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Malakoff : Résistance et Libération, deux récits

Tiré de l'ouvrage : LA LIBERATION DANS LES HAUTS DE SEINE de Jacques Perrier

édité en 1994 par le Conseil Général 92 préface de Charles Pasqua

Chapitre 18 : MALAKOFF 24 HEURES AVANT LA LIBERATION, LES HEROS SONT ENTERRES DANS UNE VILLE TRANSFORMÉE EN FORTERESSE INEXPUGNABLE

Une tradition de lutte ouvrière, l'engagement de certains de ses habitants dans la guerre d’Espagne prédisposaient, si l'on peut dire, Malakoff à devenir un lieu de résistance.

Le premier acte connu de rébellion envers l'occupant s'est déroulé le 14 juin 1940 au moment où les allemands entraient dans Paris ! M. Laurent, soldat de l'armée en déroute avait regagné son domicile, 14 rue Hoche, pour trouver une maison vide. Comme les deux tiers des habitants de Malakoff, sa famille avait été emportée par l'exode. Furieux, il insulta des soldats allemands qui passaient route de Châtillon. Arrêté, il fut fusillé le soir même par des SS.

Quelques jours plus tard, la résistance s'organisait dans les milieux ouvriers qui n'étaient pas gênés, semble-t-il par le pacte germano-soviétique. Des groupes de trois, quatre ou de cinq se formèrent au cours de réunion nocturnes, tenues dans des terrains vagues à la limite de Malakoff, Châtillon et Montrouge. Dans un premier temps, on se contenta d'imprimer des tracts, comme en 36, au moment du Front Populaire !

L'attitude de Georges Guillet, président de la Délégation spéciale de Malakoff, nommé par le nouveau préfet de la Seine, contribua à renforcer les convictions de ces résistants de la première heure. Ce retraité, haut fonctionnaire de la préfecture de police, ne supportait pas les communistes qu'il appelait « les bolcheviks ». Il écrivit donc une lettre (qui a été retrouvée) au chef de la Kommandantur de la banlieue sud, lui demandant de prendre des communistes en otages afin de freiner l'action de la Résistance.

« Les chefs communistes sont maintenant presque tous revenus dans nos communes... C'est ainsi qu'ils tentent par tous les moyens de nous compromettre, en se glissant parmi la population pour l'inciter à la révolte. Il y a plus grave. Ils couvrent les murs d'écrits injurieux pour la nation allemande ou ses chefs. Ils étalent des barricades de pavés dans les virages dangereux pour provoquer des accidents. Mes collègues et moi-même estimons qu'une œuvre considérable pour la paix publique serait réalisée si les chefs communistes étaient directement désignés comme gage de l'attitude correcte de la population qui les avait élus, nous considérant nous-mêmes comme des étrangers à la commune. »

Au rapport était jointe une liste de suspects et, le 20 octobre 1940, le préfet de police Langeron publiait un arrêté précisant que « Toute découverte de tracts clandestins sur le territoire d'une commune de la Seine entraînerait l'internement administratif de militants communistes résidant sur son territoire. »

Le lendemain, les anciens conseillers municipaux René Sentuc, Arblade, Avaulée, Gerber et l'ex-secrétaire des syndicats CGT Louis Girard étaient arrêtés et emprisonnés.

Georges Guillet pouvait écrire à la Kommandantur : « le nombre de meneurs communistes arrêtés dans la ville sur la demande de la municipalité dépasse 60. »

Cette rafle ne fit pourtant que conforter la résistance locale dans ses activités clandestines. Un abri de jardin, rue de la Gaité, avait été transformé en imprimerie. « L'imprimeur » M. Marcel Langlois, raconte : « Des milliers de tracts destinés aux usines de banlieue pour appeler au sabotage systématique y ont été fabriqués avec les moyens du bord. Trois femmes assuraient la distribution. Deux fois par semaine, elles venaient faire leur provision d'affichettes. »

Deux d'entre elles, Mme Simone Doiselet et sa fille Paulette furent arrêtées et déportées. Elles ont réchappé aux camps de la mort et ont pu témoigner à leur retour en France. La troisième, Luce Gerber, dont le mari avait été arrêté, termina son combat comme agent de liaison du Colonel Fabien, chef des FTP. Une quatrième femme, Mme Dupré s'occupait de collecter des fonds pour la Résistance.

