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Selon le Petit Robert une réforme est une« amélioration apportée dans le domaine moral ou social ».

De manière de plus en plus obsessionnelle, le pouvoir libéral-autoritaire, ses supporters et ses supplétifs socio-libéraux répètent inlassablement : « il faut poursuivre les réformes, c’est le seul moyen de s’en sortir, ce pays en a besoin ».

 

Face à la crise systémique dans les domaines financier, économique, social et environnemental », c’est vite dit.

 

En réalité, il n’y a, pour l’essentiel, que des contre- réformes, c’est à dire aucune « amélioration apportée dans le domaine moral et social » par ce pouvoir, quel que soit le domaine considéré. C’est assez compréhensible : elles reposent sur des idées qui ont mûri depuis trente ans dans les cercles libéraux et dont l’échec est, aujourd’hui, manifeste face à la réalité du monde[1].

 

Prenons quelques exemples :

 

-« réformes » dans le domaine financier ? La stabilité des marchés est loin d’être retrouvée, les produits toxiques sont loin d’être tous localisés et donc neutralisés[2], le crédit reste rare et cher, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers, malgré les coups de menton de qui vous savez. Il est vrai que la valeur boursière des banques s’est effondrée;

 

-« réformes » dans le domaine économique ? La croissance est en berne et les cocoricos ridicules produits autour d’un PIB à +0,14% au troisième trimestre ne changent rien à la réalité d’aujourd’hui et de 2009 : qu’il est loin le point de croissance supplémentaire promis, arraché avec les dents…Le paquet fiscal de 2007 a réduit les marges de manœuvre budgétaires de l’État et il n’y a toujours pas de plan de relance, à moins que…

 

Le projet de loi de finances 2009 égratigne certes les niches fiscales mais le bouclier fiscal est toujours là au nom du « il n’est pas normal que quelqu’un travaille plus de la moitié de l’année pour payer des impôts », sauf que les revenus dont il s’agit ne sont pour l’essentiel pas gagnés en travaillant. C’est donc plus que jamais une classe moyenne souvent elle-même en difficulté qui finance une redistribution de plus en plus chiche vers les défavorisés.

 

Les services publics, ultime protection ou recours des plus faibles en période de crise sont systématiquement discrédités, déstabilisés par des décisions arbitraires et irréfléchies de tous ordres, et mis au régime super-sec[3].

 

L’immobilier s’effondre, créant un effet d'appauvrissement sur les ménages, ce qui n’empêche pas certains de persister à faire de la suppression de l’ISF une « réforme » essentielle…La construction du neuf s’écroule à la fois en raison de la cherté du crédit et de l’inadaptation de  l’offre à la demande, notamment parce qu’il n’y a pas assez de logements sociaux construits, en location et en accession. L’affaire du rachat par des bailleurs sociaux de logements stockés par des promoteurs s’avère être une légende de plus ;

 

-« réformes » dans le domaine social ? Le pouvoir d’achat dépérit bien que les prix soient plus sages depuis peu, l’emploi recule et le chômage monte : le calcul du pouvoir était qu’avec l’accroissement du nombre des départs en retraite des baby-boomers, la question du chômage allait se régler automatiquement…là encore, erreur de diagnostic : grand pourfendeur des emplois aidés, ce pouvoir cherche actuellement des crédits pour en financer 100 000 de plus après en avoir réduit le nombre ces dernières années. Parallèlement, le pôle emploi (ex-ANPE+UNEDIC) est créé, difficilement, sous prétexte de guichet unique, mais surtout pour permettre un meilleur contrôle des chômeurs.

 

Travail le dimanche, sous prétexte de trouver des jobs pour les jeunes en manque de ressources, étudiants ou autres, en réalité pour permettre aux patrons du grand commerce de peser davantage sur leurs salariés, ce qui ruinera au passage quelques petits commerçants et la vie familiale de certains ménages.

