Déclaration du groupe Front de gauche et citoyen-nes (18 février 2016)
Avec cette séance la Métropole du Grand Paris prend ses premières délibérations d’intérêt public. Un mois et demi après sa création, les maires de la Métropole, avec votre présidence, réussissent pour l’instant à mettre en place cet OVNI politique, qui ne cherche pas à supplanter les communes et territoires.
La décision de verser très rapidement les attributions de compensation montre cette volonté de respecter les échelons au plus près des citoyens. Elle montre la préoccupation en même temps que nous construisons la Métropole que les communes et territoires fonctionnent au mieux. Cela malgré une construction législative plus qu’hasardeuse, voire dangereuse pour les finances des communes et des Territoires.
Notre groupe a souhaité que la lutte contre les inégalités territoriales apparaissent dans les délégations. Vous l’avez accepté et nous vous en remercions. Nous apprécions la volonté collective de construire une Métropole, comme cela ne se fait nulle part ailleurs, c’est à dire, tout en prenant en compte le fait majoritaire, (la droite est majoritaire dans la Métropole), nous avons décidé ensemble de gérer en syndicat de communes, respectueux de chaque collectivité, de partager les responsabilités de l’exécutif entre les différentes grandes sensibilités politiques qui composent notre conseil métropolitain. C’est un pari, c’est un beau pari !
Nous avons conscience que cela ne sera pas un long fleuve tranquille. Cette décision n’effacera pas nos oppositions politiques. Je pense à la question de la lutte contres les inégalités sociales et spatiales, à la nécessaire construction de logements sociaux dans toutes les villes et dans des proportions importantes, je pense à la place du service public contre la marchandisation de la société, à la place des citoyens dans les prises de décisions…. J’arrête là l’énumération, mais elle pourrait être longue.
Cette conception de respect des collectivités locales composant notre conseil métropolitain veut dire qu’aucun maire ici, aucun conseiller métropolitain ne peut imposer à une collectivité locale quelque chose sur son territoire qu’il ne voudrait pas. C’est ce mode de fonctionnement qui nous a conduit a accepter de participer à l’exécutif. Un fonctionnement qui n’est pas une métropole centralisatrice et austéritaire, mais une métropole coopérative de ville. Si cette règle du jeu changeait, nous ne resterions pas.
Cela veut donc dire aussi, à notre avis, que l’Etat doit garder ses prérogatives, ses moyens d’intervention pour imposer, par exemple, la construction de logements sociaux partout, il en a les moyens de par la loi aujourd’hui.
Nous faisons aussi le pari de l’intelligence en nous disant que nos confrontations de points de vue et de pratiques ici, pourront permettre de faire avancer des dossiers concrets pour les habitants. Aussi, tout en respectant notre mode de fonctionnement consensuel, le groupe Front de gauche, comme certainement tous les autres groupes, ne taira pas ses conceptions, ne gommera pas son originalité lié à sa perception des enjeux de société qui vise à mettre l’humain au centre des préoccupations. Par contre, nous apprendrons à travailler avec toutes et tous sur ce qui tout ce qui permettra de mieux répondre aux besoins des habitants des communes formant notre Métropole du Grand Paris.