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Ma chronique de l’extrême centre par Pierre Serna. La seconde mort de Samuel Paty
Vendredi 17 Décembre 2021
 

Le site très officiel ­Légifrance contient le texte de l’ordonnance n° 2021-1574 du 24 novembre 2021 « portant partie législative du Code général de la fonction publique ». En clair, demeurant sourd à toutes les oppositions qui n’ont cessé de se faire entendre depuis 2019 venues des élu.e.s, des syndicats, des député.es, le président Macron tente de faire disparaître le socle de l’État. Il tente d’effacer la construction solide, sereine, efficace du statut des fonctionnaires comme garants du bon fonctionnement des services publics. Le rapport avec Samuel Paty ? Il semble assez clair. Après le fracas symbolique de la cérémonie dans la cour de la Sorbonne entièrement vide un an après l’assassinat, après les grandes promesses de défense des agents de l’État et de leur indépendance dans l’application de ses valeurs, c’est entre autres la fonction des professeurs et leur entière liberté qui à terme sont et seront remises en cause. Dans cet État sans statut, le rêve d’un Macronland ­ultralibéral devient la règle de fonctionnement banale et violente d’une gestion à court terme de la politique de la nation.

Quelle sera la capacité d’initiative de fonctionnaires évalués par des supérieurs ayant des réflexes de managers ou possédant pour seule boussole la rentabilité ? Le projet de société macronien tourne le dos aux conquêtes des ministres de gauche depuis quatre-vingts ans, et notamment les avancées que permettait la loi proposée par le ministre communiste Anicet Le Pors. Comment dans cette vision d’un État réduit à peau de chagrin, mais surtout n’offrant plus ni sécurité à ses professeurs, ni indépendance, ni liberté de parole, ni liberté d’expression pour défendre des valeurs face à une société divisée, comment les professeur.e.s d’école, de collège, de lycée, d’université, les chercheur.e.s vont-ils affirmer leur liberté sans être sans cesse menacé.e.s par leur chef d’établissement ? Qu’on ne s’y trompe pas, la banalité du fonctionnement de la République par le système des ordonnances, dans ce cas précis pour imposer le démantèlement de la fonction publique, en catimini, loin des feux faussement spectaculaires d’un début de campagne présidentielle désespérant, est un coup de poignard dans le dos des fonctionnaires. Un second enterrement de qui est mort pour défendre envers et contre tout l’indépendance, la force et le courage des fonctionnaires incarnant les valeurs d’un État républicain.

Tag(s) : #luttes citoyennes
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