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Lu sur https://www.humanite.fr/lyceens-mis-genoux-mantes-la-jolie-une-instruction-ouverte-pour-torture-688835
Jeudi, 7 Mai, 2020
Lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie : une instruction ouverte pour « torture »

Plus d’un an après les arrestations humiliantes des 152 lycéens de Mantes-la-Jolie, un juge va enquêter notamment sur des accusations de «torture par personne dépositaire de l’autorité publique». 

 

Dans l’affaire des lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie (Yvelines), une information judiciaire a été ouverte des chefs de « torture par personne dépositaire de l’autorité publique »; « torture sur mineur de 15 ans », « atteinte arbitraire à la liberté par personne dépositaire de l’autorité publique », « violence aggravée » ; « diffusion sans son accord d’une personne identifiable menottée et mise en cause pénalement ». Cet acte fait suite à la plainte avec constitution de partie civile déposée contre X début décembre 2019 par l’un des jeunes. La désignation d’un juge d’instruction a été requise en mars par le parquet de Nanterre.

« Voilà une classe qui se tient sage ! »

La scène s’était déroulée le 6 décembre 2018, aux abords des lycées Saint-Exupéry et Jean-Rostand, situés à proximité de la cité du Val-Fourré. 152 jeunes de 12 à 21 ans ont été mis en rang, agenouillés à même le sol plusieurs heures, mains sur la tête, entravés, encadrés par des policiers armés de matraques et de boucliers. « Voilà une classe qui se tient sage ! », avait lâché, fièrement, un fonctionnaire filmant les jeunes. Ils sont ensuite placés en garde-à-vue, certains sont relâchés le jour-même, d’autres le lendemain. La majorité d’entre eux écope d’un simple rappel à la loi.

Quelques jours après la diffusion de la vidéo, ayant suscité l’indignation aux quatre coins du monde, des lycéens, ainsi que l’Union nationale lycéenne (UNL), déposent plainte pour  « atteinte à la liberté individuelle, violence n’ayant pas entraîné une ITT, actes de torture, et diffusion illégale de l’image d’une personne identifiée ou identifiable ». Saisi par la juridiction des Hauts-de-Seine, où le dossier a été dépaysé, l’IGPN bâcle l’enquête. Sur les 152 lycéens, seulement trois jeunes ont été auditionnés par ses services, cinq mois après le dépôt des plaintes.

L’enquête va enfin commencer

Pour le parquet de Nanterre, ces arrestations dégradantes et arbitraires ne posent pas plus de problèmes que cela. Le 24 juillet 2019, la juridiction classe sans suite l’enquête de l’IGPN ouverte après les plaintes. Les infractions « d’atteintes à la liberté » et « d’actes de torture » ? « Il n’y a pas d’éléments », estime le parquet. Concernant les violences commises sur les jeunes, elles n’ont pas pu être retenues «faute d’avoir pu identifier leurs auteurs». 

Suite à l’ouverture d’une information judiciaire, plus d’un an après les faits, l’enquête va enfin commencer. Pour l’avocat de plusieurs familles, Arié Alimi, les conditions d’arrestation particulièrement humiliantes à l’égard de ces mineurs correspondent « à la qualification de torture qui est donnée par la Cour européenne des droits de l’Homme sur les traitements inhumains et dégradants ». « Il y a la fois une torture psychologique et physique du fait de la posture », précise-t-il.

Tag(s) : #démocratie
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