Cette activité incita probablement le colonel Rol-Tanguy, qui devait devenir le chef des Forces Françaises de l’Intérieur, à installer son premier PC clandestin à Malakoff, au n°11 de la rue François Coppée. Il y restera trois ans, jusqu'à la fin de 1943.

Lentement mais sûrement, les différents mouvements s'ordonnaient tout en se concertant, ce qui n'était pas courant à l'époque, malgré les inévitables clivages politiques. M. Poignant, chauffeur de taxi le jour, devenait à la nuit tombée, le chef d'un réseau hébergeant et convoyant des aviateurs alliés abattus par la DCA allemande. « Mon petit appartement, 43 rue Gambetta, était transformé en dortoir, au point qu'il n'y avait même plus de place pour moi. Je devais aller dormir chez ma sœur après m'être assuré que mes Américains ou mes Canadiens n'avaient plus besoin de rien. Devant le nombre de pilotes qu'il fallait cacher, nous avons dû nous agrandir. Un copain nous a prêté son logement dans un endroit calme, rue du Dr Ménard. »

Dans le même temps, Libé-nord confiait à M. Bare la création d'une compagnie FFI (cent hommes qui ne possédaient au début que trois revolvers et un fusil de chasse!).

Un étudiant, J. Desbordes, élève au lycée Louis-le-Grand à Paris, recrutera de jeunes ouvriers et quelques scouts. En 1943, ils seront une trentaine, « armés » de 6 revolvers, 3 fusils et 17 poignards. A la Libération, ils rejoindront la compagnie de M. Bare.

UN OBUS DE LA DCA ALLEMANDE

Ce sont finalement les Allemands qui, paradoxalement, déclenchèrent l'insurrection, quarante-huit heures avant que Rol-Tanguy lance son ordre de mobilisation générale de son nouveau PC de Montrouge. Le 17 août, vers sept heures du matin, un obus de la DCA éclata à l'angle de l'actuel bd Gabriel Péri et de la rue Renault, à l'endroit précis où une centaine de personnes faisaient la queue pour avoir un peu de lait et quelques légumes. Les éclats firent quinze victimes dont cinq moururent presque aussitôt. Parmi les blessés, il y avait trois enfants. Devant un tel carnage, quelques heures avant une libération que l'on sentait proche, la colère de la population monta d'un seul coup. Ceux qui connaissaient des résistants leur demandèrent d'intervenir : « Faites quelque chose, on ne va pas se laisser massacrer, alors que les Alliés sont à 150 kms de Paris ! »

Pour rassurer les habitants de Malakoff, les FFI et les FTP organisèrent alors des patrouilles armées. « Il fallait sortir de l'ombre, nous montrer » raconte J. Desbordes.

En les voyant, le maire collaborateur, Georges Guillet jugea prudent de fuir, à la tombée de la nuit, non sans avoir averti la Kommandantur. Mais celui qui lui répondit au téléphone parlait très mal le français et il ne comprit pas la gravité de la situation.

Le 19 aout, à l'heure du laitier, les FTP investissaient la mairie et arrêtaient les deuxiéme et troisième adjoints, Tesson et Touvion, à qui Georges Guillet avait délégué ses pouvoirs et sa signature. En moins d'une heure, la prise de la mairie fut connue de toute la population et, bientôt, le parvis et la cour de l'édifice municipal rassemblaient plusieurs centaines de personnes qui criaient « vengeance » ! On dut protéger Tesson qui faillit être écharpé. « Pour sa défense, le pauvre type hurlait, mais moi je suis resté, je n'ai rien fait », a raconté un témoin.

Dans le même temps, les FFI de J. Desbordes occupaient le commissariat de police. Les deux points stratégiques de Malakoff étaient aux mains de la Résistance.

Vingt-quatre heures se passèrent sans incident notable. « Le 21 dans la matinée, explique J. Desbordes, nous avons reçu l'ordre de rendre Malakoff inexpugnable. Il fallait isoler la ville et la rendre impénétrable à l'ennemi en construisant des barricades sur des axes précis. »

Les FFI, pour leur part devaient édifier des barrages avenue du 12 février-1934, près du dépôt des autobus, l'autre route de Montrouge (bd Gabriel Péri) à la hauteur de la pharmacie Roux et enfin rue Pierre Larousse et route de Châtillon.

