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Vers une Assemblée citoyenne permanente ? L’expérience toulousaine.

 

Depuis la fin des élections et de l’agitation électorale, militants et sympathisants du Front de Gauche se sont interrogé sur les formes à donner à un engagement durable des citoyens dans ce grand mouvement politique humaniste, porté par le programme « L’Humain d’abord ».

A Toulouse, cette question s’est posée de manière précise lors de l’Assemblée citoyenne, intitulée « Quel avenir pour les Assemblées citoyennes ? », qui s’est tenue le jeudi 13 juin 2012, Pizzeria Belfort, au centre-ville de Toulouse.

Une quarantaine de personnes ont répondu à l’appel et ont participé au débat afin d’envisager les Assemblées citoyennes comme une nouvelle manière de comprendre et de faire de la politique, capables de porter la voix du Front de Gauche au plus profond des villes et des campagnes. Les prises de paroles qui ont suivi, ont mis en avant plusieurs conceptions d’une Assemblée citoyenne, aussi bien sur la forme que sur le fond. En voici un résumé.

Les premiers constats font apparaître que les Assemblées citoyennes sont des mouvements d’avant-gardes, mais qui ne regroupent que les convaincus (Joss).

Dans ce cadre, Fabrice s’interroge sur la manière de faire venir les gens.

Pour Polonia, la question de la composition des Assemblées citoyennes se pose : entre-soi militant ou ouverture populaire ? Pour Claire, les Assemblées citoyennes ne sont pas une formation populaire mais un cadre où se retrouvent les sympathisants du Front de Gauche : l’objectif est de convaincre en dehors des Assemblées citoyennes.

Pour Polonia, les Assemblées citoyennes doivent s’ouvrir au public, et leur organisation ne peut être confiée qu’aux partis qui doivent rester un outil électoral, ce qui n’est pas la finalité des AC. Nathalie suggère que les Assemblées citoyennes doivent rester ouvertes aux non-encartés, et être un pont entre le politique et le syndicalisme. Une collaboration étroite avec les associations locales (Nathalie), un approchement avec les autres tendances (Henri), et une prise de contact avec les autres Assemblées citoyennes(Laetitia), sont aussi évoqués.

Pour Christian, le Front de Gauche doit marcher sur ses deux pieds : les luttes électorales et les luttes sociales ; après les élections, les Assemblées citoyennes doivent devenir un outil de mobilisation contre des projets antisociaux et un lieu d’éducation populaire, censé informer les citoyens sur les alternatives du Front de Gauche.

Pour ce qui est de la forme des Assemblées citoyennes, Yves propose de rester sur une organisation informelle ; Polonia imagine quant à elle une organisation des AC en deux temps, avec un premier noyau dur qui choisit le thème, puis la mise en place et l’animation d’une Assemblée citoyenne en place publique, assurant une visibilité du mouvement citoyen et des idées du Front de Gauche. La forme associative (pourtant pratique pour le financement et la location de salle) est estimée trop contraignante pour l’instant.

Quoiqu’il en soit, Nicolas souligne que les Assemblées citoyennes doivent d’abord s’identifier au travers de leurs actions.

Lors du débat, deux personnes ont accepté de donner l’orientation, non-représentative, du Parti de gauche et du Parti communiste sur les Assemblées citoyennes. Maxime, du PG, définit les AC comme le bras militant du Front de Gauche, avec pour objectif de diffuser et d’enrichir le programme, de s’ouvrir aux autres partis et formations de gauche ; l’avenir du Front de Gauche réside dans une fédération des partis. Pour Yves, du PC, les Assemblées citoyennes sont des formations annexes du Front de Gauche, dont le sort sera examiné par le parti en octobre. Il convient de les intégrer dans les activités du parti mais elles sont grandes consommatrice de temps. Certaines activités proposées, comme
les cahiers de doléances, ont été testées sans résultats convainquant, même dans les déserts politiques (cités, banlieues, …) où les français moyens se prolétarisent.

Pour les participants au débat, il s’agit d’abord de repolitiser la société (François) et d’aiguiser l’esprit critique des citoyens (Vincent). Les AC doivent servir à consolider le mouvement politique qu’est le Front de Gauche (Julien), en être une tête pensante locale (Claire) ; elles doivent militer et se mobiliser sur les problèmes locaux, être visible sur le terrain (Mathieu), pourquoi pas sur le lieu des luttes (administrations, usines,…).

