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Délocalisation . Les 89 salariés du site de Montrouge occupent leur usine depuis une semaine. Ils refusent la fermeture de leur entreprise.

Derrière le portail de l’usine Areva T et D de Montrouge (Hauts-de-Seine), cadenassé et hérissé de drapeaux rouges de la CGT, les salariés ont placé un chariot élévateur en travers de l’allée. L’entrée de l’établissement est interdite ainsi à tout véhicule. « Une précaution » pour prévenir un éventuel coup de force de la direction contre l’occupation du site, même si, dans l’immédiat, celle-ci n’a pas encore marqué sa volonté d’en découdre. Depuis sept jours, les 89 salariés, pour la plupart des ingénieurs ou des techniciens, sont en grève contre le projet de fermeture de l’usine et de délocalisation de la production. Hier matin, ils ont organisé une conférence de presse pour rappeler les objectifs de leur lutte et reçoivent une nouvelle fois la visite de Marie-Hélène Amiable, députée et maire PCF de Bagneux et de Patrick Robineau, conseiller municipal (PCF) d’opposition à Montrouge.

« Nous nous inscrivons en faux contre les allégations de la direction. Nous ne nous battons pas pour une revalorisation de la prime de licenciement mais bel et bien contre la fermeture du site », explique Pascal Huriez, délégué syndical adjoint CGT. Les salariés veulent conserver leurs emplois car ils « ne croient pas à la possibilité d’en retrouver un autre s’ils perdent celui-là. » En raison de « leur moyenne d’âge élevée qui atteint plus de quarante-neuf ans » mais surtout en raison du fait que, si leur niveau de qualification est important, ils restent « très spécialisés » dans la conception et la fabrication de transformateurs électriques haute tension. Ce qui « réduit fortement les possibilités de reconversion dans un nouveau métier ».

Outre la crainte du chômage et de la précarité, les salariés rejettent la fermeture de l’usine en raison « des efforts » qu’ils ont consentis ces dernières années. « Le site de Montrouge était en difficulté. Pour en sortir, nous avons fait beaucoup de sacrifices, en particulier en matière de productivité. Notre production atteint le même niveau qu’il y a dix ans alors que les effectifs ont été réduits quasiment des deux tiers », précise Pascal. Ces efforts ont visiblement porté leur fruit puisque, en quelques années, le déficit d’exploitation de l’établissement est passé de 3,5 millions d’euros à 120 000 euros en 2007. Le retour aux bénéfices en 2008 n’est pas inenvisageable. Une étude commandée par le CE et réalisée par le cabinet Secafi Alpha a d’ailleurs démontré la viabilité du site et son potentiel. « Mais rien n’y fait. La direction ne veut pas en démordre. Elle veut fermer le site en août prochain pour délocaliser la production vers d’autres usines, en particulier en Inde et refuse de négocier autre chose que l’accompagnement social des futurs licenciés. »

« Une décision inacceptable ! » tranche Marie-Hélène Amiable, qui rappelle que le carnet de commandes d’Areva T et D a atteint « 4, 237 milliards d’euros fin septembre 2007, soit une progression de 23,9 % en un an ». La parlementaire note que la maison mère est également en « excellente santé ». Preuve en est « l’annonce régulière de nouveaux contrats dans le nucléaire portant à chaque fois sur des montants de plusieurs centaines de millions d’euros ». Elle s’inquiète également de la disparition de l’industrie dans la petite couronne parisienne. « Une économie saine ne peut reposer uniquement sur des emplois de service », explique l’élue, qui dénonce « l’immobilisme des pouvoirs publics dans cette affaire alors que le capital d’Areva reste encore majoritairement public ».

L’inaction du gouvernement provoque aussi la colère des salariés. Le projet de la direction est connu depuis le 17 septembre dernier et pourtant « rien n’a été fait ». Le préfet « reste sourd » à la demande de table ronde sur le maintien du site. Néanmoins, il semble que la mobilisation et l’intervention croisée de plusieurs parlementaires communistes ont contraint la présidence de la République à agir. Par courrier, le secrétaire général adjoint de l’Élysée, François Perrol, vient d’inviter les salariés et leurs représentants à prendre contact en vue d’un entretien avec le cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, Christine Lagarde. Les salariés de Montrouge ont bien l’intention de s’y rendre accompagnés de Marie-Hélène Amiable « pour exiger le maintien de l’usine et de leurs emplois ».

Pierre-Henri Lab

(L’Humanité du 17 janvier)

 

Voir aussi le message de soutien de Catherine Margaté :

http://catherinemargate2008.elunet.fr/index.php/post/18/01/2008/SOUTIEN-AUX-SALARIES-DU-SITE-AREVA-MONTOUGE

 

Il est où, METTON (maire de Montrouge/MODEM/UMP/ les deux, suivant les jours…) ?

Tag(s) : #Niouzes diverses
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