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Publié le
Jeudi 3 Mars 2022
 

Ils n’auront pas mis longtemps à réapparaître sur le devant de la scène. Face aux images terribles du drame ukrainien et aux perspectives apocalyptiques que fait planer Vladimir Poutine sur l’avenir du monde, les promoteurs de la « fermeté », voire de la riposte militaire, reprennent de la voix. Mardi soir, répondant à l’invitation du philosophe Bernard-Henri Lévy, un large spectre de personnalités politiques, dont Valérie Pécresse, Anne Hidalgo et Jean-Michel Blanquer, se sont pressées à la tribune pour exprimer leur solidarité et leur soutien au peuple ukrainien. Mais aussi instiller l’idée que, face à la violence de l’invasion russe, seul le feu pouvait répondre au feu. Et que toute autre option – disqualifiée par avance – relèverait de la « naïveté », de la « faiblesse », si ce n’est de la « complaisance » ou de la « compromission » avec le maître du Kremlin.

N’en doutons pas : ce manichéisme des va-t-en-guerre, enivrés par l’exaltation lyrique de l’héroïsme des autres, a toujours été la première étape des engrenages guerriers, ceux qui mènent au pire, ceux qui étouffent les solutions à même d’épargner des vies et de reconstruire la paix. Bernard-Henri Lévy jouait déjà les ministres de la Guerre en Irak et en Libye, intarissable sur la nécessité d’y porter le fer, indifférent aux années de chaos et de martyr qui s’ensuivirent. Il récidive depuis les banquettes en velours d’un théâtre parisien, sommant l’opinion publique de choisir son camp. Le sien représente évidemment celui du « bien », de la « liberté » et de « l’Occident » (« le meilleur endroit où être »), offrant à Vladimir Poutine le miroir d’une rhétorique ethniciste et civilisationnelle (« eux » contre « nous ») dont le dictateur russe aime user tout autant auprès de son peuple… Les deux font la paire.

Faire du conflit en Ukraine un choc des civilisations, comme le défendent BHL et ses amis, ne peut qu’envenimer la situation. Et démultiplier le risque d’une escalade des armes. Or, la Russie et ses quelque 6 000 têtes nucléaires n’est pas l’Irak de Saddam Hussein ou la Libye de Kadhafi. Toutes les énergies et pressions doivent être mobilisées pour pousser Poutine à un cessez-le-feu et ouvrir des négociations. Une exigence qui n’a pas besoin des postures du bellicisme mondain. 

Tag(s) : #Paix
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