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Assemblée Citoyenne du 29 novembre 2012 – Malakoff

Pour introduire notre discussion sur la définition d’axes concrets pour poursuivre et amplifier l’action du Front de Gauche sur Malakoff, le collectif vous propose de revenir sur les grandes caractéristiques de la situation politique de ces derniers mois afin de bien cerner, ensemble, les responsabilités qui sont les nôtres pour imposer une politique de progrès social, écologique et démocratique dans notre pays.

Jusqu’au printemps dernier, la droite a fait régner sur le pays une politique de régression radicale, cherchant à en finir avec les acquis des grands mouvements populaires, notamment ceux de la libération. Pour garder ce pouvoir, elle s’est de plus en plus engagée sur le terrain nauséabond de l’extrême-droite. Sa politique, sa bataille idéologique, faites de culpabilisation, de division, de volonté d’exacerber les différences parmi les couches populaires, ont entraîné en même temps vives résistances et profond fatalisme dans la société.

Mais cela n’a pas supprimé l’espoir dans un monde meilleur et c’est sur cet espoir, même si les contours en sont flous, que Sarkozy a été battu, in extremis, au printemps.

Dans cette victoire, avec le Front de Gauche, nous avons joué un rôle majeur en montrant les enjeux, en faisant grandir l’espoir et en donnant du contenu au changement avec notre programme « l’humain d’abord ». Les 4 millions de voix obtenues par notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, ont été déterminantes pour chasser le « président des riches » et faire gagner la gauche.

Toute une partie du peuple de gauche s’est peu à peu reconnue dans le Front de Gauche et l’a investie de son espoir. Progressivement, au fil des élections qui se sont déroulées depuis la création du Front de Gauche, nous avons réussi, ensemble, à faire grandir cette dynamique jusqu’à bousculer les plans préétablis de l’élection présidentielle en réalisant une large unité de forces anticapitalistes et anti libérales jusqu’ici très divisées.

Mais si nous avons, pour partie, réussi à surmonter la bipolarisation des institutions et le présidentialisme lors de la présidentielle, nous n’avons pas réussi à le confirmer aux législatives. Nous en savons quelque chose ici où malgré un score en progression de notre candidate Marie-Hélène Amiable, nous avons quand même perdu le siège au profit de la candidate socialiste sur le simple argument qu’il fallait soutenir, donner une majorité au président de l’Assemblée.

Nous n’avons manifestement pas su convaincre de notre utilité au sein d’une majorité dirigée par le PS, pas réussi à capitaliser l’envie de changement qui s’est traduite par une nouvelle vague rose qui nous a fait perdre des députés et permis au PS et aux Verts de considérer qu’ils pouvaient se passer du Front de Gauche pour gouverner comme ils l’entendaient, ignorer celles et ceux qui avaient pourtant été d’un apport déterminant dans la défaite de la droite.

Cette réalité montre le chemin qu’il reste à parcourir pour démonter le sentiment d’impuissance et convaincre qu’il existe une voie pour rendre possible ce qui, pour beaucoup est souhaitable.

Aujourd’hui, 6 mois après l’entrée en fonction de François Hollande, la situation est marquée par la violence persistante de la crise avec une montée rapide du chômage et des difficultés de vie, de pouvoir d’achat, de logement, de santé pour des millions de personnes. Situation que l’on retrouve et qui se poursuit en Grèce, en Espagne, au Portugal, dans toute l’Europe, et qui travaille les consciences.

Sous l’impulsion du grand patronat et de toutes les forces de droite, les pressions s’exacerbent sur le Gouvernement et le Président de la République, sur la gauche, sur le monde du travail pour effacer dans les faits la volonté de changement qui s’est exprimée dans les urnes et revenir à la politique menée par Sarkozy.

Ils poussent les feux pour transformer la victoire de la gauche en déroute en faisant adopter les solutions capitalistes les plus libérales sur le plan économique, les plus anti-démocratiques sur le plan politique et les plus réactionnaires sur le plan sociétal.

C’est la ratification du traité Sarkozy-Merkel, une pression maximum sur les choix budgétaires du gouvernement pour obtenir la cure d’austérité la plus forte possible, l’offensive pour obtenir un « choc de compétitivité », une énorme ponction de 30 à 40 milliards sur les salaires, la protection sociale, les services publics au profit des dividendes et des revenus financiers. Enfin, dans le cadre des négociations sociales actuelles, c’est le plaidoyer pour un « compromis historique » voulu par le MEDEF visant à légaliser la flexibilisation maximum du travail.