A la fois vecteurs de diffusion et lieu de formation des citoyens, les Assemblées citoyennes peuvent servir à déterminer les actions et les luttes (Nicolas), à prolonger le dynamisme du militantisme (Maxime), à faire remonter les idées (Laetitia), à se tenir au courant des événements peu médiatisés (Henri), et à s’opposer aux dérives socialistes (Carole).

Pour Claire, les Assemblées citoyennes doivent être des collectifs d’action, avec une fonction essentielle d’éducation populaire, de réflexion en s’appropriant le programme « L’humain d’abord », et comme force de proposition. Il faut sans doute orienter la réflexion, selon l’environnement social des Assemblées citoyennes, sur une partie du programme, pour produire une expertise plus précise, notamment en faisant participer les associations locales. Polonia se déclare en accord avec une collaboration étroite avec les partis du Front de Gauche mais affirme que les militants et sympathisants cherchent une nouvelle voie et des perspectives nouvelles pour mobiliser les citoyens endormis, au-delà de la militance électorale. Les Assemblées citoyennes doivent servir de lieu de préparation et de formation politique pour les citoyens de gauche, pourquoi pas par une spécialisation des AC selon les localités, afin de mieux informer des problèmes locaux. Il est aussi question de rendre les réunions pérennes et récurrentes. Pour Laetitia, les Assemblées citoyennes doivent fournir aux citoyens de gauche des arguments clairs et précis pour convaincre, constituer des groupes de travail en rapport avec les actualités locales et nationales, et développer les thématiques des Assemblées citoyennes en fonction des spécificités locales : Toulouse, ville étudiante, est un bon terrain pour toucher cette population dépolitisée.

Enfin, certaines propositions envisagent de rendre plus visible les Assemblées citoyennes : que ce soit par une délocalisation régulière des AC dans les quartiers populaires, ou par une médiatisation des débats et des comptes-rendus (site internet, TV Net, radio, …).

Au total, les points de convergences sont nombreux et les volontés intactes ; ils constituent une base solide sur laquelle construire une nouvelle forme de militantisme. Ce débat a mis en évidence à la fois l’atout que représentent les Assemblées citoyennes pour la promotion des idées et des propositions du programme « L’Humain d’abord », mais aussi pour l’élargissement des différentes composantes du Front de Gauche.

A la première problématique proposée, « Des Assemblées citoyennes : pour quoi faire ? », la plupart des participants ont envisagé les Assemblées citoyennes comme le ciment du Front de Gauche, avec l’objectif de rendre concret un projet de société antilibéral et écologiste, de permettre l’exercice de la démocratie citoyenne, ou encore d’amplifier les aspirations des citoyens. L’éducation populaire est au cœur de la plupart des démarches : que ce soit au travers des pétitions locales, des porteurs de paroles, des réunions d’information, l’objectif est d’aller à la rencontre des citoyens, dans leur quartier, chez eux, à leur travail, pour leur apporter le projet d’une société alternative, et leur fournir l’occasion d’y participer.

Les propos sur la seconde problématique, « Quelle place pour les Assemblées citoyennes dans le Front de Gauche ? », font remarquer que l’identité du Front de Gauche est en construction, mais que déjà des lignes directrices apparaissent dans les Assemblées citoyennes, comme celle de rester une structure ouverte, en parallèle et en collaboration avec les partis politiques, de concevoir les Assemblées citoyennes comme une composante propre au Front de Gauche en garantissant le pluralisme de sa composition, ou encore de s’ouvrir à la société civile locale et de se joindre au combat des associations de proximités.

Mais le point commun de toutes ces initiatives reste l’amélioration et la diffusion du programme « L’Humain d’abord », document fondateur du Front de Gauche, diffusé à plusieurs centaines de millier d’exemplaires, catalyseur de toutes les tendances. Tous sont d’accord ; base d’un programme politique de grande envergure, ce programme ne peut que s’enrichir des expériences, des expertises et des propositions de la société civile et des citoyens : les Assemblée citoyennes apparaissent alors comme un lieu privilégié pour rassembler l’énergie militante et l’envie d’ouverture des sympathisants du Front de Gauche.

