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Lu sur Pour leurs universités d’été, les partis de gauche font leur rentrée en ordre dispersé - L'Humanité

Pour leurs universités d’été, les partis de gauche font leur rentrée en ordre dispersé

À huit mois du premier tour, communistes, insoumis et écologistes se réunissent à l’occasion de leurs universités d’été respectives pour plancher sur des questions stratégiques et de fond. Avec un but : préparer les enjeux électoraux à venir.

le 20 août 2026

Anthony Cortes

C’est une rentrée pas vraiment comme les autres. Dans le rétroviseur, il y a les flammes rouge orangé qui ont dévoré les Landes, la Gironde, la Corse, les Pyrénées-Orientales, le Var et même Fontainebleau (Seine-et-Marne) tout au long de cet été caniculaire.

Droit devant, il y a une élection, et pas n’importe laquelle : la présidentielle, prisée avec appétit par une extrême droite dont la voile est gonflée par des sondages plus que favorables. « C’est un moment de grands enjeux et d’immenses défis face auxquels il nous faut être à la hauteur », observe Léon Deffontaines, porte-parole du PCF et adjoint au maire d’Amiens (Somme).

Pour ce faire, trois formations de gauche se réunissent en cette fin de semaine à l’occasion de leurs universités d’été. Les communistes à Toulouse (Haute-Garonne), La France insoumise à Valence (Drôme) et Les Écologistes à Grenoble (Isère). En attendant le rassemblement des socialistes le week-end suivant à Blois (Loir-et-Cher). Leur objectif commun : « Montrer qu’il y a une dynamique populaire en capacité de gagner », tranche Louis Boyard, député LFI du Val-de-Marne.

Élargir le socle électoral des progressistes

Chacun dans leur couloir, menés par leurs présidentiables, les trois partis de gauche entendent « se poser les bonnes questions, se former, et se mobiliser pour obtenir les victoires de demain », dixit Léon Deffontaines. « Il y a un sujet qui irriguera tous nos débats, c’est la lutte contre le RN, poursuit-il. Pour nous, communistes, la priorité c’est d’aller chercher les abstentionnistes et les électeurs RN qui ont pu autrefois voter à gauche. Le défi de la gauche, jusqu’au premier tour de la présidentielle, c’est d’élargir son socle. Nous nous y emploierons. » En présentant notamment leur propre candidat, selon toute vraisemblance, d’après les conclusions de leur récent congrès, en la personne de Fabien Roussel.

Dans ce but, pendant près de trois jours, les communistes se pencheront donc sur des sujets très divers pour convaincre au-delà des actuels électeurs de gauche : bataille de l’accès aux soins, redéfinition de l’école face aux défis démographiques, accès à l’eau, dynamiques électorales de l’extrême droite… Autour de la table : élus communistes, syndicalistes et parlementaires élus sous l’étiquette du NFP.

 

« Ce qui doit guider notre action, c’est la reprise en main de l’appareil d’État pour agir par la planification, détaille-t-il encore. Que ce soit sur le sujet majeur de la rentrée, le dérèglement climatique et ses effets concrets, mais aussi sur la question internationale et le pouvoir d’achat. »

Ensuite, il ne restera plus qu’à aller convaincre, une rue après l’autre, porte par porte. « Il y a peu, j’avais quelques craintes, je redoutais une forme de résignation face aux multiples crises, confie l’ex-tête de liste PCF aux européennes. Mais plus 2027 approche, plus la détermination des militants est grande. Et hors des cercles politiques, il y a un intérêt croissant pour la politique. Je note comme une volonté de ne pas se faire dicter l’ordre des choses. » L’actualité récente, entre mégafeux, prix du litre de gazole au-dessus des 2 euros et instabilité mondiale jouerait un rôle de catalyseur.

Une jeunesse déterminée

Un constat largement partagé chez les insoumis. Avant la tenue de leur rentrée, lancée ce jeudi, et qui doit se conclure dimanche par un discours de Jean-Luc Mélenchon, leur candidat déclaré à la présidentielle, se tenaient pendant quatre jours leurs « Amfis jeunes ».

Un rendez-vous annuel « réservé aux moins de 26 ans » qui a fait le plein avec près de 700 participants, dont 450 mineurs. Une édition record. « C’est une nouvelle génération de militants qui apparaît déjà très politisée, observe l’une des organisatrices de cet événement, Imane El Hamzaoui, membre de la coordination nationale de LFI. Avec un objectif : se munir d’outils pour convaincre leurs parents et leurs grands-parents qu’il existe une voie pour changer la société. »

Tout au long de ces trois jours, les insoumis poursuivront un objectif : « Mettre en dynamique ceux qui ne votent pas », explique Louis Boyard. À savoir les jeunes, les quartiers populaires, mais aussi la France rurale. « Et établir une jonction avec le monde social », complète-t-il.

D’où la tenue de nombreux ateliers à l’intersection des luttes sociales, antiracistes et écologiques : « Santé, alimentation : les injustices écologiques, un enjeu décolonial et antiraciste », « Nouvelle France, nouvelles ruralités » ou « Construire l’autonomie des jeunes », par exemple.

Avec, toujours, comme chez les communistes et les écologistes, un accent mis sur les enjeux environnementaux. La présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, Cyrielle Chatelain, est d’ailleurs annoncée pour échanger avec son homologue insoumise, Mathilde Panot, ce samedi.

Une future prise de guerre ? « Nous avons tendu la main aux forces de gauche, mais maintenant nous sommes en campagne. Tout ce que nous avons à leur dire, désormais, c’est que ceux qui veulent donner un coup de main sont les bienvenus », balaye l’insoumis Louis Boyard. Façon de signifier que si union il doit y avoir, elle ne pourra se faire, selon eux, que derrière Jean-Luc Mélenchon.

Chez Les Écologistes, qui entendent faire de leurs universités d’été l’occasion de « se mettre en ordre de marche pour défendre un projet écologiste et social », selon Aminata Niakaté, porte-parole du parti et adjointe au maire de Paris, on continue pourtant de « prôner l’union ». Encore et toujours. Mais avec qui ? Au sein du parti, il y a ceux, comme Yannick Jadot, qui lorgnent vers la social-démocratie.

Puis celles, à l’instar de Sandrine Rousseau, qui se tournent plutôt vers La France insoumise. Et il y a Marine Tondelier, secrétaire nationale et candidate déclarée à l’Élysée, qui a appelé au dialogue avec toutes les forces de gauche dimanche dernier.

« Nous sommes face au scénario du pire, déplore Aminata Niakaté. Le PS, Place publique et La France insoumise n’entendent pas sortir de leur rivalité pour se disputer l’hégémonie à gauche. Ce qui favorise l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Mais on va continuer à dialoguer, à travailler. L’urgence écologique et sociale nous l’impose. » Union, désunion ou candidatures complémentaires. Cette rentrée politique déterminera au moins en partie la voie que prendra la gauche. Pour la destination que l’on connaît.

Tag(s) : #A gauche
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