Dans un communiqué, le général Vladimir Padrino Loez a reconnu Delcy Rodriguez comme présidente par intérim du Venezuela et annoncé que des membres de la garde présidentielle avaient été tués lors du kidnapping par les forces spéciales américaines. La nouvelle dirigeante en appelle à des relations « équilibrées et respectueuses » et a annoncé la création d’une commission pour la libération de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Donald Trump a lui affirmé dimanche que ce sont les États-Unis qui dirige le Venezuela.
le 5 janvier 2026
L’armée vénézuélienne a reconnu dimanche la vice-présidente Delcy Rodriguez comme présidente par intérim du pays, a annoncé le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Loez, au lendemain de la capture du président Nicolás Maduro par l’armée américaine.
Lisant un communiqué, le général a cité la décision de la Cour suprême ordonnant à Delcy Rodriguez d’assumer le pouvoir pendant 90 jours. Il a appelé dimanche ses compatriotes à « reprendre leurs activités » et ne pas « céder à la peur », au lendemain de l’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis.
« J’appelle le peuple du Venezuela à reprendre ses activités économiques, professionnelles et de toute nature, ainsi que ses activités éducatives dans les prochains jours, et la patrie à se remettre sur ses rails constitutionnels », a déclaré le ministre, exhortant la population « à la paix, à l’ordre, à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer ».
« Nous invitons le gouvernement américain à travailler conjointement à un agenda de coopération, axé sur un développement partagé dans le cadre du droit international afin de renforcer une coexistence communautaire durable », a de son côté déclaré Delcy Rodriguez, plaidant pour des relations « équilibrées et respectueuses » après avoir réuni son premier Conseil des ministres.
« Elle payera plus cher que Maduro »
Le ministre de la Défense a également dénoncé l’assassinat de « sang froid » d’une partie de l’équipe chargée de la protection de Nicolás Maduro lors du kidnapping.
Si les États-Unis ne se sont pas frontalement opposés à sa nomination, Trump n’a pas tardé à mettre Delcy Rodriguez en garde. « Elle payera plus cher que Maduro (si elle) ne fait pas ce qu’il faut », a-t-il lâché vindicativement dans une interview au magazine The Atlantic. Avant de tempérer ses propos : « Reconstruire le pays n’est pas une mauvaise chose », a-t-il affirmé, s’appuyant sur sa « faillite ». « C’est une catastrophe dans tous les domaines ».
Dimanche, le locataire de la Maison Blanche a confirmé ses velléités de contrôle. « On a affaire à des gens qui viennent d’être investis. Ne me demandez pas qui est aux commandes, car je vous donnerai une réponse qui sera très controversée », a tranché le président américain dans la soirée à bord de son avion Air Force One. Avant de préciser, face à l’insistance des journalistes : « Cela signifie que nous sommes aux commandes. »
« Président Donald Trump, nos peuples et notre région méritent la paix et le dialogue, pas la guerre. Cela a toujours été le message du président Nicolás Maduro, et c’est le message de tout le Venezuela en ce moment. C’est le Venezuela auquel je crois et j’ai dédié ma vie. Je rêve d’un Venezuela où tous les bons Vénézuéliens peuvent se réunir. Le Venezuela a droit à la paix, au développement, à la souveraineté et à un avenir », a répliqué dans la foulée Delcy Rodriguez qui a également annoncé la création d’une commission pour la libération de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Elle sera présidée par Jorge Rodriguez, président de l’Assemblée nationale, et le ministre des affaires étrangères, Ivan Gil.
Washington prêt à travailler avec elle… sous conditions
De son côté, le chef de la diplomatie américaine, interrogé sur CBS, a déclaré que Washington serait disposé à collaborer avec la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez et avec d’autres dirigeants encore en place, tout en précisant : « à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font ».
Le décryptage n’a pas tardé à suivre : « s’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les États-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. »
Alors que Marco Rubio a répété que les États-Unis ne voulaient plus intervenir directement dans les affaires politiques de pays tiers, comme en Irak ou en Afghanistan, Donald Trump, lui, n’a pas caché son intérêt pour les vastes
ressources pétrolières du Venezuela. Le président américain a affirmé ce samedi qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à les exploiter.
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