 

Campagne insidieuse pour habituer les salariés à la perspective de travailler jusqu’à 70 ans. La « réforme des retraites » n’a rien réglé : il s’agit de dire aux gens « soit vous travaillez jusqu’à la limite de vos forces, soit votre retraite sera rognée », en toute liberté de choix, bien sûr. Par bonheur, les fonds de pension n'ont pas été mis en place, malgré toutes les sirénes qui chantaient il y a peu encore en ce sens au nom de la modernité et du réalisme!

 

La santé est de moins en moins remboursée, les aides d’action sociale réduites et de plus en plus transférées aux collectivités territoriales qui, après avoir été longtemps excédentaires sont pratiquement toutes aujourd’hui en difficulté financière.

 

Les débats pourtant encore récents relatifs au financement du plan banlieue ou du RSA apparaissent comme des farces sinistres alors jouées devant les citoyens, au regard des montants de garantie vite trouvés par l’État libéral-autoritaire pour consolider, autant que possible, le système financier ;

 

-réforme dans le domaine environnemental ? Le Grenelle a changé l’ambiance, c’est vrai, mais les lobbies nationaux, européens et internationaux s’activent en vue de détourner ou de bloquer des avancées affichées mais non financées. L’affaire du maïs OGM, par exemple, est à suivre de prés. Là encore, on nous raconte une belle histoire qui débouche vraisemblablement sur un leurre ;

 

-réformes dans le domaine des libertés individuelles et collectives ? La régression est générale, appuyée sur une exploitation sans vergogne des faits divers : rétention de sûreté, criminalisation des malades mentaux, indulgence accordée aux délits financiers, chasse inhumaine au sans-papiers et à leurs enfants, remplissage  inconsidéré des prisons, fichage des citoyens et appel élargi aux tests ADN, remises en cause du droit de grève, criminalisation de l’action collective, etc…Censée accroitre la protection des victimes, cette politique débouche sur diverses souffrances et injustices sans empêcher un accroissement des aggressions violentes contre les personnes, si l’on en croit les dernières statistiques de l’observatoire national de la déliquance. Les magistrats se rebiffent. Même les policiers n’y croient plus, ces derniers temps ;

 

-réforme dans le domaine international ? La « diplomatie des droits de l’homme » a explosé, les « protégés » africains se portent au mieux, les partenaires européens s’agacent et le bon docteur Kouchner risque, s’il continue, d’apparaître assez vite, avec la disparition de Bush sur la scène mondiale, comme un des derniers « neo-cons », au sens américain du terme bien sûr.

 

Où la trouve-t-on la réforme, l’amélioration dans le domaine social et moral selon Le Petit Robert?

 

La fuite en avant de ce pouvoir autoritaire est dangereuse. Il détruit beaucoup et construit peu, faute de lucidité dans les diagnostics, de concertation et à coups de présupposés idéologiques dépassés en ce nouveau siècle.

 

Comme le montrent divers exemples dans l’histoire, cela peut mal finir et il y aura sûrement beaucoup à reconstruire…

 

 

A propos de contre-réformes, ne pas oublier : Ensemble le 22 novembre 2008 contre la privatisation de La Poste

 

Samedi matin 22 Novembre, rassemblement devant le bureau de poste principal de la rue Crié  à partir de 9h  (prise de parole, signature de la pétition nationale )

 

Samedi après-midi 22 novembre, manifestation d’Ile de France  qui défilera à Paris à partir de 14h00 de la place de la Nation jusqu’à Bercy (ministère des finances).

Le dossier très complet d'ATTAC sur La Poste http://www.france.attac.org/spip.php?article9205



[1] Voir à ce sujet le dialogue fictif mais humoristique de Marx et de Keynes sur http://speculand.com/Correspondance-inedite-entre

[2] Certaines collectivités locales seraient touchées car ayant trop fait confiance aux banquiers chargés de les conseiller (un comble). Ce n’est pas le cas à Malakoff. L’agglomération n’est pas non plus concernée.

[3] La liste est très longue, mais la caricature suprême, c’est l’Éducation nationale, dont on réduit les effectifs enseignants alors que la natalité française est à très haut niveau depuis l’an 2000 : est-il vraiment surprenant dans ces conditions que, à huit plus tard, le nombre d’enfants par classe augmente à l’école primaire ?

Tag(s) : #Editorial

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