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Place de la Perle. Le 17 février les forces de sécurité bahreïnies tirent à balles réelles sur les manifestants. Cinq morts. Sur la place nous identifions des cartouches de gaz lacrymogène et des balles multicoups en caoutchouc de 37 mm fabriquées aux États-Unis, des grenades libérant dix-huit fragments de caoutchouc, à l’explosion, d’origine française. Depuis des années, des pays européens et les États-Unis ont vendu armes et munitions à des régimes répressifs de la région. Certes, elles ont été suspendues mais ces gouvernements, aujourd’hui solidaires des populations qui aspirent à la démocratie, n’en restent pas moins ceux qui fournissaient des armes utilisées pour tuer, blesser et arrêter arbitrairement des milliers de manifestants pacifiques. Des armes toujours employées en Syrie et au Yémen. La position commune du conseil de l’Union européenne impose des règles contraignantes pour le contrôle des exportations d’armement. Les États membres doivent utiliser les critères énoncés par ce texte, dont le respect des droits humains dans le pays destinataire, pour autoriser les demandes d’exportation d’armes qui leur sont soumises. Pourtant, le rapport du ministère de la Défense au Parlement sur les exportations d’armement de la France en 2010, rendu public fin octobre, fait état d’exportations vers la Tunisie, le Yémen, la Libye, l’Égypte et le Bahreïn. Un rapport incomplet. Sur quel fondement ont été autorisées les ventes ? Pour quelle utilisation ? En passant par quel intermédiaire ? Qu’en est-il des équipements de maintien de l’ordre etde police ?

Les parlementaires devraient disposer d’informations claires pour remettre en cause la politique d’exportation chaque fois qu’elle n’apporte pas de garanties suffisantes pour les droits fondamentaux. Depuis le début de la mandature ils n’ont pas auditionné le ministre, questionné cette opacité. Ils en ont le pouvoir. Faudra-t-il d’autres places de la Perle pour qu’ils l’exercent ?

 

Geneviève Garrigos.

Présidente d’Amnesty international France.

Publié dans l'Humanité du mardi 8 novembre

Tag(s) : #Débats
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