Le plan avait été parfaitement imaginé. Celui qui n'avait pas une carte détaillée des barricades ne pouvait pas entrer dans Malakoff. A plusieurs reprises, des engins blindés allemands qui fuyaient devant les troupes alliées durent faire demi-tour. L'un d'eux qui ne manœuvra pas assez rapidement fut incendié par un cocktail Molotov.

Cette situation de forteresse incita certains résistants à aller se battre ailleurs. C'est ainsi que Gabriel Crié et Marcel Guittet furent tués à Vanves en transportant un blessé (voir le chapitre sur Vanves) et Jean Monneron et Eugène Vaugeois à Montrouge.

Le 23 aout, alors que Leclerc n'était pas encore arrivé à Rambouillet, Malakoff fit des funérailles grandioses à ses quatre héros. Un cortège de deux mille personnes, protégé par les FFI et les FTP en accompagna les quatre cercueils depuis la mairie jusqu'au cimetière.

Le lendemain, il fallut détruire les barricades pour laisser passer les chars de la 2ème DB. « Ce fut plus long que prévu et les soldats français durent aider les habitants de Malakoff pour gagner du temps. »

Un jeune lieutenant leur dit même : « Finalement vous n'aviez pas besoin de nous, vous vous êtes très bien débrouillés seuls. » Ce fut probablement le plus bel éloge décerné aux habitants de Malakoff !

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Tiré de l'ouvrage MALAKOFF CENT ANS D'HISTOIRE

La libération

Un comité local de Libération (C.L.L.) s’était constitué dans la clandestinité pour remplacer l'administration communale à la solde des occupants et comportait à l’origine les mouvements de résistance suivants: Front national, Ceux de la Résistance, Parti communiste Français, Libération Nord (qui comprenait des socialistes), Union des syndicats C.G.T. Il s’élargit à d’autres organisations après la Libération. Des groupes de francs-tireurs et partisans (F.T.P.) agirent contre les positions allemandes ou les installations industrielles à Malakoff, Vanves, Clamart et Issy-les-Moulineaux. Aux approches de la Libération, des milices patriotiques se constituèrent dont l’un des organisateurs fut Jules Malzac.

La bataille se rapprochait de Malakoff. Plusieurs bombardements de la banlieue eurent lieu. Un obus de la D.C.A. allemande éclata à l’angle du boulevard Gabriel-Péri actuel et de la rue Renault et fit quinze victimes, dont cinq morts. Puis, ce furent les combats de la Libération.

M. Malzac nous a laissé le récit de la prise de la mairie de Malakoff dès le 19 août 1944 : « - La mairie de Malakoff fut occupée le 19 août par six responsables: Bouillot, Larue, Gille, Bretagnol, Durand et Malzac, désignés par la Résistance et accompagnés par un groupe de F.F.I. armés. Le "maire" Guillet avait fui la mairie depuis la veille en déléguant ses pouvoirs et signatures aux deuxiéme et troisième "adjoints" Tesson et Mouvion. Guillet avait en effet été avisé par téléphone, le 18 août dans l’après-midi, par le cabinet du préfet, que des incidents pourraient se produire tant à la mairie que sur le territoire de la commune et il avait pris ses précautions. Le personnel de la mairie informé de notre arrivée, fut rassemblé et décida, unanimement, de continuer son travail comme auparavant. Le bruit de la prise de la mairie se répandit comme une traînée de poudre et bientôt, sa cour fut pleine de monde ce qui valut à Tesson d’être un peu malmené. La Résistance s’organisait, le 20 août, la décision fut prise par les organisations locales d’élever des barricades et un responsable fut désigné dans son quartier. La situation restait tendue car les Allemands occupaient encore le fort de Vanves à Malakoff — »

