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Tract RV 8 mars 2010
Pendant deux ans l’intersyndicale CFDT - CGT du Service des droits des femmes et de l’égalité (SDFE) a fait tout ce qui était en son possible pour empêcher la disparition annoncée du service central et sa dilution dans une grande direction du ministère chargé des affaires sociales.

 

Son action a été relayée par les associations féministes, les partis de gauche et un certain nombre d’élus de gauche et de droite qui ont interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale et au Sénat. En vain…

 

La Révision générale des politiques publiques (RGPP) a eu le dernier mot. Après avoir perdu un ministère ou un secrétariat d’Etat dédié aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, après avoir perdu son site internet et son centre de documentation, le service central se voit maintenant amputé d’une partie de ses moyens : communication, affaires européennes et internationales, études et statistiques, ressources humaines et service budgétaire. Enfin, le lien avec son réseau déconcentré est rompu.

 

Le SDFE vient en effet d’être intégré à la Direction générale de la cohésion sociale. Il perd donc son autonomie et le peu de transversalité qui lui restait. Les femmes se verront donc traitées en tant que public cible, alors qu’elles constituent la moitié de la population française et le thème de l’égalité sera un simple enjeu de cohésion sociale ! Perte de moyens et de visibilité de la politique, conditions de travail dégradées, la politique de l’égalité portée à bout de bras par les agents du SDFE sortira profondément affaiblie de cette « réorganisation ». Sans parler des conséquences négatives pour le milieu associatif, victime de la dilution de la politique et des coupes budgétaires.

 

Plus grave encore, le réseau déconcentré des déléguées régionales, chargées de mission départementales et leurs collaboratrices, que le SDFE animait jusque là, se retrouve éclaté et dilué avec des situations totalement différentes selon les départements. Populations vulnérables, discriminations, diversité, politique de la ville et même services vétérinaires : les droits des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes ne constituent plus un ensemble cohérent, ils sont soumis à l’interprétation de petits chefs départementaux qui jugent de la légitimité de travailler ou non sur cette thématique, ils reposent sur la bonne volonté et la motivation des un-e-s ou des autres…

 

Comme dans le reste de l’ensemble des administrations de l’Etat, la RGPP et les attaques incessantes contre les agents de l’Etat, font des ravages : au bout de deux ans de ce traitement de choc les personnels sont épuisés et dégoutés.

 

Les beaux discours et les efforts sémantiques et médiatiques du gouvernement en place ne changeront rien à la réalité. Nous nous trouvons face à un recul en arrière d’une trentaine d’années ! Le service ne peut que constater, écoeuré et en colère, malgré les annonces médiatiques en tous sens, l’absence d’un véritable ministre en charge de notre politique et de volonté en la matière.

 

A ce rythme là, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes dans notre pays ne sera effective que dans plusieurs siècles ! D’autant plus que nous observons dans certains domaines de réelles remises en cause des acquis, notamment le droit à l’avortement.

 

L’intersyndicale du SDFE appelle donc les associations féministes, les partis de gauche, les trois délégations aux droits des femmes et tous les élus de bonne volonté à rester vigilants sur l’avenir de la politique gouvernementale en matière de droits des femmes et d’égalité entre les femmes et les hommes au regard des engagements internationaux de notre pays.

 

Intersyndicale CFDT – CGT du SDFE - 17 février 2010 intersyndicale_sdfe@yahoo.fr - 06 22 24 24 36 – 06 75 13 60 25

Tag(s) : #Tracts, déclarations et pétitions
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