Le 19 janvier, dans l'après midi, des centaines de Palestiniens se sont concentrés à Beitunia, près de Ramallah, pour attendre les 78 détenus et détenues sur les 90 censés être libérés par Israël en ce premier jour d’échange de prisonniers. Les autres seront libérés à Jérusalem et Gaza.
le 19 janvier 2025
Ramallah (Cisjordanie occupée), correspondance particulière.
Vers 16 h 30 heure locale, les services de prisons israéliens ont transporté les détenus palestiniens à la prison d’Ofer, près de Ramallah. À Beitunia, la commune palestinienne la plus proche d’Ofer, l’impatience de la foule est palpable. « Il est déjà 18 h 30, s’ils n’arrivent pas bientôt j’irai moi-même les chercher », s’exclame un jeune homme en soufflant la fumée d’une cigarette.
L’ambiance est festive ; des drapeaux palestiniens et ceux des différentes factions palestiniennes flottent aux fenêtres des voitures ou sont agités par des adolescents, tandis que des femmes exhibent des portraits de leurs proches attendus, au son des chansons patriotiques qui résonnent un peu partout.
« Je suis ici pour attendre mon épouse, Zahra Khudroj, détenue depuis un an, explique Omar à l’Humanité. Nous ne savions pas jusqu’à avant-hier que son nom était parmi les libérés, ce fut une surprise, il n’y a que moi pour la recevoir car mes enfants sont à l’étranger, et nous n’avons pas eu de ses nouvelles depuis sa détention. » Oum Fadwa, accompagnée de deux jeunes filles, explique, elle, qu’elle n’a pas de proche en prison mais, assure-t-elle, « je considère tous les prisonniers comme mes enfants. »
70 femmes et 25 hommes doivent être libérés, les fêtes interdites par les autorités israéliennes
Israël a interdit les célébrations cette fois-ci, surtout à Jérusalem, où la police a conduit des fouilles depuis samedi dans les maisons des familles qui attendent des détenus et détenues pour prévenir toute velléité de fêtes palestiniennes.
Officiellement, la liste comprend 70 femmes, dont une mineure, et 25 hommes, dont 9 âgés de moins de 18 ans. Selon les informations du ministère israélien, le plus jeune a 16 ans. Sur la liste, seuls sept prisonniers ont été arrêtés avant le 7 octobre 2023. Parmi eux figure Khalida Jarrar, figure du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Arrêtée fin décembre en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, cette sexagénaire est détenue depuis lors sans charge. Elle se trouvait à l’isolement. En septembre 2021, elle avait été libérée après avoir purgé une peine de deux ans dans une prison israélienne pour avoir participé à des activités du FPLP, puis arrêtée de nouveau.
Les autorités israéliennes ont intensifié leurs mesures de contrôle en Cisjordanie depuis samedi, imposant des portails métalliques entre les villages, et des check-points sur les routes. Dans l’est de Ramallah, l’armée a ainsi isolé six villages dans un espace de moins de 12 kilomètres, en 24 heures.
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Les tensions en Cisjordanie ont augmenté avant même l’annonce du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, surtout avec les déclarations de certains politiciens israéliens qui parlent de l’annexion du territoire. Début janvier, le ministre de Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que « Naplouse et Jénine doivent ressembler à Jabalaya », la ville palestinienne au nord de la bande de Gaza, complètement détruite par Israël dans les derniers mois de la guerre.
L’Autorité palestinienne s’exprime enfin
L’Autorité palestinienne est prête à « assumer pleinement ses responsabilités » dans la bande de Gaza, a déclaré vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas. C’est la première réaction officielle depuis l’annonce, mercredi, d’un accord de cessez-le-feu. « Le gouvernement palestinien, sous la direction du président Abbas, a achevé tous les préparatifs pour assumer pleinement ses responsabilités dans la bande de Gaza », indique un communiqué de la présidence palestinienne, réaffirmant « l’autorité légale et politique de l’État de Palestine sur ce territoire ». Parmi ces responsabilités, la présidence a cité notamment le retour des déplacés, la fourniture de services de base, la gestion des points de passage et la reconstruction du territoire dévasté par plus de quinze mois de guerre.
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Dimanche soir, pendant que les Palestiniens attendaient l’arrivée des libérés à Beitunia, des colons israéliens ont lancé des attaques contre des voitures et maisons palestiniennes dans l’est de Ramallah, mettant le feu à des propriétés dans le village de Sinjel et caillassant des voitures sur la route principale connectant le nord et le sud de la Cisjordanie.
Alors que l’année commence, les menaces de l’extrême droite d’annexion de la Cisjordanie inquiètent les Palestiniens. Ils craignent que le calme qui commence à Gaza ne se traduise par une montée de la violence dans les territoires occupés, générée notamment par les colons, à coups de démolitions de maisons et de confiscation de terres.
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