Même si ces derniers jours, la droite est largement occupée par la bataille lamentable qui se livre à l’UMP, ses dirigeants multiplient et amplifient les pressions dans tous les domaines : sur le vote des étrangers, sur les musulmans, sur le mariage pour tous, etc… il ne se passe pas un jour sans une déclaration réactionnaire, antisociale de tel ou tel homme ou femme politique de droite. Celles-ci d’ailleurs sont largement colportées par les médias, mêmes publics, qui continuent largement à propager la pensée libérale comme incontournable.

Face à cette pression revancharde de la droite et du patronat, l’exécutif et le PS, et c’est l’autre caractéristique de la situation, entrent en dépression, multipliant les dérobades, les reculs, les concessions et prenant finalement les mesures législatives s’inscrivant dans la logique des politiques d’austérité qui ont prévalu jusqu’à présent avec les résultats que l’on connait.

Ainsi, il n’a pas fallut 3 mois pour que soient mises à nue toutes les contradictions du pouvoir socialiste : prétendre réorienter l’Europe et ratifier le traité qui tourne le dos à cette réorientation, déclarer les plans de licenciements inacceptables et les laisser s’appliquer un à un, réintroduire quelques mesures de justices fiscales et annihiler la portée de ces mesures par l’amplification de l’austérité, dire sa confiance aux collectivités locales et les asphyxier financièrement, annoncer la légalisation du mariage pour tous et donner aux maires la possibilité de ne pas appliquer la loi par la « clause de conscience », poursuivre les expulsions au même rythme que Guéant tout en se disant partisan d’un autre traitement des sans-papiers… on pourrait donner beaucoup d’exemples qui montrent que la politique menée s’inscrit dans la poursuite des précédentes et tourne le dos à la volonté de changement voulue par notre peuple. En réalité, obnubilé par les exigences des marchés financiers, parmi lesquels la réduction de la dette, et en fait celle des dépenses publiques, le Gouvernement est en incapacité de répondre aux besoins.

Dans ces conditions, notre devoir est plus que jamais de prendre l’initiative pour rassembler et mobiliser les forces du changement pour mettre en échec les prétentions de la droite et obtenir des changements de cap des orientations du pouvoir et du PS. Les salariés en lutte qui se sentent déjà lâchés, toutes celles et tous ceux qui, à gauche, sont dans le désarroi face à cette situation, cherchent comment agir, doivent pouvoir compter sur nous, sur le Front de Gauche, sur nos parlementaires, nos élus, sur tous les fronts d’action et de rassemblement que nous pouvons contribuer à créer.

En fait, la situation est symptomatique : il n’y a plus de marges hors l’impulsion de vraies ruptures avec les logiques du système. C’est pourquoi rien n’est immuable. De plus en plus le Gouvernement devra faire face à des contradictions auxquelles il doit trouver des solutions. Le débat est en train de prendre de l’ampleur y compris au sein du PS et de la majorité gouvernementale.

L’ambition du Front de Gauche doit être de créer les conditions pour que notre peuple s’invite dans ce débat, dans un large front contre l’austérité.

Nous ne misons pas sur l’échec de la gauche, qui serait du pain béni notamment pour l’extrême-droite qui est aux aguets pour prospérer sur la déception populaire. Partout en Europe, on mesure avec effroi les percées qu’opèrent les mouvements qui s’en revendiquent. En se présentant abusivement comme anti système, l’extrême-droite joue sur les peurs entretenues par la crise, pour semer la division et l’acceptation de l’autoritarisme. Et maintenant, toute une frange de la droite classique, on le voit dans les aventures de l’UMP pense qu’une nouvelle alliance avec l’extrême-droite pourrait leur permettre de reprendre le pouvoir.

C’est pourquoi nous devons continuer de mener un combat offensif contre ces idées, un combat qui ne se contente pas de la diabolisation mais dénonce le projet de l’extrême-droite, qui n’est rien moins que la forme la plus terrible de la représentation en politique des forces de la finance.