C’est ce qui a été confirmé lors des Estivales citoyennes du Front de Gauche(Saint-Martin d’Hères, 25-26 août 2012) où la question des adhésions directes au Front de Gauche était dans tous les esprits ; elle sous-entendait une autre problématique plus sensible : celle de la participation des apartidaires au Front de Gauche. Si le débat n’est pas encore tranché, la plupart des composantes du FdeG ont encouragé la prise d’initiative des citoyens, comme l’a souligné J.L Mélenchon au meeting de clôture des Estivales citoyennes : « Ceux
qui ne veulent pas adhérer à un parti, n’ont qu’à faire une association de ceux qui ne veulent pas adhérer à un parti ; et ils seront bienvenue ».

C’est pourquoi la question d’une Assemblée citoyenne permanente a été à nouveau soulevée à la réunion de rentrée du comité Front de Gauche Toulouse Sud-Est (10 septembre 2012) ; à la suite de quoi plusieurs d’entre-nous avons eu l’envie de poursuivre cette ouverture du Front de Gauche par la mise en place d’un cycle mensuel d’Assemblées citoyennes à Toulouse centre. Les grandes lignes de ce projet ont alors été présentées à la dernière réunion du comité Front de Gauche Toulouse Sud-Est (3 octobre 2012). Les voici.

Considéré comme un espace de formation citoyenne et d’éducation populaire, la fréquence d’une Assemblée citoyenne est envisagée à moyen terme, à savoir une réunion par mois, pendant neuf mois (octobre-juin).  L’objectif est d’aborder à chaque fois un chapitre différent du programme « L’Humain d’abord ». (PARTAGER LES RICHESSES ET ABOLIR L’INSÉCURITÉ SOCIALE, REPRENDRE LE POUVOIR AUX BANQUES ET AUX MARCHÉS FINANCIERS, LA PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE, PRODUIRE AUTREMENT, LA RÉPUBLIQUE POUR DE VRAI, CONVOQUER L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE DE LA VIE RÉPUBLIQUE, S’AFFRANCHIR DU TRAITÉ DE LISBONNE ET CONSTRUIRE UNE AUTRE EUROPE, LA FRANCE POUR CHANGER LE COURS DE LA MONDIALISATION et L’ÉMANCIPATION HUMAINE EN TÊTE)

Pour des questions pratiques, mais aussi en raison du double intérêt national et local, il est envisager de diviser le timing d’une l’Assemblée citoyenne (2h30)en trois parties distinctes (1h+1h+30 min) : la première partie consacrée aux enjeux nationaux (expliquant certains points du programme et leurs implications dans la politique française), et la seconde partie aux enjeux locaux (en proposant le témoignage d’un responsable associatif local). Il restera à la fin une demi-heure pour les questions internes à l’Assemblée citoyenne.

Il est aussi question de constituer un dossier thématique, avant l’Assemblée citoyenne (documents préparatoires envoyés par mails), mais aussi de faire interagir, durant l’Assemblée, les participants en leur demandant de donner leur avis (formes à définir) ; une trace écrite, et une synthèse, devront témoigner de ce processus.

Pour ce qui est de l’animation d’une Assemblée citoyenne, elle n’a de sens que si elle est partagée et tournante ; il s'agira d'anticiper les thématiques des Assemblées citoyennes pour permettre la participation à l'animation du plus grand nombre. Quatre à cinq personnes sont nécessaire pour mettre en place une thématique, auxquels s’ajoutent sur place deux personnes pour le compte-rendu de la soirée, une personne pour gérer les tours de parole et une autre pour gérer le temps.

Sans être forcement exhaustif, ni dans le feu de l’actualité, l’objectif d’une Assemblée citoyenne est bien de donner un aperçu clair des solutions proposées dans le programme « L’Humain d’abord », de faire le lien avec nos réalités quotidiennes et locales, et de donner la parole à ceux qui partagent nos valeurs et nos propositions.

On tente l’expérience ! Pour une première Assemblée, commencer par le chapitre «Produire autrement » nous a semblé pertinent dans une région particulièrement agricole mais aussi dans une ville aux consommateurs de plus en plus avisés. C’est pourquoi nous proposons l’organisation d’une Assemblée citoyenne au centre ville (Pizzeria Belfort, salle réservée), ce jeudi 25 octobre à 20h00, avec comme thème « Produire et consommer autrement : les solutions du Front de Gauche».

Tag(s) : #Débats
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