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Jaures Assassiné

 

Lu sur http://www.legrandsoir.info 

 

31 juillet 2011

« Nous ne voudrions déterminer personne à l’assassinat politique, mais que Jean Jaurès soit pris de tremblements ! ».

97ème anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès

Jean-Pierre DUBOIS

 

Dirigeant du Parti socialiste de l’époque, député de la ville minière de Carmaux, fondateur du journal L’Humanité, Jean Jaurès consacre les dix dernières années de sa vie à lutter contre la venue de la guerre qu’il pressent.

Dans un discours à la Chambre, le 7 mars 1895, il explique le refus des socialistes de voter le budget du Ministère de la Guerre :

 

« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possèdera les grands moyens de production et d’échange [...] tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. C’est de la division profonde des classes et des intérêts dans chaque pays que sortent les conflits entre les nations. [...] Toujours votre société violente et chaotique [...] porte en elle la guerre comme la nuée dormante porte l’orage ».

 

Le 23 janvier 1903, à la Chambre, il avertit :

 

« Dans les Balkans, les grandes puissances jouent avec les délires nationalistes et les rivalités ethniques ou religieuses les plus barbares. L’Allemagne ne supporte plus notre soif de revanche et le chauvinisme de nos nationalistes. L’allié russe risque de nous entraîner plus loin que nous le voudrions... ».

 

Le Pré-Saint-Gervais, 25 mai 1913 : Discours de Jaurès contre la loi rétablissant le service militaire à 3 ans.

 

La presse bourgeoise se déchaîne contre lui, l’accuse de collusion avec l’Allemagne. On l’appelle « Herr Jaurès ». A la Chambre, il est hué par les députés de la droite et de l’extrême-droite.

 

L’écrivain Charles Péguy écrit : « Dès la déclaration de la guerre, la première chose que nous ferons sera de fusiller Jaurès. Nous ne laisserons pas derrière nous ces traîtres pour nous poignarder dans le dos ».

 

Paul Déroulède titre un de ses articles dans le journal L’Action française : « TUER JAURES ». Quant à Léon Daudet, le 23 juillet 1914, une semaine avant l’assassinat de Jaurès, il écrit : « Nous ne voudrions déterminer personne à l’assassinat politique, mais que Jean Jaurès soit pris de tremblements ! ».

 

Le 28 juin 1914, c’est l’attentat de Sarajevo puis l’ultimatum autrichien à la Serbie. La Russie et l’Autriche mobilisent. Le 31 juillet, l’Allemagne présente un ultimatum à la France lui enjoignant de ne pas se solidariser avec la Russie. L’inexorable affrontement des impérialismes européens est en marche.

 

En fin de journée, Jaurès se rend au siège de L’Humanité pour préparer un article de mobilisation anti-guerre pour l’édition du 1er août. Auparavant, il sort dîner au café du Croissant, rue Montmartre, avec ses collaborateurs. Le groupe est assis, le dos à la fenêtre ouverte et séparé de la rue par un simple rideau. Une main s’avance, un scintillement, deux éclairs, deux claquements. Jaurès ne plaidera plus contre la guerre. Il est tué d’une balle dans la tête.

 

LA BOUCHERIE EUROPEENNE COMMENCE LE LENDEMAIN.

 

 La mort de Jaurès facilite le ralliement de la grande majorité des socialistes à l’Union sacrée. Le mot d’ordre de grève générale que les socialistes européens devaient opposer au déclenchement d’une guerre ne sera jamais appliqué.

 

Jean-Pierre Dubois (Le Petit Blanquiste).

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