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Élysée. Emmanuel Macron entre omissions et petits arrangements
Service Politique
Mardi, 17 Avril, 2018
L'Humanité

Interrogé près de trois heures dimanche soir, le chef de l’État s’est livré à un plaidoyer de son action où les petits accommodements avec la réalité côtoyaient de grosses lacunes et des oublis volontaires. Florilège.

SNCF : un capital vraiment incessible ?

Emmanuel Macron l’assure : dans la réforme en cours, la SNCF sera « une entreprise publique, je le dis, je le clarifie, je le dis solennellement » et il ajoute, « avec des titres incessibles ». Or, la loi en discussion ne le stipule pas formellement. Pour la ministre Élisabeth Borne, justifiant de retoquer un amendement FI : « Quand on parle d’un capital intégralement détenu par l’État, cela me semble, par construction, incessible. » Abus de langage en réalité, inscrire « incessible » dans le texte étant la garantie qu’à l’avenir le statut public ne puisse être modifié, comme l’ont connu France Télécom et d’autres entreprises publiques, depuis privatisées.

Hôpital : austérité et économies en douce

« L’argent, on le trouve pour nos priorités », assure Macron, quand un peu plus tard, au cours de l’émission, est évoqué le 1,6 milliard d’euros d’économies demandées aux hôpitaux. « Une moindre augmentation » qu’attendu, répond Macron, qui promet : « pas d’économies sur l’hôpital durant le quinquennat ». Or, objecte le député PCF Pierre Dharréville, « le budget 2018 des hôpitaux est inférieur à l’augmentation mécanique des dépenses » : ça commence mal. Pour financer la prestation dépendance, le président évoque également la piste, de créer une seconde « journée de solidarité » : en clair, supprimer un nouveau jour férié, sur le modèle du lundi de Pentecôte.

Asile et immigration : un président hors-sol

En réponse aux critiques sur le texte dont l’examen a débuté hier à l’Assemblée, Emmanuel Macron a défendu un projet qui « respecte » selon lui le droit à l’asile, mais permettra de reconduire les déboutés « plus rapidement » ; ne trouvant au passage pas choquant l’expression de « submersion migratoire » employée par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, directement empruntée à l’extrême droite. Les députés « sont libres », a-t-il de plus assuré, quand le patron des élus LREM, Richard Ferrand, a menacé d’exclusion ceux de son groupe qui voteraient contre la loi. Seule ouverture, une « adaptation » du « délit de solidarité », mais pas sa suppression.

Le verrou de Bercy : fermé à double tour

Emmanuel Macron a défendu la mainmise de l’administration fiscale sur les poursuites pour fraude fiscale. Selon lui, « la France est un des pays où l’on recouvre le mieux contre les fraudeurs ». Le président de la République ajoute qu’en soustrayant les fraudeurs à la justice, cela permet de plus grandes rentrées fiscales. Sauf que s’il n’y a aucun risque de privation de liberté, alors le jeu de la fraude en vaudra toujours la chandelle…

Syrie : légitimité contre légalité

« Vous savez pourquoi il a parlé de légitimité ? Parce qu’il ne pouvait pas parler de légalité. » Le responsable PS Emmanuel Maurel résume bien l’ambivalence du chef de l’État au sujet des bombardements en Syrie. Emmanuel Macron, qui a affirmé dimanche avoir convaincu Donald Trump de rester en Syrie, s’est attiré un démenti cinglant de la Maison-Blanche, répliquant que Trump voulait voir les soldats américains rentrer rapidement…

fiscalité : Des  gestes … aux seuls riches

Le Cice, soutient encore Macron, ce « n’est pas un cadeau. (…) Quand on empêche les gens de réussir,ils vont réussir ailleurs ». « Flat tax » avantageuse pour le capital et quasi-disparition de l’ISF n’en seraient pas non plus… « J’assume les gestes fiscaux, explique Emmanuel Macron, quand l’argent est réintroduit dans l’économie ».

Alors qu’il n’est nulle part prévu de vérifier que les 7 milliards d’euros en tout reversés aux plus riches, selon les calculs d’Attac, se retrouveront dans l’économie réelle.

Enfin, le président, qui fait des « plus vulnérables de la nation » sa priorité, « entend les colères » tout en réfutant la moindre « coagulation » des mécontentements sociaux. Transmis aux retraités, cheminots, étudiants, personnels hospitaliers, avocats ou défenseurs du droit d’asile.

Tag(s) : #Macronneries
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