La série de consultations du chef de l’État s’est poursuivie avec le RN. Le président a annoncé, lundi soir, refuser de nommer Lucie Castets à Matignon et cherche à garder la main coûte que coûte.
le 26 août 2024
Et si, dans la France de 2024, la gauche, même victorieuse, ne pouvait gouverner ? Bien qu’arrivé en tête aux élections législatives, le Nouveau Front populaire (NFP) se voit refuser la charge de former un gouvernement, avec à sa tête Lucie Castets, la candidate à Matignon de la coalition. Emmanuel Macron confirme son déni de démocratie.
« Le NFP serait immédiatement censuré par l’ensemble des autres groupes représentés à l’Assemblée nationale. Un tel gouvernement disposerait donc d’une majorité de plus de 350 députés contre lui, l’empêchant de fait d’agir », a annoncé le chef de l’État dans un communiqué peu avant 20 heures, mardi.
Macron tente de destabiliser le NFP
Ce dernier tente même un coup de force avec une alliance entre perdants des législatives sur le modèle du camp présidentiel entre 2022 et 2024 : « Les échanges avec le groupe Liot et les partis Ensemble pour la République, Modem, Horizons, les Radicaux et UDI ont dessiné des voies de coalition et de travail commun possibles entre différentes sensibilité politiques. » Elle ne pèserait que 188 députés contre 193 pour la gauche. Ainsi, il tente de diviser le NFP en tendant la main aux socialistes, aux Écologistes et aux communistes. Ce que ces derniers refusent.
Macronie, droite et extrême droite avaient déjà accordé leurs violons. Parce que des insoumis pourraient être présents à la table du Conseil des ministres ? L’argument a été battu en brèche après que Jean-Luc Mélenchon a évoqué un éventuel soutien sans participation de la FI à un gouvernement Castets. En raison du « programme de rupture » du NFP, alors ? C’est bien ici que la réponse se trouve.
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Emmanuel Macron a poursuivi lundi ses consultations. À l’Élysée, en plus des présidents des deux chambres, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, il a reçu, dans la matinée, Marine Le Pen et Jordan Bardella pour le Rassemblement national, puis leur allié Éric Ciotti, président du groupe d’extrême droite à l’Assemblée, À droite ! Eux aussi comptent faire tomber, quoi qu’il en coûte, une équipe ministérielle du NFP. Avec les mêmes arguments, à la virgule près, que ceux du camp présidentiel. L’éventuelle absence d’insoumis « ne change strictement rien » pour Marine Le Pen car « c’est Jean-Luc Mélenchon qui dirigera en réalité le gouvernement ».
Migaud, Moscovici, Demurger… le bal des rumeurs reprend de plus belle
Pour la présidente du groupe RN au Palais Bourbon, « il n’est pas question » de laisser appliquer une « politique qui viserait à aggraver considérablement l’immigration, à régulariser les clandestins ». Alors qu’en réalité, c’est bien les mesures de justice sociale du NFP qu’elle craint.
Une fois au pouvoir, la gauche pourrait ainsi abroger la réforme des retraites, augmenter les salaires ou encore réinstaurer une fiscalité plus juste. De quoi débusquer l’imposture de Marine Le Pen, qui voudrait liquider le report à 64 ans de l’âge de départ à la retraite dans la niche parlementaire de son groupe, le 31 octobre, et ainsi en tirer les bénéfices politiques.
Les macronistes ne disent pas autre chose, à l’instar du député Mathieu Lefèvre, lequel assure que l’application du programme du NFP serait « une triple catastrophe pour le pays : catastrophe économique, catastrophe fiscale et catastrophe sécuritaire ». C’est pourquoi Gabriel Attal jure, auprès des députés du groupe qu’il préside, que la « censure » est « inévitable » et dénonce un « coup de force de Jean-Luc Mélenchon ». Et tant pis si la gauche est arrivée en tête des élections…
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Emmanuel Macron, dont l’objectif jusqu’ici était de nommer un premier ministre d’ici à mercredi et la cérémonie d’ouverture des jeux Paralympiques, dit reprendre un cycle de consultations, ce mardi. Le Nouveau Front populaire refuse alors d’y participer. La coalition ne se rendrait à l’Élysée que « pour travailler sur les modalités de cette cohabitation » : « Nous attendons du président de la République qu’il agisse en garant des institutions en tirant la seule conclusion politique d’un scrutin qu’il a lui-même décidé : la désignation de Lucie Castets », persistent la candidate et les quatre chefs de parti.
D’après la Tribune du dimanche, le chef de l’État a d’autres idées en tête pour trouver un chef de gouvernement. La coalition de son camp s’est montrée « ouvert(e) à soutenir un gouvernement dirigé par une personnalité qui ne serait pas issue de (ses) rangs », indique le chef de l’État dans son communiqué. Sont évoqués les noms de Didier Migaud, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, Pascal Demurger, directeur général de la Maif, ou encore Jean-Dominique Senard, dirigeant de Renault. Une façon pour Emmanuel Macron d’essayer de brouiller les frontières de la majorité.
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