Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La troisième partie du rapport au Conseil national des 29 et 30 mars présenté par Pierre Laurent :

Le besoin de ripostes et de rassemblements va aller grandissant dans tous les domaines face à la politique Sarkozy. Mais la victoire de la gauche aux élections municipales et cantonales comporte d’autres exigences Le besoin de ripostes et de rassemblements va aller grandissant dans tous les domaines face à. Elle ne fait que renforcer la nécessité de construire une alternative politique, une nouvelle perspective de changement qui, en l’état actuel de la gauche, n’existe pas.

Toutes les forces à gauche, nous compris, le peuple lui-même, le monde salarié sont interpellés. Les forces de droite savent cette béance à gauche et travaillent en permanence à la creuser. La politique d’ouverture de Sarkozy n’avait pas d’autre objectif, de même que la pédagogie de sa politique des réformes que le pouvoir entend relancer. Droite et patronat tentent en permanence de consolider les bases d’un consensus idéologique, fut-ce par défaut, sur l’inéluctabilité des dogmes de la mondialisation capitaliste. Nous le savons, ce travail n’est pas sans effet à gauche.

Mais tout cela n’est pas un long fleuve tranquille qui déplacerait sans coup férir le centre de gravité de la vie politique vers le centre ou la droite. Les résultats des élections montrent l’existence de puissantes résistances dans notre peuple. N’est-ce pas de côté-là qu’il convient de trouver les leviers pour changer la donne ?

Certes, nous savons que la crise d’alternative à gauche demeure, que le PS est en plein débat sur son projet et que les tentations hégémoniques ou centristes, consacrant sa conversion au social-libéralisme, le travaillent en profondeur. Nous savons la force d’attraction qu’exerce sur lui la structuration présidentialiste de la vie politique. Nous savons aussi l’impasse que constituerait l’installation à la gauche de la gauche d’une force renonçant pour longtemps à toute ambition majoritaire de changement. Mais pour sortir de cette double impasse, ne convient-il pas d’être beaucoup plus attentif à l’état d’esprit des électeurs, à leurs motivations, souvent très en décalage avec cette manière de penser la politique ?

Ce qui frappe dans les corrections brutales qu’apporte un scrutin après l’autre, c’est la constance avec laquelle les Français continuent, au fil des élections, à envoyer leurs messages, à exprimer leurs insatisfactions, ou au contraire à saisir l’opportunité d’une nouvelle expérience si elle leur paraît pouvoir apporter du neuf. Les électeurs ne se calent pas sur l’offre politique, ils trient dans cette offre et utilisent ou détournent ce qui les intéresse. Le monde a beaucoup changé, la manière dont se construisent les comportements politiques aussi. En prenons-nous toujours la mesure ?

Comment expliquer la sanction de la droite ou le niveau de l’abstention dans ces élections dix mois à peine après la victoire de Sarkozy au terme d’une mobilisation électorale sans précédent ? Comment expliquer l’émergence du Modem et sa relative impuissance si peu de temps après ? Comment comprendre les échecs présidentiels du PS et ses succès récurrents dans les élections locales ? Comment relier le non des Français au duel des oui-ouistes Sarkozy et Royal ? Comment apprécier l’écart entre notre disqualification présidentielle et nos résultats des 9 et 16 mars ? Seulement par l’inconséquence des électeurs… Non, les Français cherchent des réponses qu’ils ne trouvent pas. A leurs yeux, les forces politiques n’ont plus de rente de situation, pas plus nous que les autres. Les électeurs jugent à chaque élection de l’offre politique, de l’offre de projet. C’est cela d’abord et l’efficacité de leur geste au moment où ils votent, dans le scrutin concerné, qui les déterminent.

C’est donc sur l’offre politique qu’il faut travailler mais dans un dialogue et une construction permanente avec les électeurs. Ce que cherchent les Français, qui continuent très nombreux en dépit du rouleau compresseur libéral à croire aux valeurs de justice, d’égalité, de solidarité, c’est un nouveau projet politique de changement, une perspective crédible de transformation sociale qui dans le monde tel qu’il est puisse nous faire progresser vers un monde meilleur.

C’est donc à ce chantier essentiel que nous devons nous attaquer en partant des réalités et des urgences politiques, en travaillant à y apporter des réponses avec notre peuple.

Cela suppose de travailler à un projet accessible, réaliste, capable de répondre aux grandes urgences du pays, aux grands problèmes et aux grandes contradictions de notre époque ; un projet identifiable, énonçant les grandes réformes sans lesquelles rien ne sera possible, un projet d’avenir dans lequel chacun puisse se projeter ; un projet politique qui dise indissociablement ses objectifs et les moyens politiques de leur réalisation, qui fasse donc de la démocratie à tous les niveaux et de sa vocation majoritaire un de ses traits essentiels.

Cela suppose de travailler en permanence, à chaque étape, devant chaque échéance, à la construction de fronts, d’alliances, de rassemblements, sur des contenus appropriés. Nous devons le faire tout de suite dans l’action, comme dans les campagnes que nous voulons porter. Nous devons déjà le construire pour chacune des échéances électorales qui s’annoncent, je pense par exemple aux élections européennes de 2009. Ne pas travailler en permanence à ces constructions politiques, à ces projets, à faire émerger cette perspective de changement, c’est laisser le champ libre aux alternances sans lendemain, fussent-elles entrecoupées de fortes secousses sociales. C’est un enjeu crucial de notre congrès.

