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Habitat. Les HLM, dernier rempart contre la crise du logement
Mardi 28 Septembre 2021

Alors que s’ouvre ce mardi à Bordeaux le 81e congrès du mouvement HLM, le secteur fait face à une demande accrue et de plus en plus paupérisée. Problème : la politique mise en place depuis le début du quinquennat freine la construction.

 

Les acteurs du logement social, qui se réunissent à partir de ce mardi à Bordeaux pour leur 81e congrès, ont tenu à rappeler une évidence : entre la hausse généralisée des prix et la paupérisation, ils sont les seuls à pouvoir loger des pans entiers de la population. « À un moment où certains pensent qu’on peut régler la question de l’accès au logement par la seule loi de l’offre et de la demande, il nous semble nécessaire de rappeler la réalité des besoins. Il y a 2,2 millions de ménages en attente de logement social, dont 1,75 million de nouveaux demandeurs. En huit ans, la demande a crû de 20 %, quand la population française n’a augmenté que de 2,8 % », a rappelé, lors d’une conférence de presse, Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui regroupe l’ensemble des organismes HLM.

Un discours politique hostile à la construction de HLM

La demande ne fait pas qu’augmenter. Les candidats à un logement social sont aussi de plus en plus pauvres. Bien que plus de la majorité travaillent, 75 % d’entre eux ont des revenus en dessous du plafond fixé pour accéder aux HLM les moins chers (Plai), soit 13 268 euros pour une personne seule en Île-de-France et 11 531 euros dans le reste de l’Hexagone. 40 % sont en dessous du seuil de pauvreté. Conséquences d’autres évolutions sociétales, un quart d’entre eux sont des familles monoparentales et 45 % des personnes isolées.

Cette urgence sociale n’empêche pas le gouvernement de traiter le secteur comme une vache à lait. Entre la hausse de la TVA et les réductions de loyers, imposées pour compenser la baisse des aides au logement, près de 8 milliards d’euros leur ont été pris depuis 2018 pour renflouer le budget de l’État. Entre cette contrainte financière et un discours politique hostile à la construction, surtout de HLM, la production a plongé. En 2020, les mises en chantier ont atteint 70 500 et moins de 90 000 nouveaux logements ont été agréés, loin des 110 000 souhaités. La baisse a été encore plus sensible dans les métropoles, là où pourtant se concentrent les demandeurs, à proximité des bassins d’emploi.

Renforcer l’aide aux maires bâtisseurs

Le secteur est aussi en proie à des injonctions contradictoires. « D’un côté, Nadia Hai, ministre déléguée chargée de la Ville, nous reproche d’abriter des quartiers trop paupérisés, et en mai 2021 une circulaire demande de limiter la production de logements sociaux dans les communes qui comptent déjà plus de 40 % de Plai. De l’autre, on nous dit que nous n’accueillons pas assez de pauvres », relève Emmanuelle Cosse. Conspués et essorés financièrement, les HLM sont pourtant sollicités également pour la rénovation énergétique et urbaine.

Le secteur a des propositions pour relancer la construction, au-delà du protocole signé en mars avec le gouvernement, portant un objectif difficilement atteignable de 250 000 nouveaux HLM en deux ans. Outre la fin des prélèvements, l’USH suggère des outils fiscaux pour « encourager la mise sur le marché des terrains », dont le manque de disponibilité constitue un frein majeur. Pour motiver les collectivités, la commission présidée par le maire socialiste de Dijon, François Rebsamen, a récemment suggéré à l’État de renforcer l’aide aux maires bâtisseurs, supprimée en début de quinquennat, et de compenser intégralement la perte fiscale liée au renoncement à la taxe foncière sur les logements sociaux. Chacun s’accorde aussi sur la nécessité d’un discours politique offensif, pour réhabiliter les HLM et mieux faire comprendre leur rôle central pour répondre à la crise du logement.

Tag(s) : #Logement
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