La fin de la guerre d’Algérie et mon camarade Ali
L’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie me rappelle le souvenir et me donne l’opportunité de parler de mon camarade Ali
J’ai adhéré au parti communiste français en 1964 à la cellule Charles Michels dans le 15émearrondissement. Il y avait dans la cellule un jeune camarade algérien, Ali, d’environ 25 ans. Il apparaissait taciturne mais nous n’accordions pas d’attention particulière à ce qui était pour nous un simple trait de caractère car Ali participait sans problème particulier aux activités de la cellule. Un dimanche après-midi où nous nous trouvions réunis chez un camarade, Ali sort une petite photo d’identité d’une jeune fille
-Qui est-ce ? –Ma sœur.- Tu nous la présentes ? –Elle est morte……..- Alors il raconte : Ali vivait avec sa famille dans un village, au bled. Un jour où tout le monde, sauf par hasard Ali et un grand-père, était réuni dans la maison, une simple pièce, il y eut une descente de l’armée, on appelait ça un ratissage. Un coup de pied dans la porte, une grenade à l’intérieur. Ali se retrouve seul et rejoint la France pour travailler. A Paris il rencontre le parti communiste français qui lutte contre la guerre et adhère. C’est ainsi que j’ai été le camarade de ce jeune garçon dont toute la famille avait été massacrée par l’armée française.
Gérard Badéyan
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