A Malakoff comme dans tout le pays, le Front de Gauche, en rassemblant toutes celles et ceux qui veulent un véritable changement a été, singulièrement cette année avec les élections, un phénomène politique majeur qui porte un immense espoir.

Il s’agit maintenant d’en faire une dynamique durable, une forme politique nouvelle dans laquelle chaque organisation, chacune et chacun a sa place et se trouve respecté. C’est là que réside sa force.

Donner un nouveau souffle à la dynamique citoyenne, c’est permettre à un très grand nombre de femmes et d’hommes de toujours mieux s’y retrouver.

De ce point de vue, nous avons sans aucun doute à pérenniser nos assemblées citoyennes, à les tenir régulièrement, sur des questions définies ensemble en cherchant à élargir la participation parmi la population de Malakoff.

Ces assemblées pourraient aussi prendre la forme d’ateliers législatifs en débattant de l’élaboration de propositions de loi à partir des questions et des propositions qui émergent.

Bien sûr, il ne s’agit pas de figer des formes, mais d’en chercher qui permettent de favoriser l’intervention populaire la plus large pour gagner des avancées immédiates et en même temps redonner confiance dans la politique. Pour cela, les fronts de lutte et les fronts thématiques sont des réseaux d’action dont il faudrait pousser plus loin l’expérimentation, 3 terrains semblent incontournables à Malakoff :

1)    Les salariés des entreprises : ne faut-il pas reprendre ce que nous avons entrepris lors de la campagne électorale avec une présence régulière devant une série d’entreprises et où, dans certaines d’entre elles, je pense à EDENRED, RFO, dans les bureaux du marché, nous avions commencé à établir des liens avec des élus du personnel qui étaient intéressés par la démarche du Front de Gauche.

2)    Les quartiers populaires : au travers de questions comme la politique du logement, les services publics, l’école… Avec les associations, les syndicats qui interviennent dans ces domaines et bien sûr dans le respect de l’indépendance de chacun, à partir des luttes et des propositions qui existent, nous pouvons dépasser les mécontentements et les déceptions et rebrancher nos concitoyens sur l’intervention politique.

3)    La jeunesse qui est fortement marquée par les idéaux de liberté et de démocratie du nouveau monde à naître, mais qui est en même temps, élevée par l’idéologie dominante dans l’esprit de compétition et le culte du mérite. Les jeunes peuvent bousculer l’ordre établi si nous trouvons les moyens de leur faire percevoir le Front de Gauche comme un outil, un espace de liberté qui peut leur permettre d’exprimer leurs aspirations à vivre, à construire l’avenir.

Evidemment, pour investir ces terrains, inviter les salariés, les habitants des quartiers populaires, les jeunes à participer à l’Assemblée citoyenne en attendant qu’ils y viennent ne peut suffire. Si l’on est sur cette optique de rassemblement, cela suppose que le Front de Gauche trouve les formes les plus adaptées d’initiatives, de débats, de contacts, pour aller à la rencontre des citoyens là où ils se trouvent.

Dans cette bataille politique, pour élargir le spectre des femmes et des hommes qui se reconnaissent dans le Front de Gauche, notamment celles et ceux qui ont contribué à l’avènement de la nouvelle majorité gouvernementale et veulent agir pour le changement, n’avons-nous pas également à remettre en chantier nos rencontres du « Fil Rouge » qui avaient permis de mettre en débat sur des questions primordiales comme la culture, le droit à l’énergie, le rôle des médias, plusieurs centaines de personnes au total pendant la campagne électorale dont nombre d’entre elles ont à cette occasion découvert le Front de Gauche et sa démarche ?

Nous voulons donc, au-delà des campagnes électorales, continuer à cheminer avec un nombre toujours plus important de femmes et d’hommes en inventant les conditions d’un travail en commun. Nous voulons que le Front de Gauche, à Malakoff comme ailleurs, puisse être le lien où les apports et les expériences d’actrices et d’acteurs du mouvement associatif, social, intellectuel et culturel, puisse se croiser, chercher ensemble à produire du sens et alimenter la recherche d’une nouvelle perspective politique. C’est sur cette base que nous pouvons d’ailleurs engager de la meilleure façon la préparation des élections municipales et européennes de 2014 afin de rassembler le plus largement possible sur des projets ambitieux qui placent chacune de ces institutions en position de répondre aux besoins populaires. 

