Après les municipales, situation complexe à Sud de Seine
Un certain nombre de Malakoffiots s'intéressant à la vie politique locale s'interrogent. Que se passe-t-il à la Communauté d'agglomération après des élections municipales qui ont conduit à la défaite les deux maires socialistes, de Clamart et de Fontenay-aux-Roses, au profit d'élus de droite?
Les divergences politiques entre les quatre maires, issus à égalité du PCF-Front de Gauche et de la droite, ne doivent pas conduire au blocage du fonctionnement de l'agglomération. C'est une question de responsabilité. Il convient que les ordures soient ramassées, que l'éclairage public soit entretenu et modernisé, que les structures culturelles et les piscines fonctionnent, que les navettes de la RATP roulent et que les lourds investissements menés notamment à Malakoff en matière d'assainissement soient poursuivis, etc.
En résumé, l'intérêt général local doit primer, les élus sont là pour y faire face avant toute prise en considération des débats partisans, même complètement légitimes. La Gauche citoyenne de P. Jarry et l'UMP font ainsi fonctionner l'agglomération Nanterre-Rueil-Suresnes avec efficacité et dans la clarté de divergences politiques non secondaires et affichées.
Ceci ne signifie pas le consensus mou: quand parmi les premières décisions de la nouvelle équipe de Clamart on observe l'augmentation des indemnités des élus de manière substantielle et une modification du PLU qui vise notamment à limiter le parc des logements sociaux, ceci ne peut qu'être vivement combattu, au moins par la gauche...
Au sein de Sud de Seine, la gauche, avec EELV, reste majoritaire grâce à Bagneux et à Malakoff. Elle aurait donc formellement pu imposer un exécutif de gauche excluant les élus de droite de l'exécutif.
Ceci aurait été une faute politique, ne respectant pas l'esprit de la démocratie, le choix des électeurs.
Cela aurait aussi été une erreur sur le plan pratique car cela aurait conduit au blocage des services mis en commun par les quatre communes, conduisant de fait à l'éclatement d'une agglomération qui, si le calendrier est tenu, devrait en 2015 se fondre dans un "territoire" de la Métropole du Grand Paris...
Pour les raisons qui précèdent, le choix des quatre maires en place a été de poursuivre le fonctionnement par consensus qui a été la règle à Sud de Seine depuis sa création en 2005. La présidente élue est MH. Amiable, maire de Bagneux, les trois vice-présidents étant C. Margaté, D. Berger (Clamart) et L. Vastel (Fontenay). Ceci depuis la première réunion du Conseil Communautaire.
Par contre, l'exécutif complet n'a à ce jour pu être désigné. Des conseillers délégués sont en effet nécessaires au bureau afin de prendre en charge le suivi politique de dossiers multiples et variés. C'est aussi une façon d'associer EELV au bureau. Deux délégués étaient ainsi prévus respectivement pour le Front de gauche, le PS et la droite, et un pour EELV.
Ceci n'a pu se faire en raison de deux exigences contradictoires:
-d'une part, celle du PS qui a présenté ses deux maires battus, mais réélus comme conseillers communautaires, pour le bureau;
-d'autre part, celle de la droite qui ne voulait pas en entendre parler.
L'argument affiché, un peu facile mais non dénué de fondement, par cette dernière était que les deux ex-maires faisaient tous les deux l'objet de procédures judiciaires. Lors de la dernière élection de P. Kaltenbach et de P. Buchet par le Conseil Communautaire, des voix leur avait déjà manqué au sein de la précédente majorité de gauche communautaire pour ce motif. MH Amiable et C. Margaté avaient au contraire fait le plein.
L'autre argument, recevable, était qu'il ne fallait pas prendre le risque de transposer au niveau du bureau les conflits internes aux communes, ne pas prendre le risque de situations où l'agglomération serait prise en otage pour des motifs ne concernant qu'une des communes...La probabilité de survenance d'une telle situation n'est pas nulle puisqu'elle s'était déjà présentée lors du remplacement récent d'un conseiller délégué communautaire EELV pour des motifs purement clamarto-clamartois. Le résultat en avait été le blocage des dossiers relatifs au développement durable pendant au moins six mois.
Privilégier l'intérêt général communautaire est en tout cas la ligne directrice des maires de Bagneux et de Malakoff, et de nombre d'élus communautaires.
Voilà où en est à ce jour le fonctionnement de Sud de Seine: l'administration travaille, les services à la population sont rendus mais le bureau est incomplet. Ceci à un moment où les acquis de l'agglomération sont à préserver face à la politique d'austérité (-1,5 million € de dotations d'Etat dès 2014 et 2015; sans doute plus entre 2016 et 2018...) et à la préfiguration de la Métropole du Grand Paris…
Souhaitons que la raison citoyenne l'emporte, fut-ce au détriment de la politique politicienne. Si cela n'est pas possible, il ne faut pas se montrer surpris et inquiet de la montée de l'abstention et du FN. Ce type de blocage, peu apprécié de nos concitoyens, ne peut qu'y contribuer.
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