Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lu sur France insoumise, socialistes, écologistes, communistes... À gauche, la rentrée s'annonce chaude - L'Humanité

France insoumise, socialistes, écologistes, communistes... À gauche, la rentrée s'annonce chaude

Les communistes, les insoumis et les écologistes tiennent leurs universités d’été respectives du 21 au 24 août, les socialistes le week-end suivant. Bien que divisée, la gauche veut relever les défis qui s’annoncent, de l’austérité promise par Bayrou à la lutte contre l’extrême droite, sur fond de municipales cruciales pour chaque force.

le 22 août 2025

Cyprien Caddeo

Un an, en politique, c’est très long. Certaines images vieillissent vite. En août 2024, la rentrée de la gauche s’était faite sous le signe du Nouveau Front populaire (NFP), arrivé en tête aux législatives anticipées, et la première ministrable Lucie Castets s’offrait une tournée des universités d’été dans le rôle de la guest star.

Changement d’ambiance, douze mois plus tard. Lucie Castets est toujours programmée, mais aux seules journées d’été des écologistes, à Strasbourg (21-23 août), et du PS, à Blois (28-30 août), ces deux partis défendant toujours l’hypothèse d’une candidature d’union en 2027. « Ces universités d’été vont être l’occasion de voir dans quelle mesure le NFP est en capacité de faire encore un bout de chemin », soupire auprès de l’Humanité une cadre écolo. « Il est évident que nous ne sommes pas dans la même séquence politique », confirme un communiste. Car si l’accord entre partis n’est pas strictement mort, reste que l’unité s’est fracturée et les tensions sont vives, sur fond de municipales (prévues en mars 2026) où chacun nourrit ses propres ambitions.

Rentrée en ordre dispersé ? Les tensions n’empêchent pas les invitations extérieures : l’écologiste Sandrine Rousseau est attendue à Valence, pour les Amfis insoumis (21-24 août) ; le premier secrétaire socialiste Olivier Faure à Strasbourg, chez les Verts. À Blois, le campus socialiste devrait accueillir une plénière des quatre partis principaux du NFP, pour discuter de la question de l’union.

La lutte contre l’extrême droite en position centrale

La donne politique appelle de fait à la convergence des énergies, ne serait-ce qu’à l’Assemblée, où il faudra ferrailler contre la loi de finances 2026 concoctée par François Bayrou. « Le premier ministre prépare un tapis de bombes budgétaire, il va falloir organiser les résistances populaires », prévient le communiste Guillaume Roubaud-Quashie, chef d’orchestre de l’université d’été du PCF, qui se tiendra à Montpellier (22-24 août). Y sont attendus des cadres des différents partis mais aussi plusieurs représentants syndicaux, notamment de la CGT et la FSU, pour articuler rentrées sociale et politique. Le thème connexe des services publics se retrouve au cœur du travail théorique vanté par les différents partis : les communistes feront un premier bilan de leur campagne « Services publics et industrie », tandis qu’à LFI on se demande comment sanctuariser ces « derniers remparts contre la marchandisation ». « On a bien noté que c’était une des revendications du mouvement qui s’organise autour du 10 septembre », ajoute le porte-parole du PS Arthur Delaporte.

Autre question aux centres de toutes les inquiétudes : la lutte contre l’extrême droite. Centrale pour toutes les forces de gauche, elle figure aussi un des principaux points d’achoppement stratégique. Côté communiste, le secrétaire national Fabien Roussel entend réaffirmer depuis Montpellier la nécessité de prendre « le parti pris du travail », pour paraphraser le titre de son livre publié il y a quelques mois. Manière de réinjecter de la lutte des classes dans le débat, un remède selon lui au racisme qui oppose les classes populaires entre elles, et la seule façon de reconquérir l’électorat parti au RN. Cette ligne est partagée par François Ruffin, député de la Somme qui sera aux journées d’été des écologistes, en attendant sa propre université d’été « Rassembler pour gagner », prévue le 29 et le 30 août à Châteaudun, aux côtés des figures de l’Après, Alexis Corbière et Clémentine Autain.

 

Les insoumis, à l’inverse, se sont éloignés de l’optique de reconquête des électeurs d’extrême droite. Les troupes mélenchonistes jugent désormais que si le racisme a une dimension socio-économique, il a aussi son autonomie et que la gauche n’a pas de débouché politique à proposer aux xénophobes. Les sept ateliers consacrés à l’antiracisme, à Valence, témoignent de l’importance de cette question dans le logiciel LFI, le mouvement faisant le pari d’agréger contre l’extrême droite un socle composé d’antiracistes et de personnes racisées elles-mêmes victimes de discrimination, pour la plupart issues des grandes banlieues urbaines. À distance, ces deux lignes opposées vont donc dialoguer, ce week-end. Les socialistes, fidèles à eux-mêmes, entendent en faire une synthèse : « On refuse cette dichotomie absurde qui voudrait qu’on ne puisse pas défendre les classes populaires dans leur ensemble et combattre le racisme », tranche Arthur Delaporte.

2026, un tremplin pour 2027

Fondamentale dans l’optique de la conquête du pouvoir en 2027, cette querelle devrait aussi s’inviter dans l’épineuse question des municipales. Le scrutin est particulièrement important chez les écologistes, qui y voient un crash-test après avoir remporté de nombreuses grandes villes lors de la « vague verte » de 2020 (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Tours, Poitiers…). Le parti vert revendique par ailleurs de faire du municipalisme l’avant-poste de la bataille contre l’extrême droite.

En mars 2026, les socialistes, qui restent de loin la première force communale à gauche malgré leur effondrement dans les urnes à la présidentielle, seront aussi attendus au tournant. Tout comme les communistes, qui entendent sauvegarder voire approfondir leur ancrage local, après avoir perdu plusieurs circonscriptions importantes aux législatives (Nord, Bouches-du-Rhône, Seine-Maritime…).

« Si la gauche engrange de belles victoires en 2026, ce sera le meilleur tremplin pour 2027, promet Fabien Roussel. Mais je suis extrêmement inquiet car elle part divisée dans de nombreuses villes et certains de nos partenaires portent une lourde responsabilité. » Le secrétaire national du PCF vise sans les nommer les insoumis, qui ne cachent pas leur volonté de faire une percée dans un paysage local dont ils sont pour le moment absents ou presque – cela passe notamment par des attaques contre des villes dirigées par la gauche, par des communistes ou avec leur appui, comme à Paris, Montpellier ou Nantes. De quoi alimenter des tensions dès la rentrée, qui s’annonce à gauche aussi studieuse que chahutée.

 

Tag(s) : #A gauche
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :