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Lu sur « En Île-de-France, la droite de Valérie Pécresse prévoit des coupes budgétaires astronomiques », alerte Céline Malaisé (PCF) - L'Humanité (humanite.fr)

« En Île-de-France, la droite de Valérie Pécresse prévoit des coupes budgétaires astronomiques », alerte Céline Malaisé (PCF)

Les élus communistes d’Île-de-France se sont procuré la lettre de cadrage budgétaire envoyée aux vice-présidents du Conseil régional qui annoncent des coupes de l’ordre de 15 % sur le fonctionnement et de 20 % sur les investissements. Une « austérité inédite » dont les conséquences seront désastreuses pour les Franciliens, alerte la présidente du groupe, Céline Malaisé.

le 28 août 2024

Julia Hamlaoui

C’est un document qui aurait dû rester confiné dans les bureaux du Conseil régional d’Île-de-France, mais auquel les élus communistes franciliens ont eu accès. Une lettre de cadrage adressée aux vice-présidents de Valérie Pécresse en vue de l’élaboration du prochain budget qui en dit long sur le sort réservé par la droite aux services publics avec des coupes budgétaires d’une ampleur jusque-là « jamais vue », alerte la présidente du groupe de la Gauche communiste, écologiste et citoyenne, Céline Malaisé.

Vous dénoncez une « cure d’austérité inédite » à venir en Île-de-France, en quoi consiste-t-elle ?

Nous sommes dans la période des arbitrages budgétaires. Évidemment, en l’absence de loi de Finances, la question des recettes pour les collectivités territoriales reste une inconnue. Mais ce que nous savons, c’est qu’une lettre de cadrage annonçant des économies et des coupes inédites a été envoyée à l’ensemble des vice-présidents de la région Île-de-France.

De l’ordre de 15 % pour les dépenses de fonctionnements pour l’année 2025 et de 20 % pour les dépenses d’investissement. Cela représente des sommes astronomiques, jamais vues dans les deux mandatures de Valérie Pécresse, soit depuis 2016 : jusqu’à 380 millions d’euros disparaîtraient en fonctionnement et jusqu’à 350 millions d’euros en investissement.

Dans cette lettre de cadrage, nous apprenons que certaines dépenses seront sanctuarisées notamment la contribution de la région à Île-de-France Mobilité, les dépenses concernant les formations sanitaires et sociales, et l’investissement dans les lycées. Ce seraient donc les autres secteurs qui porteraient à eux seuls ces coupes extrêmement lourdes et qui auront des conséquences concrètes dès l’année 2025.

Quelles seraient ces conséquences pour la vie quotidienne des Franciliens ?

Nous en avons déjà eu un petit aperçu en 2024. Par exemple, 20 millions d’euros ont été alors coupés pour l’accès aux savoirs de base des personnes en parcours d’insertion. Ce budget comptait aussi 1,7 million de moins pour l’aide alimentaire mais également presque 23 millions de moins pour le développement économique et l’innovation. Cette fois nous serions dans un ordre de grandeur beaucoup plus important. Ce qui aura bien sûr des conséquences sur le fonctionnement des services publics régionaux comme les lycées.

Les tarifs de la cantine ont déjà augmenté de 7,5 % à la rentrée 2023 pour une famille franciliennes sur deux, elles les verront de nouveau s’élever de 2 % pour 9 tranches sur 10 au 1er septembre 2024. On peut imaginer, par exemple, qu’ils augmenteront encore en 2025 si la cure d’austérité est aussi importante que ce qu’imagine aujourd’hui la droite régionale.

En début de cette semaine marquée par le début des Jeux paralympiques, Valérie Pécresse a, pourtant, annoncé des investissements pour rendre accessible l’ensemble du métro aux personnes en situation de handicap…

Le problème, c’est que Valérie Pécresse fait souvent pleuvoir les milliards d’euros – si on a la mémoire un peu longue, on se souvient du milliard d’euros pour le Val-d’Oise, d’un autre pour la santé, de deux pour l’environnement – mais en termes de concrétisation, c’est plus compliqué. Or concernant cette annonce sur l’accessibilité du métro, cela ne peut pas être une promesse en l’air car tellement de personnes l’attendent que ce serait vraiment déflagrateur.

 

Sauf que pour l’instant ça ne rentre pas dans un budget. D’autant plus que le montant nécessaire est estimé à entre 15 et 20 milliards au bas mot, portés à un tiers par la région, un tiers par l’État – qui pour l’heure ne répond pas -, et un tiers par le bloc local – principalement la ville de Paris. Entre la réalité de la lettre de cadrage et les annonces de Valérie Pécresse, il y a un gouffre financier dans lequel toutes les promesses peuvent devenir des désillusions dommageables pour la vie démocratique déjà bien en lambeau. C’est aussi pour cela, que nous avons voulu tirer la sonnette d’alarme.

Alors que les collectivités font face à des moyens toujours plus restreints, que proposez-vous pour éviter une telle cure d’austérité ?

Cette situation est le résultat de choix politiques. Certes, l’État resserre les finances des collectivités territoriales mais Valérie Pécresse, depuis qu’elle est à la tête de la région, a remboursé de manière anticipée les banques à des moments où les taux d’emprunt étaient très faibles voire négatifs et alors que rien ne l’y obligeait. Elle a aussi décidé de dépenses extra légales pour les lycées privés, à hauteur de 13 millions en 2024. Ou de dépenses hors compétences régionales comme pour le bouclier sécurité, ainsi que l’a rappelé le préfet.

Certains des choix faits sont aussi des boulets budgétaires. Quand la région a déménagé à Saint-Ouen, la droite régionale a refusé d’acquérir le nouveau siège. En conséquence, elle paie des loyers aux propriétaires – la BNP Paris Bas et un fonds d’investissement Sud Coréen -, jusqu’en 2031 cela représentera un surcoût de 395 millions d’euros par rapport à un achat.

Dans ce contexte, nous alertons sur les dangers d’une année extrêmement austéritaire si les orientations dessinées par la lettre de cadrage se concrétisent, et nous nous tenons prêts à des mobilisations pour défendre le service public. Une refonte fiscale serait également nécessaire pour abonder les services publics locaux, ce que ne souhaitent pas faire les droites au niveau national mais ce que propose le Nouveau Front populaire.

De ce point de vue, Valérie Pécresse aura beau jeu de se réfugier le cas échéant derrière la contrainte de l’État puisqu’elle ne propose pas autre chose, considérant même que la Macronie crame la caisse.

 

 

Tag(s) : #Finances publiques
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