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Municipales à Malakoff: au delà des étiquettes trompeuses et des discours ronflants, la réalité des projets

A quelques encablures de l'élection municipale, faisons le point des propositions des concurrents de la liste conduite par C. Margate, “Ensemble pour Malakoff”.

La situation s'est simplifiée avec le forfait de la liste UMP-centre droit consécutif à une bévue "administrative". Les listes d'extrême- gauche ne présentant pas véritablement de propositions locales, l'analyse des propositions des listes concurrentes de la liste "Ensemble pour Malakoff" se limite rapidement aux deux listes restantes," Le Malakoff citoyen" et "Malakoff Plurielle", principalement à cette dernière, Le Malakoff citoyen n'ayant jusqu'à présent pas présenté de jeu complet de propositions pour la mandature municipale prochaine.

Le premier point commun de ces listes est d'abord un "90 ans, ça suffit", qui cache mal un anticommunisme hors d'âge et ignore délibérément que la liste conduite par C. Margaté, loin d'être figée, est à 48% composée de nouveaux par rapport à 2008, et renouvelée à 80% par rapport à 2001. "Ensemble pour Malakoff" rassemble de plus, et cela n'était pas évident a priori, la gauche et les écologistes dans leur diversité, avec des candidats communistes, des membres du PS, des participants du Front de gauche, des personnalités progressistes et des membres d'EELV pour la première fois présents dans la liste d'union de notre ville.

Les deux listes valorisent un engagement citoyen "hors parti" supposé supérieur à celui d'une liste composée principalement de membres de partis. Cette manière de voir ressemble très fort à un surf de circonstance sur la vague populiste anti monde politique qui, sous d'autres formes, nourrit par ailleurs l'abstention et le vote FN. Dans le cas de Le Malakoff Citoyen, certains candidats appartenaient à l’UMP (jeunes populaires). Dans le cas de Malakoff Plurielle certains candidats figuraient sur la liste du MODEM aux élections précédentes.

Dans les deux cas, cela tient de la tentative de camouflage, sauf à s'en expliquer clairement, ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent.

S'agissant des propositions de Malakoff plurielle maintenant, ce qui frappe d'abord c'est qu'elles révèlent une réelle difficulté à maintenir une cohérence entre le discours souvent entendu du type "j'aime Malakoff, sa diversité sociale et son vivre ensemble, son caractère de village, vert, etc." et d'expliquer immédiatement après qu'il faut y changer beaucoup de choses, non secondaires au regard de l'ambiance générale de la ville.

Quelques propositions n'en sont pas: ainsi il est proposé de faire participer l'opposition à la commission des finances préalable à chaque conseil municipal alors que ceci était déjà le cas au cours des mandatures précédentes.

Nombre des idées, présentées comme novatrices, ne font que reprendre des actions déjà initiées ou prévues par l'équipe sortante: par exemple des stationnements minute, un site collaboratif de la jeunesse, les activités périscolaires de toutes sortes incluses dans la réforme des rythmes scolaires en cours de mise en oeuvre, l'aide aux devoirs, la diversification de l'offre de logements (social-accession sociale- habitat participatif-privé etc.), la création d'une vraie liaison nord-sud , la revitalisation du quartier Barbusse, le plan vélo-piéton, la végétalisation, toutes choses en réalité reprises dans le PADD, document d'orientation du Plan Local d'urbanisme en cours de finalisation... la liste pourrait être complétée.

Sur le commerce, on oublie au passage de dire que le levier le plus efficace pour le développer, c'est l'accroisssement de sa zone de chalandise et donc en premier lieu une augmentation raisonnable de la population, prévue par le PLU (c'était une contradiction évidente de "feu" le candidat UMP-UDI). Ceci n'étant pas exclusif d'autres actions de moindre portée.

Sont proposées quelques missions impossibles ou ne se situant pas au bon niveau de compétence des différentes collectivités:

-par exemple la généralisation rapide du bio dans les cantines, car l'offre maraichère francilienne est pour l'instant insuffisante en ce domaine;

-par exemple ce qui concerne le développement économique qui relève principalement, hors activités commerciales, de Sud de Seine.

