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Lundi 7 mai   

Les élections du 6 mai 2012 en Grèce

Qualifiées de "tremblement politique sans précédent", les élections du 6 mai en Grèce tournent définitivement la page de la métapolitevsi – le changement politique amorcé en 1974 à la chute de la dictature des colonels et poursuivi avec le bipartisme. Pendant plus de 30 ans, deux partis, la Nouvelle Démocratie (droite) et le PAS0K (socialiste), fondés sur le clientélisme, ont alterné au pouvoir en corrompant une partie de la population et dernièrement en cédant, avec la signature de deux mémorandums, des droits économiques et politiques au FMI, à l'Union européenne et à la BCE, et en imposant une dure austérité au peuple. Résultat : ces deux partis réunissent moins de 33% des suffrages (19% pour la droite et 13,5% pour le PASOK), contre plus de 77% en 2009. De ce fait, ils se trouvent dans l'impossibilité de former un gouvernement d'union nationale, comme l'exigent impérativement les bailleurs du pays, puisqu'à eux deux ils ne disposent que de 149 députés sur 300.

Ce n'est pas le seul fait marquant de ces élections. L'abstention – qui n'a pas attiré l'attention des observateurs – bat tous les records des dernières années et atteint le niveau de 35%, contre 30% en 2009, 26% en 2007...  La Gauche radicale, Syriza, tout en étant favorable au maintien de la Grèce dans la zone euro, a fait une campagne dynamique contre les mémorandums imposés par cette même Europe et le FMI. Cela lui a permis de quadrupler ses voix : elle passe de 4,6% à 16,8%, devançant le PASOK de plus de 3% et devenant ainsi le deuxième parti sur la scène politique. Ce score l'habilite, selon la Constitution, à proposer la formation d'un gouvernement si le parti qui a obtenu le plus de voix, la Nouvelle Démocratie, échoue à le faire (ce qui semble être le cas au soir du 7 mai). Mais il est peu probable que Syriza  réussisse mieux, même en envisageant une alliance avec deux autres partis à la fois anti-mémorandums et pro-européens : le parti des Grecs Indépendants, issu d'une scission de la droite, qui a créé la surprise en obtenant 10,6% des voix (il dénonce aussi fortement l'immigration) et la Gauche démocratique, issue d'une scission de Syriza,  dont le score est de 6%. Le total des sièges est insuffisant  et ces trois partis sont trop hétéroclites pour pouvoir se mettre d'accord sur un programme de gouvernement.

Quant au Parti communiste, le KKE, qui est pour un désengagement clair et argumenté de l'Union européenne, et pour le refus de payer la dette, il améliore très légèrement (de 1%) son score de 2009 en réunissant 8,4% des voix et obtient 26 sièges au Parlement.

Comme presque partout en Europe, l'extrême droite xénophobe, raciste et même néo-nazie fait une entrée plus que remarquée en Grèce. Chryssi Avyi, l'Aube dorée, nostalgique de la junte des colonels, qui n'avait jamais dépassé les 2,2%, dément toutes les prévisions en atteignant un menaçant 7% et en entrant ainsi au Parlement avec 21 députés. Fait significatif : lors d'une conférence de presse du chef de ce parti, appelé communément à Athènes "le petit Führer", ses gardiens du corps ont exigé des journalistes présents de se mettre debout lors de l'entrée de leur leader, en signe de respect... Seuls quelques journalistes ont quitté la salle...

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