Lu sur La course au profit fait reculer la biodiversité - L'Humanité
En Colombie on débat sur la préservation de la biodiversité. Mais les surfaces de la forêt amazonienne reculent au profit d la production de cocaïne et de l’extension de l’élevage bovin. En France, le projet de budget du gouvernement réduit de moitié celui de l’Office National des Forêts (ONF). Dans un texte rendu public le 18 octobre le PCF s’oppose à cette orientation et propose un autre financement.
le 25 octobre 2024

Tandis que la COP 16 consacrée à la biodiversité se déroule jusqu’au 1er novembre à Bali en Colombie, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU déclarait dès le dimanche 20 octobre que « nous ne sommes pas sur la bonne voie pour préserver la biodiversité dans le monde ». De son côté, le quotidien « Le Monde » publiait dans son édition du 22 octobre un reportage centré sur la déforestation en Colombie pour produire de la cocaïne dont une bonne partie est vendue en Europe – mais aussi de la viande bovine pour l’exportation.
Le même jour, dans un article titré « Les banques peinent à quantifier l’impact de leurs financements sur la biodiversité « Les Échos » citaient un Cabinet de conseil selon lequel « les outils pour que la biodiversité entre dans le processus de décision des banques sont encore très loin d’être matures ». Car « la biodiversité touche aux écosystèmes, mais aussi aux espèces qui les composent et les enjeux sont par ailleurs localisés. On ne peut pas agréger les données aussi simplement que pour le carbone ».
En France, pendant que se déroule la Cop 16 de Bali sur la biodiversité, le gouvernement veut réduire pour 2025, la dotation budgétaire de l’Office National des Forêts (ONF) de moitié. Dans une déclaration rédigée avec l’aide de sa « Commission Terre-Mer » le Parti communiste Français critiquait vivement ce projet de réduction budgétaire le 18 octobre en ces termes : « Les communistes s’associent aux organisations syndicales de l’ONF et aux élus locaux – à l’image de la Fédération nationale de communes forestières – qui s’inquiètent de cette nouvelle réduction des moyens. Il en va de la capacité de l’Office à remplir les missions de service public qui lui sont assignées (…) Ainsi, en réduisant les moyens humains attribués à l’ONF, l’État est coupable d’inaction criante face aux effets toujours plus spectaculaires du dérèglement climatique ».
Léguer une forêt en bonne santé aux générations futures
Les énormes dégâts causés en France par les tempêtes et les inondations de ce mois d’octobre sont aussi de nature à faire reculer la biodiversité. Voilà aussi pourquoi « le Parti communiste français défend une tout autre ambition pour l’Office national des forêts, voyant cet établissement comme la pierre angulaire d’un véritable service public forestier. Ce dernier ferait une large place aux collectivités locales qui possèdent près de 16 % de la forêt métropolitaine. La dotation globale de fonctionnement des communes forestières mériterait d’être revalorisée à des fins d’investissement (régénération, cloisonnement d’exploitations ect) où l’ONF jouerait tout son rôle de gestionnaire aux côtés des élus locaux. Au regard des évolutions climatiques récentes et à venir, les investissements de plantation seront d’autant plus importants, avec l’enjeu de relever le défi de la fragilisation des écosystèmes forestiers afin de léguer une forêt en bonne santé aux générations futures ».
Ce n’est donc pas le moment de faire des coupes dans le budget de l’ONF. Là encore, le PCF formule une proposition originale en ces termes : « Pour parvenir à ces objectifs ambitieux, les communistes proposent de recruter et pré-recruter 1 000 agents de l’ONF par an pendant 5 ans afin de revenir, d’ici 2030, aux effectifs des années 2000. Cela demandera d’augmenter immédiatement les moyens alloués à la formation de futurs techniciens et ingénieurs forestiers de demain. Le PCF défend également une ambitieuse politique de titularisation des agents contractuels pour leur permettre d’accéder au statut de fonctionnaire. Ces dépenses nouvelles seraient financées par un fonds de développement européen des services publics, alimenté par la création monétaire de la Banque centrale européenne et défendu de longue date par les communistes ».
Sortir de la recherche prioritaire du profit
De son côté, l’association « Canopée » dénonçait lors d’une conférence de presse tenue le 22 octobre le projet de division par deux « des aides budgétaires à la filière forêt-bois par rapport à 2025. Au total, elles passeraient de 509 millions d’euros en 2024 à 228 millions en 2025 ». Selon Bruno Doucet chargé de campagne pour les forêts françaises pour Canopée, « le projet de budget du gouvernement pour la forêt est bâclé. Il divise par deux les aides à la filière et ne fixe pas de cap clair. Les petites scieries comme les entreprises de travaux forestiers sont livrées à elles-mêmes : le gouvernement mise tout sur le plan de renouvellement, une politique publique inefficace, critiquée par la Cour des Comptes et décriée par les associations. Il est temps de proposer une véritable réflexion pour la filière forêt-bois, même à budget réduit », affirmait Bruno Doucet.
Fondé sur la recherche prioritaire du profit les plus élevés possible dans les délais les plus courts possibles, le fonctionnement du capitalisme mondialisé alimente en permanence le réchauffement climatique en cours et fait reculer la biodiversité en même temps. Pour preuves nous observons simultanément une croissance de la consommation de pétrole malgré la mise en nombre croissant des voitures électriques sur le marché mondial tandis que l’utilisation du charbon ne diminue pas pour produire de l’électricité à travers le monde.
Gérard Le Puill
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