Le colonel Desbordes raconte, de son c6té, qu’après avoir occupé avec son groupe de seize F.F.I. le poste de police de la rue Henri-Martin dans la soirée du 19 août, il entra en relation avec les F.T.P. occupant la mairie qui lui remirent des prisonniers. Il poursuit : « ... Le 22 au matin, je reprends le service, mon effectif s’est réduit à douze hommes. La population environnante nous apporte à manger. A quatorze heures, je reçois un ordre ; il faut isoler Malakoff et le rendre impénétrable à l’ennemi par la construction de barricades. Ces barricades ne doivent pas empiéter sur les grands axes. Pour notre part, trois barricades sont à construire, l’une rue du 12-Février-1934, près du dépôt des autobus, l’autre route de Montrouge (boulevard Gabriel-Péri) à la hauteur de la pharmacie Roux, enfin une sur la rue Pierre-Larousse devant l’actuel dispensaire Ténine. A partir de dix-sept heures, les barricades s’érigent avec le concours entier de la population, hommes, femmes et enfants. Elles sont hautes d’un mètre cinquante et faites surtout de pavés provenant des rues défoncées... »

Des barricades furent ainsi érigées à différents carrefours et sur la route de Châtillon pour gêner les mouvements des troupes allemandes. Georges Poinçon et sa femme qui furent témoins et combattants durant les journées de la libération de Malakoff, nous indiquent : « La construction des barricades fut extraordinaire. Ma femme et moi avons participé à l’édification de celle du boulevard Gabriel-Péri, alors route de Montrouge, juste avant le premier pont, en se dirigeant sur Vanves. Elle fut montée en une après-midi. On ne savait d’où sortait tout ce qui y fut mis, mais les lits, matelas, vieilles tables, chaises, tabourets, et toutes choses inimaginables venaient de partout et étaient repris de bras en bras avant d’être soigneusement mis en place par ceux qui pensaient être des spécialistes. Toute la route de Montrouge d’alors, la rue du Chemin-de-Fer, la rue Paul-Bert, l’avenue Jules-Ferry, la rue Ampère étaient là et dès avant la nuit, tous pouvaient contempler leur œuvre avec satisfaction.

Les chars allemands auraient eu bien du mal à entrer dans Malakoff, car les barricades il y en avait partout, à toutes les entrées ou sorties de la ville et le labyrinthe était si finement calculé que celui qui ne connaissait pas parfaitement la ville ou n’avait pas un plan détaillé des barricades était incapable d’entrer dans Malakoff d’autant que chacune était protégée, par des F.T.P. armés de bouteilles incendiaires surnommées "cocktails Molotov". »

M. Poinçon explique aussi comment il contribue à armer les F.F.I., F.T.P.F. de ces redoutables armes antichars : « J’expose mon projet. Il est aussitôt apprécié et l’on me remet des mandats de réquisition pour me procurer les produits nécessaires à sa mise en œuvre. En bicyclette, avec une roue arrière sans chambre à air, ni pneu et ne pédalant que d’une jambe, je me rends chez les pharmaciens les plus proches et chez Grammont, rue Raspail. Quelques temps après, j’avais suffisamment de quoi faire mes premiers cocktails. Prudent, complètement ignorant de cette technique, je réalise mon premier échantillon modeste par la taille et devant plusieurs centaines de F.T.P., qui n’avaient pour armes que la volonté de survivre et leurs mains nues, que j’avais pris soin de faire reculer et qui faisaient un demi-cercle dont j’étais le centre, je jette la bouteille de toutes mes forces contre le mur du fond de la cour. Le succès est total. Les flammes, aussitôt la bouteille brisée, jaillissent jusqu’à plusieurs mètres de hauteur.

L’enthousiasme est immédiatement à son comble. Un tonnerre d’applaudissements et de hourras saluent cet exploit. Et aussitôt avec des camarades, la fabrication industrielle commence. En une nuit plusieurs centaines de bouteilles sont fabriquées et aussit6t réparties aux différents points stratégiques de la ville.

A la porte de Vanves une attaque de camions allemands est repoussée et un camion flambe ; sur l’avenue Pierre-Brossolette, alors route de Châtillon, du pont de Maison-Blanche, c’est une voiture de pompiers qui est touchée, fort heureusement, on ne compte aucune victime.

