Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lu sur Mobilisations. Dans la manifestation, à Paris, l’escalade militaire n’est pas écartée | L'Humanité (humanite.fr)

Plusieurs milliers de manifestants contre la guerre en Ukraine se sont rassemblés, ce samedi après-midi, dans les rues de Paris. Une partie d’entre eux se sont retrouvés sur la place Denfert-Rochereau à l’appel du Mouvement de la Paix, des organisations syndicales (CGT, FSU et Solidaires), du PCF et du NPA notamment. Mais le plus grand nombre a défilé entre la place de la République et celle de la Bastille. Dans ce cortège, bien plus dense que les précédents organisés ces derniers jours, mais encore loin d’atteindre le niveau des rassemblements à Berlin, à Prague ou même Zürich, le slogan « Poutine, assassin » fait l’unanimité. Il a été scandé d’un bout à l’autre par les membres de la diaspora ukrainienne, avec leurs couleurs nationales, le bleu et le jaune, peinturlurées sur les joues ou sur les pancartes, mais aussi par quelques Russes dénonçant la guerre menée par leur pays et, bien sûr, par des Parisiens de toutes origines descendus spontanément dans la rue.

Dans la foule, avant que l’hymne national ukrainien ne résonne à la Bastille en présence de l’ambassadeur et des dirigeants du PS, EELV, LaREM et LR - dont Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Rachida Dati -, beaucoup réclament la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine. « Otan, fermez le ciel », intime une jeune femme. « Mettez en place une zone d’exclusion aérienne ou commencez à vous demander quel sera le prochain pays sur la liste de Poutine », lance un autre.

Appel à « manifester en masse »

Réclamée depuis quelques jours par Volodymyr Zelensky qui, comme il le fait depuis le début de l’offensive russe, avait lancé un appel à « manifester en masse » à destination des opinions publiques occidentales, la zone d’exclusion aérienne servirait, à ses yeux, à rééquilibrer les forces en présence. « Il y a eu un sommet de l’Otan, un sommet faiblard, un sommet confus, un sommet où tout le monde n’a pas l’air de bien comprendre que la bataille pour la liberté de l’Europe doit être l’objectif numéro un, a accusé le président ukrainien dans la nuit de vendredi à samedi. Tous les gens qui vont mourir à partir d’aujourd’hui vont mourir aussi à cause de vous. À cause de votre faiblesse, de vos divisions… Aujourd’hui, l’état-major de l’Otan a donné le feu vert à de nouveaux bombardements à cause de son refus de mettre en place une zone d’exclusion aérienne. » Ce samedi, Oleksii Reznikov, le ministre de la Défense ukrainien, a tenté une autre approche. « Si le bombardement des femmes et des enfants ne constitue pas un argument pour vous, alors souvenez-vous de Tchernobyl en 1986, lance-t-il. Le nuage nucléaire était allé jusqu’à l’est des États-Unis… À Zaporizhzhia, il y a six réacteurs, donc la question, c’est : le monde est-il prêt à une catastrophe six fois plus importante ? On nous dit par ailleurs qu’en cas de mise en place d’une zone d’exclusion aérienne, cela déclencherait une guerre nucléaire, mais pour nous, il est évident que cette guerre est là, déjà… Les Russes viennent de la déclencher en attaquant la centrale. »

Après avoir commencé des livraisons d’armes à l’Ukraine - sans doute plus symboliques qu’autre chose, à ce stade -, les Occidentaux refusent de faire le pas supplémentaire dans l’escalade. Samedi après-midi, après l’Otan et la Maison-Blanche la veille, c’est le général Mark Milley, chef d’état-major américain, qui a écarté la demande pressante des autorités ukrainiennes. « Si une zone d’exclusion aérienne était déclarée, quelqu’un devrait la faire respecter, rappelle-t-il.  Il faudrait alors qu’on y aille et qu’on combatte activement les forces aériennes russes. Ce n’est pas une chose que le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg ni aucun haut responsable politique des États membres ont dit vouloir faire. »

Le mouvement pacifiste italien se réveille

De son côté, Vladimir Poutine a, lui, menacé une fois de plus : la Russie considérerait comme cobelligérant tout pays tentant d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de l’Ukraine. Le chef du Kremlin en rajoute, avertissant qu’à ses yeux, les Occidentaux sont déjà entrés dans la guerre contre la Russie en imposant leurs sanctions économiques.

Au bout de cette nouvelle journée de vertiges face à l’escalade belliciste, c’est de Rome que parviennent quelques signes moins mortifères. Dans la capitale italienne, le mouvement pacifiste italien, si puissant contre la guerre en Irak, est en train de se réveiller. Une manifestation à l’appel des ONG et des syndicats a rassemblé des dizaines de milliers de personnes ce samedi. « On n’arrête pas la guerre avec d’autres guerres et en envoyant d’autres armes au peuple ukrainien, lance Maurizio Landini, le secrétaire général de la CGIL, la plus puissante confédération syndicale italienne. On arrête la guerre en envoyant en Ukraine l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui est née après la Seconde Guerre mondiale pour empêcher le déclenchement des autres guerres. C’est le moment de faire des tractations diplomatiques, c’est le moment, au contraire, de désarmer ! »

Tag(s) : #Paix
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :