On se doutait que le « quoiqu’il en coûte » servirait un jour ou l’autre de justification à un énième tour de vis budgétaire. Avec la remise du rapport annuel de la Cour des comptes au président de la République, ce 15 juillet, l’occasion était belle pour Emmanuel Macron et Laurent Fabius de mettre en scène ce qui n’est une surprise pour personne : le retour à l’orthodoxie libérale.
Un pas de deux soigneusement chorégraphié, où le président de l’institution de la rue Cambon alerte sur « la dégradation des finances publiques », tandis que le chef de l’État joue les bons élèves en promettant le « sérieux budgétaire ».
« Revenir au sérieux budgétaire »
Nul besoin pour Laurent Fabius de convaincre un exécutif déjà acquis à cette cause. Lors de son allocution du 14 juillet, Emmanuel Macron a rappelé à plusieurs reprises la nécessité de « revenir au sérieux budgétaire » après l’épisode de la crise sanitaire due au Covid-19, arguant « qu’augmenter les impôts n’est pas une option ». Il faut comprendre ici : augmenter les impôts des riches, rétablissement de l’ISF ou imposition à taux fixe de 30 % de tous les revenus du capital (la fameuse flat tax) instauré dès le début du quinquennat précédent.
Un manque à gagner que pointe d’ailleurs le rapport de la Cour des comptes, qui déplore également le manque la suppression de la taxe d’habitation – que percevaient les communes – et la réduction de 50 milliards des impôts sur les entreprises. Mais le chef de l’État, ce jeudi, a instillé l’idée que le « sérieux budgétaire » servait à financer « la santé prise en charge », « l’école gratuite » et « les services publics dans lesquels on va continuer à investir ».