons également au printemps une réunion sur le contenu programmatique que nous pourrions défendre dans cette campagne.


De même, les élections européennes constitueront un rendez-vous essentiel pour le Front de Gauche, à la fois à dimension nationale et européenne.


Ces élections sont les seules qui se tiennent au même moment dans toute l’Europe. Or, la mise en oeuvre simultanée de l’austérité dans toute l’Union facilite la compréhension de ses enjeux. Nous savons que la réorientation de la politique de l’UE est indissociable du combat que nous menons nationalement pour desserrer l’étau des politiques libérales et se doter de marges de manoeuvre permettant une alternative politique. Alors que partout les peuples européens ont été dessaisis du droit de se prononcer sur le TSCG, ce scrutin peut se transformer en un référendum européen contre les politiques austéritaires. Il peut renforcer l’idée qu’une autre Europe est nécessaire.


Le Front de Gauche est pour une grande part l’émanation des forces qui se sont opposées au TCE, au Traité de Lisbonne puis au TSCG. Nous dirons qu’il faut plus que jamais sortir des diktats de ces traités. Nous défendrons notamment le contrôle démocratique de la BCE et un profond changement de ses missions au service de l’emploi, de l’industrie et la transition écologique, la rupture avec la politique de l’euro fort et une harmonisation fiscale et sociale par le haut.


Nos propositions en matière européenne inscrites dans « L’Humain d’abord » sont plus que jamais d’actualité face à la construction libérale de l’UE. Elles favorisent des nouvelles convergences possibles avec les syndicalistes, militant-e-s des droits civiques, sociaux, et écologiques, du mouvement progressiste européen, militant-e-s et responsables d’EELV et de l’aile gauche du PS. Des alliances sont possibles pour des propositions alternatives à la logique du capitalisme financiarisé et du productivisme en France comme en Europe où nous entendons également
renforcer nos liens avec les forces de la gauche antilibérale européenne.


Dans ce scrutin à la proportionnelle, et peut-être sur une seule circonscription nationale ce qui serait souhaitable, le Front de gauche entend s’engager dans ce scrutin avec de grandes ambitions : celle de bousculer le rapport de force à gauche en notre faveur étant essentielle.


Municipales et Européennes peuvent ainsi constituer deux moments importants pour faire évoluer le débat et les rapports de force, la perspective d’une autre issue politique que la politique d’austérité aujourd’hui menée par le gouvernement Ayrault en France tout comme par l’Unioneuropéenne.


CONCLUSION


Face à la crise, une course de vitesse est engagée entre deux types de réponses possibles : l’unedémocratique et solidaire et l’autre autoritaire et porteuse de profondes régressions sociales.


Ainsi en France, si, au lendemain de sa défaite, l’UMP est entrée dans une crise de succession, la droite n’en reste pas moins à l’offensive sur le plan politique et idéologique.


Le poids du FN, le mandat puis la campagne extrêmement droitière de Nicolas Sarkozy, ont renforcé son extrémisation. La porosité constatée entre son électorat et celui du FN lors des deuxièmes tours des élections législatives opposant la gauche au FN en est un indice inquiétant. Une recomposition globale est en cours au lendemain de laquelle droite et extrême-droite aspirent à prendre le pouvoir pour imposer leurs choix iniques.


Nous avons donc, en tant que Front de gauche, un rôle historique : rassembler pour construire une alternative de gauche rompant avec les logiques libérales et social libérales. Cet objectif est non seulement un enjeu important pour la France mais aussi pour l’Europe. Car nous sommes persuadé-e-s que si la rupture intervient en notre faveur dans un pays, elle sera au moins aussi contagieuse que l’austérité que nous subissons tou-te-s.


L’histoire nous a montré que les périodes de crise et de récession que nous vivons ont toujours engendré des bouleversements. Quelle sera l’issue de cette crise ? Une régression civilisationnelle ou la révolution citoyenne ?


Face à la haine de l’autre, au repli sur soi, à la vision ethnique des sociétés, l’affrontements entre les peuples, la tentation totalitaire, nous faisons le pari d’une société de répartition et contrôle des richesse, de la justice sociale, de l’égalité des droits, de la démocratie active, de la planification écologique, de la solidarité internationale.


Et nous ne sommes pas seul-e-s. Partout, des points d’appuis existent dans le monde pour dessiner un autre avenir : en Amérique du sud et, plus près de nous, en Europe, notamment dans les pays où des rassemblements comme celui du Front de Gauche se multiplient. Nous prenons évidemment toute notre place dans cette chaîne. C’est dire l’importance de notre rôle à l’avenir etdonc de nos choix.


Il n’y a aucune fatalité à l’austérité et à la résignation, les peuples peuvent changer leurs destins. Une autre politique est possible et elle peut être majoritaire. Plus que jamais nous nous mettons au service de cette ambition. Place au peuple !

 

Tag(s) : #Tracts, déclarations et pétitions
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