Malheureusement, la Libération à Malakoff, ce n’est pas seulement l'enthousiasme de la victoire toute proche. Malakoff, connaît ses victimes. Aucune d’entre elles ne périt à Malakoff même, mais deux de nos camarades, Monneron et Vaugeois, pris par 1’ennemi, furent fusillés sur le territoire de Montrouge et deux autres, Crié et Guittet à Vanves, au carrefour de l'Insurrection.

Malakoff fit, alors que l’ennemi était encore à ses portes, des obsèques grandioses à ses héros. Un cortège imposant de plusieurs milliers de personnes les accompagna du centre de la Ville jusqu’au cimetière. L’automitrailleuse, qui protégeait le cortège, dont je ne peux dire d’où elle venait, n’eut pas à intervenir pendant cet interminable et impressionnant défilé. L’ennemi immobilisé par les barricades de Paris et de sa banlieue, ne pénétra jamais dans Malakoff, protégé par ses meilleurs fils armés de cocktails Molotov. »

Alors que l'insurrection parisienne prend de l’ampleur, le 24, les blindés de la 2° Division de Leclerc puis ceux des unités américaines entrent dans Paris, par la route d’Or1éans et par la R.N. 306. La population qui à déjà libéré Malakoff par ses propres moyens, les accueille chaleureusement.

Le comité local de Libération administre provisoirement la ville. Le président en sera d’abord, après le 19 août, Victor Larue, un ouvrier résistant qui travaille à la S.N.I.A.S. Châtillon, puis assez rapidement Léon Salagnac, premier adjoint au maire avant septembre 1939, qui, après plusieurs séjours en prison s’en est évadé pour devenir l’un des organisateurs de la Résistance dans la région parisienne. Les vice-présidents sont MM. René Sentuc, Bouillot et Nicolaï et les membres choisis dans les différents mouvements patriotiques : MM. Bare, Charlety, Doiselet, Gesta, Gille, Joachim, Viscens, Fourrier, Clément, Duran, Cressin et Mmes Julien et Malzac. Le 12 octobre 1944, la délégation spéciale, présidée par Léon Salagnac, tient sa première réunion.

La Libération est une réalité, mais la guerre va continuer jusqu’au printemps suivant et il va falloir s’atteler à la tache difficile de redonner à Malakoff et à sa population des nouvelles raisons de vivre et d'espérer.

Notes

9. Le décret gouvernemental exigeait en effet de : « répudier catégoriquement toute adhésion au Parti communiste et toute participation à ses activités, soit par démission, soit par une déclaration rendue publique, avant le 16 octobre 1939. »

10. Les originaux des diverses correspondances de Guillet se trouvent aux Archives de la Seine.

11. Au terme de son discours d ’intronisation, Guillet fit voter un "message au Maréchal" qui se concluait ainsi : « - constitué sur les cendres d’un ancien foyer communiste, la nouvelle assemblée est résolue à collaborer de toutes ses forces et de tout son cœur à l’œuvre de rénovation nationale entreprise par le chef de I ’État. » Dans le même moment, des communistes, des socialistes, des gaullistes, et d’autres patriotes tombaient dans les fossés du mont Valérien et dans tant d’autres hauts lieux de martyre sous les balles des hitlériens.

12. Le Petit Parisien collaborateur du 29 décembre 1941 chanta les louanges de Guillet "Maire de Malakoff" à propos de cette "Maison d’assistance" dont les locaux avaient été construits à l’initiative des élus ouvriers dont les usurpateurs avaient pris la place.

13. Le I9 juillet 1943, Guillet signale des propos tenus dans les files d’attente et dans les cafés « notamment des menaces de mort à l’égard de l’ancien maire, lequel en qualité d’inspecteur général de Rescos, bénéficie de la carte "T" et supplément de travailleurs de force qui lui est octroyée par le ministère du Travail. La production de ces tickets chez les fournisseurs locaux cause une certaine effervescence dans le public. » Effectivement, après avoir rompu avec le P. C.F., l’ancien maire, avait adhéré au groupe Gitton, partisan de la collaboration et avait été affecté au poste officiel d’inspecteur des restaurants dits "communautaires". L’on saura à la Libération que Guillet et ses acolytes ne souffrirent jamais de restrictions, car ils puisaient abondamment, avec l’aide de la préposée au ravitaillement, dans certains stocks de vivres et de textile.

Tag(s) : #Libération Résistance
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