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Lu sur http://www.cerisesenligne.fr/ 

 

Que Madame Lagarde ait décoché sa première flèche de patronne du FMI en direction du Parlement grec, dit la taille de l’enjeu. Appelant la droite grecque à contracter « une entente nationale » avec le PASOK au pouvoir, elle réitère la prescription dominante : « Il faut que les prêteurs se penchent au chevet de la Grèce, mais il faut que la Grèce se prenne en charge de manière responsable ». Derrière ces déclarations se met en place l’abandon de la souveraineté d’un pays et se confirme le mépris de la désespérance d’un peuple.

Depuis le premier « plan de sauvetage » concocté par l’Union européenne, la BCE et le FMI, le gouvernement et le parlement grecs sont sous la coupe d’une « troïka » tatillonne qui dicte les décisions. Parallèlement, les puissances ouest-européennes, françaises et allemandes notamment, multiplient les initiatives pour faire gagner du temps aux banques, de façon à « socialiser les pertes » prévisibles et reporter les dettes sur le peuple grec d’abord, et les autres peuples d’Europe ensuite.

Les oukazes de la « troïka » rappellent aux Grecs les conférences du XIXème siècle : les empires se partageaient les zones d’influence et déléguaient l’un des leurs avec titre royal et mission de « chargé d’affaires » à la tête de leur pays. Jamais les puissances occidentales n’ont accepté que la Grèce soit dotée d’un État digne de ce nom. Au besoin, c’est vers l’armée que se sont tournées ces mêmes puissances pour mâter toute velléité d’émancipation. Dans cette « démocratie limitée » se sont installées des dynasties politiques qui s’appuient sur un clientélisme minant la vie politique.

Les travailleurs et la jeunesse de Grèce n’ont pas manqué de protester contre les plans d’austérité à répétition. Et cette semaine encore, toutes les villes grecques ont été parcourues par des manifestations. Mais l’absence de débouchés de ces luttes est criante.

La mainmise de la social-démocratie grecque sur le mouvement syndical empêche d’envisager une lutte à la hauteur des attaques subies. Parallèlement, le PC grec maintient une ligne rigide qui l’isole du reste de la gauche combative ; laquelle se caractérise – là-bas aussi – par sa dispersion. Dans ce contexte, les mouvements de contestation ont un caractère quelque peu désespéré. Et nul ne peut exclure que tout ceci ne conduise au recours à un pouvoir autoritaire.

De quoi méditer sur la situation française. De la crise financière au pacte Euro-Plus, la question centrale va au-delà de la solidarité avec le peuple grec : il est urgent, en Grèce comme en France, que le peuple reconquiert toute sa place dans la direction des affaires publiques.

 

Tag(s) : #Débats
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