le 23 juillet 2026
La France « fait face » aux incendies. C’est le ministre de l’Intérieur qui le dit. Mais, dans le même temps, il s’énerve du « France bashing » et des « polémiques » que colporteraient les syndicats des pompiers, en osant dénoncer l’insuffisance de leurs moyens après la mort de trois d’entre eux en deux semaines.
Qualifier de « polémique » l’épuisement ? Le manque d’effectif ? Les problèmes matériels ? Vraiment ? Ce n’est pas ce qui remonte du terrain. C’est même tout le contraire. Alors que 44 000 hectares ont déjà brûlé, davantage qu’en 2022, année noire où plusieurs brasiers avaient ravagé le sud-ouest de la France, des milliers de sapeurs-pompiers bravent les flammes nuit et jour depuis des semaines. Au péril de leur vie. Et tous témoignent du même ressenti : les corps lessivés, la fatigue, physique mais aussi mentale.
Qu’ils se rassurent. Comme le répète à l’envi Laurent Nuñez, « les moyens aériens sont suffisants ». Vraiment ? Dans une liste à la Prévert, le ministre de l’Intérieur a égrené le matériel disponible : 12 Canadair, 10 hélicoptères bombardiers d’eau, six avions Air Tractor bombardiers d’eau, huit Dash… Sauf que, sur le terrain, le compte n’y est pas.
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D’après un document de la sécurité civile, seuls huit des 12 Canadair de la flotte étaient disponibles mardi 21 juillet au soir. Et sept Dash sur huit. Deux Beechcraft sur trois et quatre hélicoptères bombardiers d’eau seulement. Et ne parlons pas des quatre nouveaux Canadair promis par Emmanuel Macron depuis 2022… Les premiers ne seront livrés qu’en 2028.
En attendant, on nous promet l’arrivée « prochaine » – « d’ici à fin juillet » – de l’A400M, un avion de transport de l’armée de l’air converti en bombardier d’eau de haute capacité, équivalent à trois Canadair. D’ici là, combien d’hectares auront encore brûlé ? Faudra-t-il voir tomber d’autres soldats du feu ? Huit pompiers sont déjà morts en intervention pour la seule année 2026, contre six l’an dernier…
Dans son dernier rapport, le Haut Conseil pour le climat indiquait que la surface propice aux feux de forêts a plus que doublé par rapport à la fin du siècle dernier. C’est un fait établi. Il faut donc s’adapter pour pouvoir anticiper. Mais, pour s’adapter, il faut des moyens. Le gouvernement aura été prévenu : gare au retour de flammes.
Alexandra Chaignon
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