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INTERVENTION à la réunion MAG du 24/11/07

Sur http://maintenantagauche.org/?cat=37

Yves SALESSE (coordination des collectifs unitaires) 

La question clé demeure : celle de l’alternative à gauche. Elle a deux dimensions indissociables : les propositions ; la force pour les élaborer et les porter.

En ce qui concerne les propositions, nous ne partons pas de rien. Nous avons les 125 propositions et le document d’orientation stratégique, élaborés dans le cadre des collectifs avant la rupture. La LCR, hors cadre, affirmait ne pas avoir de désaccord majeur avec les 125 propositions. En même temps, nous savons qu’elles traduisent le début d’un travail qui doit se poursuivre, sur les plans programmatique et stratégique. En cinq minutes on ne peut citer toutes leurs insuffisances. Voici celles qui me semblent majeures. En premier lieu (nous sommes sur le terrain programmatique), la synthèse de la question sociale et de l’écologie. En deuxième lieu ( à la charnière du programmatique et du stratégique), les propositions pour à la fois résoudre les problèmes des quartiers populaires et y reprendre pied. Les deux vont évidemment de pair, car ces propositions ne pourront être élaborées sans les habitants de ces quartiers. En troisième lieu (sur le terrain stratégique), l’étude de la riposte des forces dominantes à la mise en œuvre d’un programme de transformation sociale.  Personne n’a la naïveté de croire qu’elles seront passives. Leur réaction sera puissante, violente sans doute. Pourtant il n’y a pas de travail collectif pour réfléchir à ce que pourra être concrètement cette réaction et comment la contrer. Nous devons y travailler sérieusement.

Une incidente. J’entends souvent dire que la divergence de fond avec la LCR est qu’elle croit encore aux crises révolutionnaires, alors que ce serait un schéma dépassé. Les deux me semblent erronés. Je ne vois pas ce qui permet d’affirmer la disparition des crise révolutionnaire. Le système a-t-il résolu ses contradictions ? Je ne pense pas. Je ne crois pas non plus que la divergence avec la LCR soit l’existence de crises révolutionnaires à venir, mais ceci : la question du pouvoir politique ne se pose-t-elle qu’au moment d’une crise révolutionnaire ? Avec les collectifs et le document d’orientation stratégique, nous avons répondu négativement. Les contradictions à l’œuvre du capitalisme, la dureté de ses réponses pour les couches populaires, les menaces qu’il fait peser sur  la planète imposent de chercher à mettre immédiatement en œuvre un programme de véritable transformation sociale. Voilà pourquoi nous avons affirmé vouloir être majoritaire dans le pays et refuser de participer à un gouvernement dominé par le social-libéralisme. Si l’on ne postule pas au gouvernement, on laisse les couches populaires sans perspective politique. On leur dit qu’elles doivent endurer leurs conditions de vie tant que la crise révolutionnaire n’est  pas au rendez-vous. On les abandonne soit aux sociaux-libéraux, soit aux démagogues de droite ou d’extrême-droite.

En ce qui concerne la force, le rassemblement de toutes les forces de la gauche de transformation est  plus que jamais nécessaire. Le débat entre nous n’est pas là, mais comment y travailler dans la situation présente. Le texte proposé aux Assises des collectifs réaffirme clairement la perspective de ce rassemblement et propose des Etats généraux co-organisés par les forces concernées, si possible dès 2008. En même temps, on ne peut faire comme si les directions de la LCR puis du PC n’avaient pas délibérément  cassé le processus unitaire et ne pas remarquer que, pour l’heure, ils ne donnent aucun signe de changement d’orientation. l’une des conclusions que nous en tirons est que les chose ne progresseront pas parce en nous  mettant côte à côte sur une même tribune. Il faut que ceux qui entendent poursuivre le combat pour le rassemblement de la gauche de transformation se regroupent pour peser. S’ils restent une poussière à côté d’organisations constituées, les organisations politiques resteront maîtresses du jeu. Peser comment ? En proposant systématiquement l’unité ; en étant capables d’agir même si l’unité est refusée. Il y a là deux risques opposés : le groupe de discussion impuissant et le nouveau petit parti qui viendrait à s’ajouter à une liste déjà trop longue. C’est à se doter de cette capacité d’intervention en évitant les deux écueils que seront consacrées les Assises des collectifs. Et nous pensons que les coordinateurs de MAG ont tort d’avoir déserté les collectifs qui restent, même affaiblis, un cadre possible de discussion et d’action. Bien sûr, les débats n’y sont pas toujours faciles. Il y a des divergences. Il y a des différences de cultures, de générations. Nombreux sont celles et ceux venus à la politique récemment, depuis 2005. Il y a le traumatisme du sabordage de l’espérance unitaire qui fait faire des pas en arrière sur les rapports avec les partis politiques. Mais tout cela, il faut l’affronter si on prétend construire une nouvelle force large.

Tout cela il faut l’affronter si nous voulons arrêter la dynamique d’éparpillement qui a logiquement suivi la rupture de la dynamique unitaire. Les organisateurs de la journée ont refusé, malgré notre demande, que je prenne la parole dans la troisième séquence de cette journée où la parole est donnée à Force Militantes, PRS, les communistes unitaires, le courant Unir de la LCR, Mars-GR. Ce refus, sans explication, est une manifestation de sectarisme vis à vis des collectifs qui n’est pas de bon aloi.  Il faut que nous tous ayons la volonté de stopper la dynamique d’éparpillement.

 Yves Salesse

Tag(s) : #Débats
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