Ensemble, nous sommes porteurs d’une grande ambition. En poursuivant sur le chemin sur lequel nous sommes engagés, nous voulons en faire le lieu où la politique devient, de façon de plus en plus irrésistible, l’affaire de toutes et de tous, l’affaire du peuple, contribuant à l’émergence d’un nouveau Front Populaire.

Au Front de Gauche, nous voulons porter l’ambition de générer un grand mouvement capable de bousculer le rapport des forces à gauche jusqu’à rendre majoritaires les options de transformation sociale en son sein.

C’est dans ce sens que le Front de Gauche, au niveau national, réfléchit à l’impulsion d’une grande campagne publique de mobilisation citoyenne dans la durée, sur le thème : « Il existe une alternative à l’austérité », avec des initiatives multiples, une campagne de communication des votations citoyennes sur nos propositions, etc… en s’appuyant sur l’activité des assemblées citoyennes.

Il s’agit de faire bouger les orientations sociales, libérales du gouvernement qui, si elles étaient maintenues, conduiraient inévitablement à l’échec, remettrait la droite en selle et ferait grandir l’extrême-droite.

S’engager dans cette voie, avec l’appui de ce que nous avons déjà engagé et réussi au cours de cette année, mais en regard de nos ambitions pour poursuivre et amplifier notre activité politique dans une période 2013, où il n’y aura pas de dynamique d’échéance électorale, nécessite de regarder comment ensemble, nous nous organisons pour donner efficacité et constance dans notre action. Comme nous inventons de nouvelles formes pour faire de la politique, il est normal que de nouvelles problématiques surgissent, dont il nous faut discuter et traiter ensemble. Je voudrais en pointer 3, en précisant qu’elles ne sont pas exhaustives :

1)    Le Front de Gauche est composé de plusieurs organisations politiques et en même temps, d’hommes et de femmes qui ne font partie d’aucun parti politique. Il semble que personne ne soit favorable à une adhésion directe au Front de Gauche, qui doit conserver son caractère de diversité et de rassemblement pour poursuivre son élargissement. Mais cela doit nous amener à réfléchir et à trouver des formes pour ne pas avoir un Front de Gauche à deux vitesses, ce que nous avons évité jusqu’à présent, et faire en sorte que celles et ceux qui ne sont pas membres d’un parti puissent prendre toute leur place dans le Front de Gauche, à égalité avec les autres composantes. 

2)    Il y a jusqu’à présent un collectif d’animation du Front de Gauche à Malakoff, qui se réunit régulièrement et décide des initiatives à proposer à l’assemblée citoyenne. Ne faut-il pas au niveau de sa conception, de sa composition, de son élargissement, voir comment on structure un peu plus les choses de façon à gagner en efficacité et en lien avec la diversité et la richesse le l’assemblée citoyenne. 

3)    Enfin, pour terminer sur une question très matérielle mais stratégique. Comment nous organisons nous pour financer notre activité qui va n’en doutons pas et c’est une bonne chose, s’amplifier dans la période qui s’ouvre. Nous avons jusqu’ici fait porter les frais sur les finances des organisations politiques mais ce n’est d’une part pas inépuisable, loin de là, et d’autre part pas juste compte tenu de notre volonté de faire du Front de Gauche, un rassemblement qui va bien au-delà d’un simple cartel de partis politiques. 

Comme vous le voyez sur ces questions, et il y en a beaucoup d’autres, pour passer à une nouvelle étape du Front de Gauche, nous avons besoin de discuter et ensemble d’inventer des formes nouvelles pour faire de la politique, qui permette à chacune et chacun de s’y investir.

Bien sûr, nous ne règlerons pas tout ce soir, mais notre échange doit nous permettre d’avancer et d’engager des choses concrètement. Cet échange se poursuivra d’ailleurs dans les prochains jours, notamment avec la rencontre départementale qui se déroulera à Malakoff le 8 décembre et l’assemblée débat sur la circonscription du 11 décembre.

Une chose est sûre : nous ferons tout pour rassembler la gauche et gagner un changement de cap pour réussir. Il va falloir faire avec nous, il va falloir faire avec le peuple ! 

Plus que jamais : « on ne lâche rien ».

Tag(s) : #Débats
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