Un faux débat est monté au sujet de la Métropole du Grand Paris: il est affirmé que l'équipe sortante est hostile à la construction métropolitaine alors qu'elle est pour. Malakoff a été en 2004 parmi les 10 premières à s'investir dans la conférence métropolitaine initiée par B. Delanoe et P. Mansat. Par contre, elle est opposée dans sa majorité à la construction technocratique et austéritaire proposée actuellement, car celle-ci ne respecte pas les dynamiques de territoire et pourrait ainsi conduire Malakoff, comme les autres communes, à perdre la maîtrise de son destin. Ce serait un recul démocratique grave.

Le plus important, ce sont peut-être les non-dits.

Ainsi, quid des logements sociaux?

On lit qu'il convient de les préserver et de les rénover: en creux cela signifie, sauf erreur de notre part, qu'il n'est pas envisagé d'en construire de nouveaux. Dans un contexte de croissance du nombre de logements dans la ville, induit par les besoins (liste d'attente : 2000 dossiers) et par les orientations nationales et régionales (SDRIF), cette formulation prévoit en fait une régression de la mixité sociale(40% actuellement) ...

Concernant les finances de la ville, tout est mélangé, dépenses de fonctionnement et dépenses d'investissement. Or, il convient de savoir que, contrairement à l'Etat, une ville peut emprunter pour investir mais pas pour financer son fonctionnement. L'idée qui est avancée de dégager une marge de 2,5 millions€ gagée à la fois sur une partie des investissements en bâtiment et sur de nouvelles économies de fonctionnement (qu'il faut toujours rechercher, mais sans compromettre les missions) apparait donc particulièrement baroque, sauf à laisser le patrimoine se dégrader, notamment les écoles, et à réduire l'activité de services publics locaux qui servent actuellement de bouclier social contre les effets de la crise.

Le ridicule est atteint quand on signale que les économies en question porteront "notamment" sur les frais de mission des élus... dont l'enveloppe totale s'élève en 2013 à la somme astronomique de ... 3 651€.

Plus sérieusement, l'endettement de la ville n'est en réalité pas très important: il a permis de financer dans les dernières années, et ce avant le déclenchement de la crise, des investissements qu'il ne serait plus possible de faire aujourd'hui: MVA, agrandissement du CMS, groupes scolaires Cogniot, Barbusse, etc.

Et malgré tout, la dette par habitant était de 1 211€ à Malakoff fin 2012, contre 2 054€ à Chatillon, 1 785€ à Anthony, 2 061€ à Asnières et 7 160€ à Levallois-Perret...

Cela dit, les années qui viennent vont être financièrement difficiles en raison notamment de la baisse des dotations de l'Etat: - 421 000€ pour notre ville en 2014, des baisses supplémentaires étant prévues en 2015 pour des montants comparables, puis, si l'on en croit certains articles de presse récents, autant ensuite.

Il est irresponsable pour des candidats à l'élection locale de ne rien dire sur le sujet, de ne pas défendre les moyens des services publics locaux contre une politique d'austérité renforcée dont l'effet principal, en France comme dans les autres pays européens, est de brider la croissance économique (les collectivités locales représentent 72% de l'investissement public) et donc de compromettre la reprise de l'emploi.

A moins que les 2,5 millions€ dont on nous parle ne soit repris par exemple sur la subvention de 1,7 millions versée par la ville à l'OPH de Malakoff? On verrait là apparaitre la cohérence financière du projet, avec réduction des investissements et de l'activité des services publics locaux, réduction des ambitions en matière de logement social, réduction de la mixité, une politique qui effectivement changerait beaucoup Malakoff en éliminant progressivement les populations les plus modestes.

Ce serait Vive l'entre-soi social, en somme. C'est un type de politique qui a été mené sans vergogne à Paris sous Chirac et sous Tibéri, et qui est aisément observable dans certaines communes de la petite couronne parisienne et notamment dans le 92, dominé depuis toujours par les forces politiques de droite.

Tag(s) : #malakoff municipales

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