Un congrès dont toutes les ambitions demeurent

C’est à l’aune de cette interpellation, des urgences politiques qui s’imposent à nous qu’il convient de donner à la préparation du congrès que nous avons décidé pour la fin de l’année sa pleine mesure. Nous pourrions prendre aujourd’hui la décision de le convoquer pour les 12,13 et 14 décembre 2008.

Nous avons fixé une très grande ambition à ce congrès. Rien ne peut nous conduire à en rabattre. Le mandat et les décisions de l’Assemblée nationale extraordinaire des 8 et 9 décembre sont claires. Je rappelle les quelques lignes de ses conclusions qui consacrent l’état d’esprit auxquelles elles nous invitent. « Le débat du congrès de 2008 devra confronter toutes les opinions sans en exclure aucune a priori…toutes les questions sont appréhendées dans un esprit d’ouverture et de construction partagée … » . C’est à leur mise en œuvre que nous travaillons depuis la mise en place du collectif national d’animation des débats le 9 janvier dernier.

Nous avons tous été absorbés par les campagnes électorales mais le collectif d’animation s’est réuni à quatre reprises pendant cette période.

Les huit ateliers mis en place ont commencé à travailler. Je rappelle leurs thèmes : le bilan de la période écoulée ; l’état du monde ; un nouveau mode de développement ; l’unité des dominés ; la conception du projet ; la conception du rassemblement ; le communisme ; la conception du parti, de son fonctionnement, de ses directions. La plupart de ces ateliers se sont réunis plusieurs fois, ont entamé un travail d’inventaire, d’analyse et d’auditions qu’ils entendent poursuivre en l’élargissant ces prochaines semaines. L’objectif que nous nous sommes fixé est que chacun de ces ateliers rendent publique d’ici la fin avril une note de réflexion synthétique qui puisse être versée au débat collectif, permettant ainsi à tous les communistes d’organiser leurs discussions.

Mais le collectif d’animation vous propose d’aller beaucoup plus loin dès avant l’été. Nous vous proposons d’adopter un texte dont vous avez depuis jeudi une première version et qui soit en quelque sorte un appel aux communistes et à toutes celles et ceux qui partagent avec nous le même constat d’urgence politique. Cet appel donnerait à voir le sens que nous voulons au congrès et mettrait en perspective l’ensemble de nos initiatives.

Nous proposons en particulier de tenir les 31 mai, 7 juin et 14 juin, trois grandes rencontres nationales réunissant chacune plusieurs centaines de participants. Ces initiatives constitueraient des moments d’approfondissement de notre réflexion, des moments d’échanges et de confrontations, un premier moment de synthèse de nos analyses.

Chacune pourrait travailler plusieurs thèmes. Spectaculaires, elles donneraient à voir avec éclat l’ambition de travail et d’ouverture qui président à notre préparation de congrès.

Les thèmes des trois rencontres qui sont détaillés dans le texte que vous avez seraient les suivants :
- quel état du monde ? Quelle alternative à la mondialisation ?
- quel nouveau projet de changement ?
- quelles transformations du PCF ?

Dans la préparation de ces rencontres nationales, il nous faut multiplier les initiatives de réflexions et d’actions afin de nourrir le travail que nous engageons. Débats, journées d’études, soirées éducatives… tout peut être organisé, soit par les fédérations ou sections, soit par les secteurs de travail du Conseil national. Par exemple, Jérôme Relinger propose sur les enjeux numériques et la révolution informationnelle de coordonner l’organisation en juin d’une journée d’étude sur le thème « savoirs, culture, information et capitalisme contemporain. D’autres secteurs préparent leurs contributions. Il n’y aura jamais trop d’effervescence. Au cœur de cette période est engagé le débat sur l’anniversaire de mai 68. Une semaine d’initiatives du Parti se tiendra du 13 au 19 mai. C’est aussi un enjeu très important.

Nous tiendrions ensuite fin août une université d’été qui permettra l’appropriation et l’approfondissement du débat par de nombreux militants et animateurs de section, juste à la charnière d’une période qui nous verrait entrer après la Fête de l’Humanité dans la phase proprement statutaire de notre congrès.

J’ajoute que l’ initiative internationale dont le principe a été décidée par l’assemblée extraordinaire et que le collectif animé par Jacques Fath est chargé de préparer pourrait se tenir en novembre, en réunissant des personnalités venues du monde entier à notre invitation.

Enfin, je voudrais attirer votre attention sur une initiative importante qui se tiendra les 17 et 18 mai à la Villette à l’invitation de Francis Wurtz pour la GUE avec le soutien d’Espaces Marx. Sur le thème « qu’attendons-nous de la gauche aujourd’hui en Europe ? », Elle réunira une trentaine de personnalités intellectuelles significatives françaises et européennes, devant un public de quatre cent participants. C’est aussi un évènement qui ne nous laissera pas indifférent.

Tag(s) : #Débats
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :